L’Aurore boréale, journal francophone du Yukon, célèbre ses 35 ans

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Deux employés du journal, Guillaume Riocreux et Nelly Guidici, préparent la distribution de la dernière édition du journal. (Thibaut Rondel/Aurore boréale)
Les défis ne manquent pas au journal L’Aurore boréale en ce 35e anniversaire, au moment où la publication est déficitaire et où il n’y a aucun journaliste en poste.

Qu’à cela ne tienne, le directeur et rédacteur en chef, Thibaut Rondel, croit pouvoir poursuivre la mission en « étant créatif ». Le bimensuel repose, par exemple, sur une équipe de pigistes pour produire des articles, le temps qu’une subvention fédérale vienne permettre l’embauche d’un journaliste.

« Le journal se porte bien, il pourrait se porter mieux. C’est quand même une situation dramatique pour un journal de ne pas avoir de journaliste. Il pourrait se porter mieux aussi au niveau de la publicité, mais on a tout de même la chance d’avoir une communauté qui nous lit. »

Thibaut Rondel, directeur et rédacteur en chef, L'Aurore boréale
Thibaut Rondel est à la tête de « L’Aurore boréale » depuis 2015. (Claudiane Samson/Radio-Canada)

L’augmentation présumée du nombre de lecteurs n’arrive toutefois pas à attirer davantage de revenus publicitaires et incidemment, les états financiers de L’Aurore boréale affichent un manque à gagner de 17 500 $. Le rédacteur soutient que le journal a réduit au mieux les dépenses en choisissant, entre autres, un imprimeur de l’extérieur du territoire.

L’impact du retrait des publicités du fédéral continue de se faire sentir, puisque cela prive L’Aurore boréale de 50 000 $ sur 10 ans.

Un rôle essentiel
Cécile Girard a quitté ses fonctions de directrice de L’Aurore boréale lorsque le journal célébrait ses 30 ans d’existence. Le Gala de la presse francophone s’était tenu à Whitehorse cette année-là. (Claudiane Samson/Radio-Canada)

Cécile Girard a dirigé L’Aurore boréale pendant 30 ans, laissant son poste au moment où les difficultés liées au retrait des publicités fédérales se sont particulièrement fait sentir.

Elle soutient que L’Aurore boréale a su, au fil des ans, se faire le témoin de la communauté et de la présence francophone historique au territoire. À l’arrivée de Mme Girard, en 1983, le journal venait d’être lancé par une équipe de bénévoles convaincus de l’importance d’une telle publication.

« Je pense que le journal a eu un rôle très important qu’il continue d’avoir. Le journal permet d’analyser des événements, [il] permet aux gens de savoir où en sont les principales associations de la communauté, [il] fait état des assemblées générales annuelles et des grands dossiers de la communauté et, peu à peu, des dossiers plus territoriaux. »

Cécile Girard, ancienne directrice de L'Aurore boréale

Elle souligne que le journal a souvent représenté « un forum communautaire où les gens ont pu donner leur opinion ». La rubrique la plus populaire toutefois était celle des Rapides du cheval blanc, une chronique qui a disparu.

« La chronique des Rapides, c’était finalement, pas des potins, mais des souhaits, des petites nouvelles sur les familles, les individus et, maintenant, cette chronique-là n’existe plus et je comprends très bien qu’elle n’existe plus parce que les gens s’informent au quotidien sur d’autres tribunes, comme Facebook. »

L’image du journal a changé au fil des ans. Pour lui, l’avenir tient toutefois, selon son rédacteur en chef, dans un format numérique, en plus du format papier. (Claudiane Samson/Radio-Canada)
Virage numérique nécessaire

Le journal envisage néanmoins une meilleure présence sur les médias numériques. Thibaut Rondel affirme que les jeunes lecteurs consomment leur information sur leurs mobiles, si bien que le journal n’a d’autre choix que de s’adapter. Il entend, avec l’aide du fédéral, créer une application tout en procédant à une refonte de son site web au cours des prochains mois.

« Ça ne veut pas dire la disparition du papier. Notre communauté nous le répète souvent, elle aime lire son journal papier. […] C’est donc apprendre à faire le grand écart, avec moins de ressources, pour à la fois continuer à faire un papier de qualité, mais aussi être présents sur les médias sociaux. »

Thibaut Rondel, directeur et rédacteur en chef, L'Aurore boréale
L’Aurore boréale occupe des bureaux au sein du Centre de la francophonie, mais profite d’une indépendance éditoriale de l’Association franco-yukonnaise. (Claudiane Samson/Radio-Canada)

Thibaut Rondel est également convaincu que le journal a un rôle essentiel dans la communauté. « Présenter les visages de la communauté, les projets, les nouveaux arrivants, déjà, ça informe de ce qui se passe dans la communauté, mais ça crée aussi du lien social. On montre qui est là et ça crée des sujets de conversation », précise-t-il.

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