Québec : le Protecteur du citoyen demande au ministère de l’Éducation d’assumer ses obligations au Nunavik

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Le village de Kuujjuaq, au Nunavik, la région inuite du Nord-du-Québec. (Marie-Laure Josselin/Radio-Canada)
Le Protecteur du citoyen conclut que les services éducatifs au Nunavik, la région inuite du Nord-du-Québec, souffrent de carences importantes. C’est ce qu’on peut lire dans un rapport d’enquête rendu public mercredi qui souligne l’obligation pour le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec de mieux s’acquitter de ses obligations envers les élèves inuits.

Pour la protectrice Marie Rinfret, « le ministère adopte une vision restrictive de son rôle. Ce faisant, il ne fournit pas à la commission scolaire les outils nécessaires à la réalisation de son mandat. »

Dans un premier temps la protectrice du citoyen Marie Rinfret souligne l’écart entre le Nunavik et le reste du Québec sur le plan de la diplomation. 80 % des élèves, essentiellement des Inuits, quittent l’école sans certification. Ce taux est quatre fois supérieur au reste du Québec.

Le rapport souligne que cette situation est due d’abord à un programme pédagogique mal adapté aux réalités et à la culture des Inuits.

Mme Rinfret note qu’à « partir de la quatrième année, les matières du cursus scolaire (mathématiques, sciences, univers social, etc.) sont enseignées uniquement en français ou en anglais, alors que jusque-là, la langue d’enseignement est principalement l’inuktitut ».

La protectrice du citoyen indique également dans son rapport que les élèves du secondaire au Nunavik n’ont pas accès aux programmes de sciences et de mathématiques de cinquième année du secondaire. Cette absence de matières obligatoires dans le reste du Québec constitue un obstacle pour la poursuite d’études collégiales ou universitaires.

Les difficultés de recrutement et de rétention des professeurs représentent une des causes identifiées par Marie Rinfret dans son rapport pour expliquer la faiblesse des résultats des élèves inuits. « Il en résulte la fermeture de classes, et ce, quotidiennement », peut-on lire dans le communiqué de presse qui accompagne le rapport.

Marie Rinfret relève le fort taux d’absentéisme qui touche non seulement les élèves, mais aussi les professeurs. Elle déplore que très peu de suivis soient effectués auprès des familles lorsque les absences des élèves ne sont pas motivées.

La protectrice du citoyen a élaboré 14 recommandations au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec, dont une qui vise en particulier à mieux s’occuper des élèves qui souffrent de difficultés d’apprentissage ou de handicaps.

Le rapport bien reçu par la Commission scolaire Kativik
Les bureaux de la Commission scolaire Kativik, Kativik Ilisarniliriniq, à Kuujjuaq, au Nunavik. (Eilís Quinn/Regard sur l’Arctique)

La Commission scolaire Kativik, qui dessert le territoire du Nunavik, a réagi favorablement aux recommandations de la protectrice. « Ce rapport dresse la table pour le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge qui sera en mesure d’entreprendre des actions positives avec la commission scolaire et les Inuits du Nunavik », a soutenu le président de la commission scolaire Robert Watt.

La directrice de la commission scolaire, Harriet Keleutak demeure cependant préoccupée du manque de professeurs. « On a demandé 21 professionnels de l’éducation, parce qu’on ne peut pas recruter des professeurs de langue seconde au niveau local » a-t-elle déclaré au micro du 15-18 à Radio-Canada Première.

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Espaces autochtones, Radio-Canada

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