Déclin de deux hardes de caribous dans le Nord canadien

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Le caribou de la toundra est le type de caribou le plus abondant et répandu aux T.N.-O. (Gouvernement des Territoires du Nord-Ouest)
Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest se dit alarmé par le déclin des hardes de caribou de Bathurst et de Bluenose-Est dont les populations ont diminué d’environ la moitié en trois ans, mais ces statistiques ne convainquent pas le Secrétariat du Sahtu (l’organisation responsable du territoire de la région du Sahtu).

Le relevé du ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles effectué en juin 2018 ne dénombre que 8200 caribous dans la harde de Bathurst alors qu’ils étaient 20 000 en 2015.

La harde de Bluenose-Est est passée de 39 000 animaux en 2015 à 19 300 aujourd’hui.

Les caribous de la toundra sont regroupés et gérés en neuf hardes distinctes selon leur territoire de mise à bas dans le Nord canadien. (Mario De Ciccio/Radio-Canada)

Les statistiques et les connaissances traditionnelles démontrent une forte fluctuation cyclique des populations des hardes à travers le temps.

La baisse est donc en partie naturelle, selon le sous-ministre de l’Environnement et des Ressources naturelles, Joe Dragon. Cependant, dit-il, ce qui est alarmant est le rythme du déclin. Avec un faible nombre de veaux et un taux de survie « alarmant », M. Dragon estime que les hardes n’ont pas encore atteint leur point le plus bas.

D’après lui, la prédation, le changement d’habitat et le changement climatique ont tous accéléré le cycle naturel du déclin. Il ajoute toutefois que l’amélioration des méthodes de chasse pourrait être un facteur.

« Mon grand-père utilisait un attelage de chiens pour chasser le caribou, maintenant, nous utilisons des motoneiges. »

Joe Dragon, sous-ministre de l'Environnement et des Ressources naturelles

Pour contrer le déclin, le territoire devra consulter les conseils de gestion des communautés pour en venir à une solution.

Joe Dragon est le sous-ministre de l’Environnement et des Ressources naturelles des T.N.-O. (Mario De Ciccio/Radio-Canada)

Selon le sous-ministre, le gouvernement pourrait envisager des limites de chasses plus strictes pour la harde de Bluenose-Est et prolonger l’interdiction de chasse pour la harde de Bathurst.

La chasse au caribou de la harde de Bathurst est déjà interdite depuis 2015, y compris pour les chasseurs autochtones. La chasse de la harde de Bluenose-Est demeure limitée à moins de 900 caribous par saison.

Le Secrétariat du Sahtu pas convaincu

Le président du Secrétariat du Sahtu, Charles McNeely dit se poser des questions à propos du recensement effectué par le gouvernement. Selon son organisation, certains groupes de caribous de la harde auraient peut-être tout simplement migré ailleurs, sans être comptabilisés.

Charles McNeely est le président du Secrétariat du Sahtu. (Mario De Ciccio/Radio-Canada)

Quoi qu’il en soit, le Secrétariat estime que les communautés comme celle de Colville Lake n’ont pas été assez consultées.

« Les habitants du Sahtu vivent avec les caribous et ont longtemps dépendu d’eux pour la nourriture, les vêtements, les outils et l’artisanat », explique le président du Secrétariat du Sahtu, Charles McNeely.

« Nous pensons qu’ils doivent travailler plus étroitement avec chaque communauté pour assurer que nos savoirs traditionnels sont inclus dans la collecte de données », renchérit Joseph Koshon, le représentant de Colville Lake au sein du Secrétariat du Sahtu.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement ne consulte pas sa communauté, dit Joseph Koshon. (Mario De Ciccio/Radio-Canada)

Selon Charles McNeely, bannir la chasse pour les communautés ne doit pas être une solution envisageable.

« Nous ne les massacrons pas ou quelque chose comme ça, nous savons qu’ils sont en déclin, alors nous ne les chassons plus autant », dit-il. « Nous ne participons pas aux grandes chasses communautaires, nous sortons et essayons de les aider. »

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Radio-Canada

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