Élections québécoises : questions-réponses avec le candidat du Parti libéral du Québec dans la circonscription d’Ungava

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Le député du Parti libéral du Québec dans la circonscription d’Ungava, Jean Boucher, souhaite briguer un deuxième mandat aux élections du 1er octobre. Jean Boucher est aussi adjoint parlementaire du ministre québécois des Forêts, de la Faune et des Parcs. Dans les dernières années, il a notamment travaillé à l’Office municipal de l’habitation Kativik, à Kuujjuaq. (Courtoisie de Frédérique Brais-Chaput)
Les électeurs de la province du Québec, au Canada, se préparent à se rendre aux urnes la semaine prochaine pour élire un nouveau gouvernement.

À l’approche des élections provinciales du 1er octobre, Regard sur l’Arctique a communiqué avec chaque parti politique présentant un candidat dans la circonscription d’Ungava, qui est la plus septentrionale du Québec, pour entendre leur vision sur les enjeux qui touchent la région.

Jean Boucher est le candidat du Parti libéral du Québec (PLQ), qui détient 66 des 125 sièges à l’Assemblée nationale.

Regard sur l’Arctique : Quel est l’enjeu électoral qui constitue votre priorité dans la circonscription d’Ungava?

Jean Boucher : La circonscription d’Ungava, comme vous le savez, est la plus grande du Québec; plus de la moitié du Québec. Donc les priorités varient si on se déplace en Jamésie, en Eeyou Istchee ou au Nunavik. Du côté du Nunavik, c’est beaucoup l’Internet à haute vitesse, la fibre optique, qui est la principale priorité. Si on s’en va du côté d’Eeyou Istchee, on parle plus d’infrastructures : [on veut] regarder pour le prolongement de la route 167 [pour] aller jusqu’à la Transtaïga. De même que regarder pour paver les routes d’accès aux communautés qui sont le long de la route de la Baie-James. Du côté de la Jamésie, c’est vraiment d’avoir un service d’Internet fiable parce qu’on sait qu’on a eu 2 ou 3 pannes presque à répétition et puis qu’il y a eu des conséquences économiques, donc [il faut] développer un système d’Internet qui soit fiable et sécuritaire parce que maintenant l’Internet c’est une nécessité.

Les difficultés liées à l’accessibilité aux soins de santé préoccupent particulièrement les populations au Nunavik. Quelles mesures mettriez-vous en place pour répondre à ces préoccupations?

Du côté d’Aupaluk, on a procédé à la construction d’un nouveau CLSC. Il y a aussi des crédits qui ont été annoncés pour la reconstruction et la réinstallation du Centre de dépendance Isuarsivik à Kuujjuaq. Il y a aussi présentement sur la planche à dessin un centre hospitalier régional qu’on essaye d’implanter à Kuujjuaq pour éviter autant que possible les déplacements vers le sud pour les gens du Nunavik afin qu’ils puissent vraiment se faire soigner dans leurs communautés ou dans le Nunavik de façon prioritaire.

Comment comptez-vous faire face concrètement à la pénurie et au surpeuplement de logements qui sévissent au Nunavik depuis les dernières années?

C’est sûr qu’il y a l’augmentation du nombre de logements sociaux disponibles, mais le logement social n’est pas l’unique solution à la situation. Il y a le programme d’accès à la propriété qui a été relancé avec un budget de 19,5 millions [de dollars] et puis un programme plus flexible et plus attractif pour que les Inuits puissent devenir propriétaires de leur propre maison. Présentement plus de 90 % des gens habitent dans un logement social. Il faudrait diminuer cette proportion et puis amener des solutions alternatives aux logements au Nunavik.

Ungava

La circonscription d’Ungava, qui couvre la région du Nord-du-Québec, occupe une superficie de plus de 850 000 km2, ce qui représente environ la moitié du territoire du Québec. On y retrouve le plus grand nombre d’Autochtones de la province, soit près de 67 %. Deux communautés autochtones se partagent le territoire, à savoir les Cris et les Inuits, qui sont respectivement répartis dans 14 et 9 villages. On y retrouve aussi les Jamésiens dans cinq municipalités et trois localités. Quarante et un pour cent des 26 948 électeurs inscrits se sont rendus aux urnes lors des élections générales de 2014, ce qui équivaut au plus bas taux de participation de la province.

Sources : Commission de la représentation électorale du Québec et Élections Québec 

La circonscription d’Ungava, qui s’étend au nord du 49e parallèle, est la moins peuplée de la province, mais celle qui possède la plus grande superficie. (Commission de la représentation électorale du Québec)
Quels sont vos engagements en matière d’éducation?

En éducation présentement, il y a une nouvelle école secondaire qui va être construite à Inukjuak au coût de 28 millions [de dollars], des agrandissements d’école comme à Salluit [et] des rénovations. Donc de ce côté-là ça va bien. Et puis, c’est vraiment d’accompagner les Nunavimmiuts dans leur programme d’éducation. Je sais qu’il y a un questionnement présentement de leur part, à savoir : est-ce qu’ils doivent continuer à enseigner l’inuktitut à l’école ou on doit aller plutôt dans un format comme chez les Cris. Donc c’est vraiment [de] les accompagner dans ça et puis faire en sorte que le niveau d’éducation puisse augmenter et de mieux préparer les gens à l’éducation supérieure et à la formation technique. Il y a de nombreux emplois qui sont disponibles partout au Québec et particulièrement au Nunavik, et puis souvent pour obtenir ces emplois, ça prend de la formation [et] de la diplomation, donc [il faut] faire en sorte de mieux préparer les jeunes Inuits pour obtenir ces emplois.

La question du développement économique durable préoccupe les résidents des différentes communautés du Nunavik. Quelles mesures mettrez-vous en place pour assurer le développement économique du Nord-du-Québec?

Ça revient encore à la même chose parce qu’on a beau avoir du développement économique, si tous les employés viennent du sud ou s’il n’y a pas d’employés du tout pour occuper les emplois, je pense que ça devient presque une théorie.

On a un programme de formation qu’on supporte pour les jeunes Inuits pour le secteur minier, par exemple. Il  y a des bons emplois dans le secteur minier avec des bonnes conditions [et des] programmes de formation en matière de construction : le Nunavik se développe beaucoup. Et puis chaque été, presque dans chaque village, il y a de nombreuses constructions. Et puis souvent, c’est une plainte ou un constat qui revient que tous les employés ou tous les travailleurs de la construction viennent du sud dans une très large proportion. Donc [c’est] de préparer les Inuits à obtenir ces emplois-là.

On a quand même accès à l’Internet, c’est quand même bien, on est dans le Grand Nord, sauf que je pense qu’on vit sur la planète Terre et [que] tout le monde doit avoir un accès Internet rapide. Si tu habites à Ivujivik et que tu veux te créer une petite entreprise, tu peux avoir des contrats dans le monde entier même si ton bureau est à Ivujivik avec un Internet de qualité, donc à ce moment-là ça, ça devient une priorité.

Il y a la création des parcs. Quand on parle des parcs Ulittaniujalik et Tursujuq qui ont été inaugurés [et] qui deviennent un moteur de tourisme pour amener des touristes du sud pour visiter ces endroits qui sont exceptionnels et fantastiques. Et puis amener des retombées dans les communautés. Il y a aussi un autre développement de parc qui est présentement sur la planche à dessin plus au nord.

Et puis en même temps, pour avoir accès à tout ça, des réflexions [sur les] aéroports nordiques sont en cours. Il y a encore la moitié des aéroports qui sont à rénover ou à refaire. Donc ça aussi ça fait partie des cartons.

Et puis des projets de serres pour valoriser la biomasse et pour [avoir] des fruits et des légumes frais qui pourraient pousser sur place plutôt que d’avoir des choses qui viennent du sud, qui coûtent une fortune et qui souvent ne sont pas d’une qualité extraordinaire une fois arrivées au Nord. Donc [ce sont] encore des emplois et puis du développement économique.

Les questions-réponses ont été révisées et condensées pour faciliter leur compréhension. 

Pour écouter l’entrevue de Regard sur l’Arctique avec Jean Boucher:

 

Questions-réponses avec les candidats de la circonscription d’Ungava

La candidate de Québec solidaire (QS), Alisha Tukkiapik, a annulé à trois reprises notre entrevue téléphonique. Le Parti conservateur du Québec (PCQ) n’a quant à lui pas donné suite à notre demande d’entrevue.

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