L’OTAN veut maintenir un faible niveau de tensions dans le Grand Nord, dit le secrétaire général Jens Stoltenberg

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Le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg donne un discours alors qu’il rencontre des soldats prenant part à Trident Juncture 2018, un exercice de l’OTAN, le 30 octobre 2018 à Trondheim, en Norvège. (Gorm Kallestad/AFP/Getty Images)
Alors même que l’OTAN mène son plus grand exercice militaire depuis la fin de la guerre froide, près du cercle arctique en Norvège, l’alliance veut maintenir un faible niveau de tensions dans le Grand Nord, a dit le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg, mardi.

Près de 50 000 soldats de l’OTAN, incluant 2000 Canadiens, appuyés par quelque 250 avions, 65 vaisseaux et près de 10 000 véhicules provenant de l’ensemble des 29 pays membres de l’OTAN ainsi que de la Suède et de la Finlande, ont entrepris une grande manœuvre militaire la semaine dernière, comprenant des éléments terrestres, navals, aériens et de cybersécurité.

Baptisé Trident Juncture, l’exercice a provoqué l’ire de Moscou, qui accuse l’alliance d’alimenter les tensions dans la région.

La Russie dénonce un exercice « provocateur »
Un chasseur F/A-18E Super Hornet décolle du porte-avions américain USS Harry S. Truman durant l’exercice Trident Juncture 2018 de l’OTAN, dans la mer de Norvège, le 25 octobre 2018. (U.S. Navy/Mass Communication Specialist 3rd Class Adelola Tinubu/via Reuters)

Stoltenberg a rejeté les accusations de Moscou à l’effet que la manœuvre serait une menace à peine voilée à l’encontre de la Russie.

L’exercice n’est dirigé à l’endroit de personne et est de nature purement défensive, a affirmé Stoltenberg.

« Il s’agit d’un exercice nécessaire pour nous assurer que l’OTAN continue de fournir une force dissuasive crédible, et nous procédons ainsi pour éviter les conflits, bien sûr, et non pour en provoquer, » a dit Stoltenberg.

Éviter d’impliquer l’Arctique

L’exercice Trident Juncture se déroule seulement quelques semaines après que la Russie eut mené son propre gigantesque exercice, Vostok 2018, sur une vaste étendue de la Sibérie et comprenant un important volet arctique.

« Je crois que nous devrions encore travailler à réduire les tensions dans le Grand Nord parce qu’il s’agit d’une zone où nous devons également collaborer avec la Russie, » a déclaré Stoltenberg aux journalistes, lors d’une conférence de presse près de la ville de Trondheim.

« Je sais que plusieurs de nos alliés de l’OTAN collaborent également avec la Russie sur des enjeux de recherche et de sauvetage. Nous coopérons également avec plusieurs alliés de l’OTAN et la Russie au sein du Conseil de l’Arctique, ainsi qu’au sein du Conseil de Barents. »

Cela démontre qu’il est possible pour des alliés de l’OTAN de faire preuve de force, de prévisibilité et de fermeté tout en ayant, en tant que pays individuels, une coopération pratique avec la Russie dans le cadre du Conseil de l’Arctique ou du Conseil de Barents, a-t-il ajouté.

« Nous avons observé une croissance de la présence militaire russe en Arctique, » a dit Stoltenberg. « La réponse de L’OTAN ne consiste pas à avoir le même nombre d’avions, de sous-marins ou de vaisseaux que la Russie, mais bien entendu, l’une des raisons pour lesquelles nous renforçons notre défense collective et notre présence dans le Grand Nord est pour répondre à ce que nous observons du côté des Russes. »

Des défis en matière de sécurité
Le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg visite l’exposition canadienne durant l’exercice Trident Juncture de l’OTAN, à Trondheim, en Norvège, le 30 octobre 2018. (Gorm Kallestad/NTB Scanpix via AP)

L’alliance fait face à l’environnement le plus difficile depuis une génération en matière de sécurité, et l’OTAN a répondu avec le plus grand ajustement de sa défense collective depuis une génération, a affirmé Stoltenberg.

De plus, la Russie déploie en Europe de nouveaux missiles à capacité nucléaire, compromettant ainsi les traités de désarmement qui ont permis de mettre un terme à la guerre froide, a dit Stoltenberg.

Le président américain Donald Trump a menacé de se retirer du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF) signé en 1987, en réponse à des allégations à l’effet que la Russie ne respecte pas l’entente.

« Le problème provient du déploiement de nouveaux missiles russes. Il n’y a pas de nouveaux missiles américains en Europe, mais il y a plus de missiles russes capables de porter des ogives nucléaires, ce qui compromet le traité INF, » a affirmé Stoltenberg.

« Nous interpellons donc la Russie afin de nous assurer qu’elle se conforme pleinement et de façon transparente au traité INF, » a-t-il précisé.

Pour l’instant, l’alliance fait face à un problème plus immédiat concernant des missiles russes, a indiqué Stoltenberg.

L’OTAN a été informée par Moscou la semaine dernière d’un test planifié de lancement de missiles dans les eaux internationales près des côtes norvégiennes. Des navires de l’alliance, notamment quatre vaisseaux canadiens, s’entraîneront à sécuriser des lignes de communication maritimes dans la zone ciblée, a dit Stoltenberg.

« Je m’attends à ce que la Russie se comporte de manière professionnelle. Nous n’allons pas modifier les plans de notre exercice, » a dit le chef de l’OTAN, ajoutant que l’alliance surveillerait l’opération russe, prévue du 1er au 3 novembre.

Texte de Levon Sevunts pour Eye on the Arctic traduit par Gabriel Séguin, Regard sur l’Arctique

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Levon Sevunts

Levon Sevunts, Radio Canada International

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