Un territoire du Nord canadien veut des tailleurs de diamants locaux

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Des diamants extraits de la mine Gahcho Kué dans les Territoires du Nord-Ouest. (Geneviève Normand/Radio-Canada)
Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, dans le Nord canadien, veut redonner vie au secteur de la transformation (du taillage et du polissage) de diamants dans le territoire, en permettant aux fabricants qui s’y installent d’exporter une portion de ses diamants bruts.

En faisant des changements à son cadre stratégique sur le diamant, le ministère de l’Infrastructure espère attirer plus de fabricants et de générer un peu de croissance économique dans le territoire.

« Nous voulons faire un environnement plus attrayant pour les fabricants, parce que nous n’avons pas été capables de les attirer dans le passé, malgré un fort intérêt », explique Miles Welsh, le directeur de la seconde industrie du diamant au sein du ministère de l’Industrie du Tourisme et de l’Investissement.

Avant, les règlements obligeaient les fabricants installés dans les Territoires du Nord-Ouest à tailler et polir 100 % de leurs diamants dans les territoires. Ces fabricants ont accès à au moins 10 pourcent des diamants bruts produits dans les mines ténoises.

Les nouveaux règlements leur permettront d’en exporter jusqu’à 90 % ailleurs, en échange d’autres investissements dans les territoires.

Producteurs, mais pas fabricants

Même si le territoire et ses trois mines de diamants font du Canada l’un des plus gros producteurs de diamants au monde, 100 % de ses diamants bruts sont exportés ailleurs dans le sud plutôt que d’être taillés et polis dans le territoire.

Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest veut régler le problème et mousser l’industrie de la transformation du diamant depuis des dizaines d’années, sans grand succès.

Miles Welsh est responsable de l’industrie de la transformation du diamant dans les Territoires du Nord-Ouest. (Mario De Ciccio/Radio-Canada)

Le problème c’est que la taille et le polissage du diamant coûtent 300 $ par carat dans les Territoires du Nord-Ouest, alors que le même travail ne coûte que 80 $ par carat dans certains pays comme l’Inde, estime Miles Welsh.

« Les Territoires du Nord-Ouest sont la juridiction la plus coûteuse pour [la fabrication de diamants] dans le monde », explique le directeur.

La valeur potentielle des diamants bruts disponibles pour les fabricants des Territoires du Nord-Ouest est estimée à 150 millions de dollars par année.

Investir pour exporter

Pour pouvoir exporter une partie de leurs pierres brutes, les fabricants devront prouver au gouvernement qu’ils investissent dans d’autres domaines de l’économie. Cela peut se traduire en création d’emplois, en implantation de points de vente ou de points de fabrication de bijoux, en partenariats touristiques ou par la tenue d’autres activités connexes.

La mine Ekati, située au nord-est de Yellowknife, exploite le diamant depuis 1998. (Dominion Diamond Corporation)

Un mode de calcul complexe a été mis en place pour déterminer quel pourcentage de diamants bruts une entreprise pourra exporter, en fonction de ses différents investissements dans l’économie ténoise.

Le gouvernement s’attend à ce qu’une entreprise avec un bon modèle d’affaires puisse exporter 70 % de ses diamants bruts sans les raffiner.

Le but, selon le ministère, est de permettre aux fabricants de garder leurs meilleures pierres et de les transformer ici pour qu’elles aient la valeur d’un produit complètement ténois et d’envoyer le reste des pierres dans des usines de taillage ailleurs dans le monde.

Pour l’instant, deux entreprises sont autorisées à transformer des diamants dans le territoire, les entreprises Almod et Crossworks. Cependant, ni l’une ni l’autre ne taille ou ne polit de diamants des T.N.-O. pour l’instant.

Crossworks et Almod devront toutes deux soumettre leurs plans d’affaires au gouvernement pour bénéficier du nouveau programme.

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Mario De Ciccio, Radio-Canada

Mario De Ciccio, Radio-Canada

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