Les dernières places en immersion française au Yukon se jouent à la loterie

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Tracy-Anne McPhee, ministre de l’éducation du Yukon. (Nelly Albérola/Radio-Canada)
Trente-huit jeunes Yukonnais ont tenté leur chance à la loterie dans l’espoir d’obtenir une place au programme d’immersion française de l’école élémentaire de Whitehorse, la capitale, à la rentrée prochaine. 11 d’entre eux n’ont pas eu de ticket gagnant et se trouvent sur la liste d’attente.

L’opposition officielle du Yukon n’en revient pas. « L’approche de la ministre [de l’Éducation] est vraiment malheureuse », regrette Scott Kent, du Parti du Yukon.

« Les familles doivent se remettre au hasard d’un tirage au sort pour déterminer l’éducation de leurs enfants. »

Scott Kent, critique en matière d'éducation, Parti du Yukon

La ministre de l’Éducation du territoire, Tracy-Anne McPhee, a confirmé, lors de la séance parlementaire de lundi, qu’une loterie avait bien eu lieu le 18 février pour déterminer quels élèves disposeraient des places restantes dans l’une des deux seules écoles élémentaires de Whitehorse qui proposent l’immersion française.

« C’est un processus qui a été discuté et mis en place dès l’année scolaire 2015-2016 avec l’organisation Canadian Parents for French, pour gérer de façon la plus juste et équitable les inscriptions en immersion française », dit-elle.

L’opposition officielle ne comprend pas pourquoi le gouvernement du Yukon refuse d’étendre les programmes d’immersion française dans les écoles. (Nelly Albérola/Radio-Canada)

Le critique de l’opposition en matière d’éducation, Scott Kent, rappelle que « la demande pour des programmes d’immersion n’a pas cessé de progresser ces quatre dernières années ». Il ne comprend pas pourquoi le gouvernement refuse d’étendre ces programmes, ce qui éviterait d’avoir des tirages au sort et des listes d’attente.

« La question est peut-être simple, mais la réponse est bien plus compliquée », rétorque Tracy-Anne McPhee.

La ministre de l’Éducation explique que la création de classes et de programmes supplémentaires en français doit respecter des critères précis.

Les critères à respecter :

  • Évolution démographique (nombre de naissances, déménagements)
  • Espace libre dans les établissements scolaires
  • Nombre d’enseignants qualifiés

Autant de critères non suffisamment remplis, selon la ministre, pour développer une immersion française de qualité de la maternelle au secondaire.

« À ce jour, nous ne sommes déjà pas satisfaits de la diversité des cours de l’école F.H. Collins, la seule école secondaire de Whitehorse proposant un programme d’immersion. »

Tracy-Anne McPhee, ministre de l'Éducation du Yukon.
La ministre se fait rassurante
La ministre de l’Éducation du Yukon, Tracy-Anne McPhee, explique pourquoi le gouvernement choisit de ne pas augmenter le nombre de programmes d’immersion en français. (Nelly Albérola/Radio-Canada)

La ministre a également assuré que la situation des 11 élèves en attente sera réglée avant la prochaine rentrée scolaire. « Nous avons toujours réussi à placer les enfants les années précédentes », dit-elle.

Une cinquième classe de maternelle en immersion française est prévue pour l’automne, à l’école élémentaire Selkirk de Whitehorse.

La situation n’est peut-être pas inhabituelle, mais elle n’est toujours pas suffisamment répétitive pour que le gouvernement finance de nouveaux programmes d’immersion. « Il y a des années avec des listes d’attente, comme il y en a sans », conclut la ministre McPhee.

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Nelly Albérola, Radio-Canada

Nelly Albérola, Radio-Canada

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