Arctique canadien : les Inuits satisfaits du budget fédéral

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Le président de l’Inuit Tapiriit Kanatami (ITK), Natan Obed, a accueilli plutôt positivement le budget fédéral de 2019 déposé mardi à la Chambre des communes. Même s’il aurait souhaité davantage d’investissements en matière d’infrastructures, Natan Obed a salué le fait qu’une section du budget destinée précisément aux Inuits soit ajoutée à celle des Autochtones. (Sean Kilpatrick/La Presse canadienne)
Les Inuits de l’Arctique canadien ont accueilli plutôt favorablement le budget fédéral de 2019, déposé mardi par le ministre des Finances, Bill Morneau.

Le budget prévoit des investissements de 286,2 millions de dollars sur 5 ans, notamment pour la prévention du suicide, l’enseignement postsecondaire et les soins de santé.

« L’Inuit Tapiriit Kanatami est heureuse qu’une section du budget soit destinée aux priorités qui concernent les Inuits », a déclaré mardi le président de l’Inuit Tapiriit Kanatami (ITK), Natan Obed, dans un communiqué de presse. Le président de l’organisme qui représente les Inuits au Canada a indiqué que le budget reflétait les avancées acquises par l’entremise du Comité de partenariat entre les Inuits et la Couronne.

Plus de 45 000 Inuits habitent dans la région de l’Inuit Nunangat, qui regroupe la région désignée des Inuvialuit (nord-ouest du Canada), le Nunavut (Nord canadien), le Nunavik (nord du Québec) et la Nunatsiavut (nord de Terre-Neuve-et-Labrador), selon Statistique Canada.

Au Nunavik, le président de la Société Makivik, Charlie Watt, s’est lui aussi dit satisfait des mesures annoncées pour les Inuits. « En ce qui concerne le mandat de la Société Makivik, l’annonce du budget fédéral […] nous aidera à résoudre les enjeux liés aux Inuits et à l’Arctique », a-t-il affirmé.

Le PDG de la Société régionale inuvialuit (SRI), Duane Smith, s’est également rallié aux autres régions de l’Inuit Nunangat. « Nous accueillons favorablement les investissements qui touchent les Inuits en matière de prévention du suicide, d’éducation postsecondaire, de services sociaux et de soins de santé destinés aux enfants », a-t-il fait savoir.

Le gouvernement fédéral a promis d’allouer 50 millions de dollars sur 10 ans à la Stratégie nationale de prévention du suicide chez les Inuits, mise sur pied en 2016 par l’ITK pour réduire le nombre élevé de décès par suicide.

Les investissements qui visent les langues autochtones ont aussi été reçus de manière positive. « […] C’est encourageant de voir des fonds destinés à la préservation, la promotion et la revitalisation des langues autochtones, dont l’inuktitut et l’inuvialuktun », a indiqué le président de la Société Makivik en faisant référence au financement de 333,7 millions de dollars sur 5 ans destiné aux langues autochtones.

Investissements qui concernent les Inuits :

  • 50 millions de dollars sur 10 ans pour poursuivre la Stratégie nationale de prévention du suicide chez les Inuits;
  • 220 millions de dollars sur 5 ans pour les services de santé et d’enseignement aux enfants inuits;
  • 125,5 millions de dollars sur 10 ans pour une stratégie d’éducation postsecondaire dirigée par les Inuits;
  • 333,7 millions de dollars sur 5 ans pour la préservation, la promotion et la revitalisation des langues autochtones, dont l’inuktitut et l’inuvialuktun;
  • Jusqu’à 100 millions de dollars pour créer un Fonds de croissance autochtone dans le but d’encourager les investissements par les institutions financières autochtones dans les entreprises dirigées par des Autochtones, dont des entrepreneurs inuits.
    Déceptions en matière d’infrastructures

    L’Inuit Tapiriit Kanatami s’est toutefois dit déçu de l’absence d’investissements en matière d’infrastructures pour les Inuits. « L’infrastructure dans l’Inuit Nunangat est à la traîne par rapport à celle de tous les autres pays de l’OCDE qui sont dotés d’un territoire arctique », a-t-il mentionné. Selon Natan Obed, les Inuits sont exclus des possibilités d’investissement qui concernent leurs infrastructures.

    « Nous attendions davantage au niveau du logement et des télécommunications, étant donné notre déficit de longue date en matière d’infrastructures », a pour sa part déclaré le ministre des Finances du Nunavut, George Hickes, en faisant entre autres référence à la pénurie de logements qui perdure depuis plusieurs années sur le territoire.

    Même s’il s’est dit heureux du soutien annoncé pour un nouveau centre de toxicomanie au Nunavut, George Hickes aurait souhaité des mesures propres au territoire, puisqu’elles sont selon lui « essentielles à la création d’une nation ».

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