Relever le défi d’enseigner en immersion française dans l’Arctique canadien

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Un peu plus de 80 élèves fréquentent l’immersion française à Inuvik, de la prématernelle à la 9e année. (iStock)
La rentrée scolaire à Inuvik, dans l’Arctique canadien, est bien rodée.

Maryssa Camacho est loin d’être entourée d’inconnus. Alors qu’elle amorce une septième année comme enseignante à l’école East Three d’Inuvik, la plupart de ses élèves étaient déjà dans sa classe l’année précédente.

Non pas qu’ils aient redoublé; c’est plutôt que Maryssa enseigne simultanément aux élèves de 4e, 5e et 6e année, dans le département d’immersion. Alors, les élèves de 5e et de 6e, la plupart du temps, elle leur enseignait aussi l’an passé.

« Ils connaissent la routine », dit Maryssa Camacho.

Les niveaux combinés comportent leur lot de défis. « Enseigner un triple niveau de mathématiques, c’est un peu dur, commente l’enseignante. Le reste, ça va assez bien, même l’écriture. »

L’école East Three à Inuvik, dans les Territoires du Nord-Ouest, en 2013. (Philippe Morin/Radio-Canada)
L’immersion dès la maternelle

Un peu plus de 80 élèves fréquentent l’immersion française à Inuvik, de la prématernelle à la 9e année. Ceux et celles qui veulent faire leurs études secondaires dans la langue de Richard Desjardins sans avoir à s’exiler doivent le faire en ligne.

À moins qu’ils ne proviennent d’une autre école où ils suivaient un programme d’immersion française, les jeunes doivent entrer en immersion dès la 1re année. Exceptionnellement, on intégrera un élève à partir de la 2e année, mais c’est plus difficile pour l’élève, observe Maryssa Camacho.

Mais il n’y pas tant de nouveaux élèves. « Souvent, les enfants ont commencé le français ici à la maternelle, dit l’enseignante. C’est assez stable. »

Le parascolaire encore en anglais

Le français n’est pas vraiment utilisé au parascolaire, convient Maryssa Camacho, qui est instructrice de soccer… en anglais.

Un enseignant avait monté un club de jeux il y a deux ans. Hormis cela, un atelier de cirque en français a été offert l’an dernier par un résident de Yellowknife (capitale des Territoires du Nord-Ouest, au sud d’Inuvik) qui se déplace occasionnellement dans le delta du Mackenzie (région où se trouve Inuvik) pour y faire une présentation.

Avis aux producteurs d’activités jeunesse et autres passionnés, il y a amplement d’espace à Inuvik pour de la programmation parascolaire en français.

C’est bénéfique pour les élèves de rencontrer quelqu’un de l’extérieur de la collectivité s’exprimant en français, note l’enseignante d’East Three. Cela rend plus tangible l’utilité de l’apprentissage du français et sort la langue du seul cadre scolaire.

L’invitation est lancée !

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Denis Lord, L'Aquilon

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