La province canadienne du Manitoba excelle dans l’éducation pour la réconciliation, selon un rapport

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L’École Riverbend à Winnipeg, au Manitoba. La province est cheffe de file en matière d’éducation pour la réconciliation, selon un rapport de KAIROS, un organisme sans but lucratif. (Warren Kay/Radio-Canada)
Un peu comme pour les bulletins scolaires, les provinces ont reçu leur propre évaluation. Le Manitoba est premier de classe dans le dernier rapport de l’organisme sans but lucratif KAIROS pour ce qui des progrès relatifs de la réconciliation à travers l’éducation.

Le rapport fournit une note à chaque province et territoire, pour une période s’étendant de l’automne 2017 au printemps 2018, sur l’appel à l’action 62.i de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, lancé en juin 2015.

Dans cette demande, la Commission invite les gouvernements fédéraux, provinciaux et territoriaux « en consultation et en collaboration avec les survivants, les peuples autochtones et les éducateurs, de rendre obligatoire, pour les élèves de la maternelle à la 12e année, l’établissement d’un programme adapté à l’âge des élèves portant sur les pensionnats, les traités de même que les contributions passées et contemporaines des peuples autochtones à l’histoire du Canada ».

Alors que le Québec a le plus mauvais résultat, le Manitoba obtient une note d’excellence. L’Alberta, l’Ontario et les Territoires du Nord-Ouest font également bonne figure.

Jaylissa McKay est en 5e année à l’École Riverbend de Winnipeg. « J’ai appris, entre autres, que les peuples autochtones ont signé des traités et qu’ils célèbrent les événements avec des pow-wow », explique-t-elle.

C’est l’un des points forts du Manitoba : la province a mis en place un cours obligatoire où les élèves de la 1re à la 11e année ont des cours sur les traités autochtones, l’histoire des pensionnats ainsi que la contribution des Premières Nations.

Le rapport souligne aussi que le Manitoba a mis en place de nombreux programmes de formation et des guides d’enseignement à l’intention des éducateurs pour améliorer la diffusion du contenu autochtone.

Ne pas se reposer sur ses acquis
Ry Moran, directeur du Centre national de vérité et réconciliation. (Warren Kay/Radio-Canada)

Le directeur du Centre national de vérité et réconciliation, Ry Moran, estime qu’il est nécessaire de faire du Canada « un pays respectueux avec les personnes autochtones », ce qui n’est pas le cas en ce moment, selon lui.

« Ce qu’on doit faire aujourd’hui est de bien établir la compréhension pour les étudiants. »

Ry Moran, directeur du Centre national de vérité et réconciliation

Il reste toutefois bien du travail à faire au Manitoba, d’après KAIROS. L’organisme recommande de mettre en place de meilleures formations pour les enseignants non autochtones, des discussions plus importantes sur les questions métisses et inuites et que la réconciliation soit abordée dès la maternelle.

La directrice générale de KAIROS, Jennifer Henry, a fait l’éloge du travail du Manitoba pour mettre en œuvre un appel à l’action pour un programme obligatoire sur les peuples autochtones pour toutes les classes. (Radio-Canada)

De manière générale, KAIROS conclut que certains programmes régionaux mettent davantage l’accent sur certains groupes autochtones au détriment des autres.

Tandis que, dans plusieurs provinces, les Métis et les Inuits sont relativement peu mentionnés, le rapport précise que, dans les territoires, l’accent mis sur la culture inuite l’emporte de loin.

Par ailleurs, le rapport souligne que les provinces et les territoires ont reçu les meilleures notes dans les catégories suivantes : pensionnats, traités et consultations entre enseignants et peuples autochtones.

Avec des informations de Patrick Foucault

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Radio-Canada

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