Nord canadien : le Nunavut dépose un budget déficitaire axé sur le bien-être

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Le ministre des Finances du Nunavut, George Hickes, a présenté un budget sans grande surprise, mais avec plusieurs petits investissements en santé et bien-être. (Claudiane Samson/Radio-Canada)
Le ministre des Finances du Nunavut, George Hickes, a présenté mercredi un budget de fonctionnement et d’entretien pour la prochaine année dont le déficit anticipé atteint 12 millions de dollars.

Il s’agit d’une nette diminution par rapport au déficit anticipé pour la dernière année soit 35 millions de dollars.

En date du 31 décembre dernier, la dette totale du Nunavut s’élevait à 432 millions de dollars en raison notamment des projets d’infrastructures de la Société d’énergie Qulliq (185 millions de dollars) et de l’aéroport d’Iqaluit (156 millions de dollars). Le fédéral établit la limite d’emprunt du Nunavut à 650 millions de dollars.

Comme le veut la tradition, le ministre des Finances a présenté son budget avec une nouvelle paire de chaussures aux pieds. Le ministre a choisi des bottes de travail achetées localement, et a lancé aux journalistes: « Mettons-nous au travail! »

Comme le veut la tradition, le ministre des Finances du Nunavut, George Hickes, a présenté son budget avec une nouvelle paire de chaussures aux pieds. (Claudiane Samson/Radio-Canada)

Ce travail est basé, a-t-il expliqué, sur le concept de Turaaqtavut, soit les priorités établies par le gouvernement et qui correspondent, selon le ministre, au rêve des aînés lors de la création du territoire.

Des investissements dans la santé
L’Hôpital général Qikiqtani d’Iqaluit envisage de développer une unité pédiatrique complète. (Radio-Canada)

Dans son discours, le ministre George Hickes a notamment mentionné des investissements de 2,7 millions de dollars pour permettre aux parents d’emmener leurs enfants lors de voyages médicaux, et pour financer les services d’un accompagnateur pour les accouchements à l’extérieur de la collectivité.

Le territoire souhaite par ailleurs développer une unité complète de pédiatrie dont le montant de la planification s’élève à 600 000 $.

La lutte contre la tuberculose continue de mobiliser l’attention alors que le territoire conserve le taux le plus élevé au pays. Le budget y consacre ainsi 683 000 $.

Un centre de traitements

L’investissement le plus important en matière de bien-être concerne le traitement des dépendances et des traumatismes.

Le budget du Nunavut prévoit 4,6 millions de dollars pour développer un centre de rétablissement et surtout un programme sur le territoire qui permettra, selon le ministre, de traiter les dépendances à l’alcool ou aux drogues en adoptant les valeurs traditionnelles et culturelles inuites.

L’Assemblée législative du Nunavut est composée de 22 députés qui forment ensemble un gouvernement de consensus, le caucus étant élu par les députés. (Claudiane Samson/Radio-Canada)

Deux millions de dollars sont prévus pour des maisons d’hébergement d’urgence ainsi que des logements de transition pour les femmes violentées.

Un montant de 2,8 millions de dollars est également prévu pour la construction de logements pour les policiers.

Langues officielles

En matière d’éducation, comme pour la culture et le patrimoine, les renouvellements des ententes de transferts du fédéral sont toujours en négociation.

En présumant que les montants sont les mêmes pour la prochaine année, 1,4 million de dollars seraient alloués à l’éducation en français langue première, selon les responsables du ministère de l’Éducation.

Le territoire a par ailleurs déjà annoncé, l’automne dernier dans son budget d’infrastructures, l’agrandissement de l’École des Trois-Soleils, à Iqaluit, pour un montant de près de 15 millions de dollars dont les travaux de construction doivent débuter cette année.

Regilee Adla, directrice des affaires ministérielles, et Steven Curley, stagiaire en analyse et planification au ministère de la Culture et du Patrimoine, expliquent que les ententes de contribution financière du fédéral couvrent tant le français que les langues inuites. (Claudiane Samson/Radio-Canada)

Du côté des langues officielles, des ajouts sont prévus plutôt du côté de l’inuktitut à raison de quatre postes de traduction pour répondre à une demande qui augmente sans cesse, selon la directrice des services ministériels, Regilee Adal.

« [Les quatre postes] vont aider, mais ne vont pas combler la demande », précise-t-elle. Les requêtes de traduction en inuktitut ont augmenté de 40 % a-t-elle expliqué dans les cinq dernières années.

Par ailleurs, parmi les 128 agents de la Gendarmerie royale du Canada, la police fédérale, trois seulement s’expriment en inuktitut, selon les responsables du ministère de la Justice.

Le Nunavut compte quatre langues officielles, l’anglais, le français, l’inuktitut et l’inuinnaqtun.

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