Suicides dans le Nord québécois : la Commission scolaire Kativik convoque une réunion d’urgence

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Les bureaux de la Commission scolaire Kativik, Kativik Ilisarniliriniq, à Kuujjuaq, au Nunavik. (Eilís Quinn/Regard sur l’Arctique)
Kativik Ilisarniliriniq, la commission scolaire desservant le territoire inuit du Nunavik au Québec, a convoqué une réunion d’urgence à la fin du mois pour faire face à une vague de suicides chez les jeunes au cours des quatre dernières semaines.

Le réseau anglais de Radio-Canada a confirmé qu’il y avait eu 13 morts par suicide dans cette région vaste, mais peu peuplée, depuis le début de l’année, dont 11 à Puvirnituq, village de 1 779 habitants dans la baie d’Hudson.

« Nous estimons que la situation nécessite une action collective urgente au niveau régional », a déclaré le chef du Conseil des commissaires de Kativik, Robert Watt, dans une lettre adressée aux dirigeants inuits, aux fonctionnaires et aux représentants élus du gouvernement.

M. Watt a déclaré que les décès avaient eu un « impact énorme » sur les élèves et sur les employés des conseils scolaires, de même que sur le niveau de stress auquel les élèves sont confrontés.

« Crise profonde et permanente »

Robert Watt a évoqué des événements survenus en 2015-2016, lorsque les suicides de jeunes dans les communautés des Premières Nations du Manitoba et du Nord de l’Ontario ont retenu l’attention des médias.

Au cours de la même période, 12 personnes au Nunavik se sont suicidées. Les dirigeants inuits du Québec se sont donc engagés à chercher des moyens d’éviter davantage de décès.

À l’époque, a déclaré M. Watt, le conseil scolaire Kativik a travaillé en étroite collaboration avec la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik, recrutant des conseillers et d’autres travailleurs de soutien auprès des étudiants.

« Deux années se sont écoulées et la situation ne s’améliore pas », déplore-t-il.

« Les événements tragiques du mois dernier témoignent de l’importance [de la situation] et de l’urgence de s’attaquer aux causes sous-jacentes de la dépression, de l’anxiété et des traumatismes qui affectent les jeunes du Nunavik », a-t-il déclaré, qualifiant la situation de « crise profonde et persistante ».

« Besoin désespéré » de services

La décision de la commission scolaire de convoquer la réunion d’urgence, qui se tiendra les 30 et 31 octobre à Kuujjuaq, la capitale administrative de la région, survient alors que la militante de longue date des droits des Inuits, Mary Simon, originaire du Nunavik, a partagé ses réflexions sur la vague de suicides sur Facebook.

Mme Simon, ancienne ambassadrice aux Affaires circumpolaires pour le Canada et ancienne présidente de la Arctic Children and Youth Foundation, a perdu sa propre nièce de 22 ans. Elle s’est enlevé la vie au Nunavik la semaine dernière.

Mary Simon, originaire du Nunavik, a perdu sa nièce de 22 ans à un suicide la semaine dernière. (Sean Kilpatrick/La Presse canadienne)

Dans son billet du 13 octobre, Mme Simon décrit l’absence de services en santé mentale dans le Nord, ce qui l’a poussée à accompagner sa nièce, alors adolescente, à Ottawa pendant un an pour l’aider à obtenir des soins et des conseils indisponibles dans sa région d’origine.

« Si je raconte cette histoire, c’est pour montrer que nous avons désespérément besoin d’un soutien et de services en santé mentale continus dans toutes les communautés inuites », a déclaré Simon.

« Nous en avons besoin maintenant, peu importe si le fournisseur de soins n’est pas un Inuit », a-t-elle ajouté.

Mme Simon affirme avoir plaidé auprès du gouvernement fédéral pour obtenir davantage de soutien en santé mentale dans un rapport qu’elle a envoyé il y a deux ans.

« Je fais à nouveau ce plaidoyer et d’autres devraient faire de même », conclut-elle.

Environ 90 % des 12 000 habitants du Nunavik sont des Inuits vivant dans 14 communautés dispersées à travers le Québec au nord du 55e parallèle.

Avec des informations de Catou MacKinnon de CBC

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Radio-Canada avec CBC

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