Le Canada doit faire preuve de vigilance au sujet de l’Arctique, dit un rapport

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« Au chapitre de la diplomatie scientifique, le Canada a un grand rôle à jouer », peut-on lire dans le rapport. (Sean Kilpatrick/La Presse canadienne)
S’il n’en tient qu’au Parlement canadien, ce n’est pas demain la veille que le gouvernement cessera de prioriser l’Arctique, région qui connaît de « profondes transformations » et qui « éveille déjà l’intérêt de plusieurs pays ».

Dans un rapport publié jeudi, le Comité permanent des affaires étrangères et du développement international de la Chambre des communes formule une série de recommandations qui vont dans le sens de l’édification du pays dans le Nord et qui prônent la vigilance aux frontières.

« Nombre des recommandations énoncées dans le présent rapport visent à s’assurer que le gouvernement est capable d’affirmer, aujourd’hui et dans les décennies à venir, son contrôle exclusif et effectif sur les eaux et le territoire de l’Arctique canadien », peut-on lire dans le sommaire du document.

Les défis du Canada dans l’Arctique ne se limitent pas à la sécurité et à la défense, insiste-t-on dans le rapport. Il faut aussi s’assurer que les Inuits soient en mesure de jouer un rôle de leadership aux côtés du gouvernement fédéral.

Leur expertise peut et doit être mise à contribution, autant dans la gestion des eaux arctiques canadiennes que dans la recherche de solutions locales aux enjeux en matière d’énergie propre, par exemple.

Évidemment, le rapport met l’accent sur la menace russe. « Les missiles de nouvelle génération permettent désormais aux aéronefs et aux sous-marins russes de frapper des cibles très éloignées, rappelle-t-on. Il est donc nécessaire d’adopter une posture de dissuasion, avec la volonté de tous les membres de l’OTAN, et de régénérer les composantes vieillissantes de la défense continentale. »

Agir maintenant

Comme il en coûte extrêmement cher de bâtir et de s’installer dans le Grand Nord, le comité invite Ottawa à agir dès maintenant, pas tant parce que la situation est urgente, mais plutôt en prévision de défis stratégiques futurs.

« La décision d’investir des ressources dans les capacités de défense et les projets d’infrastructure dans le Nord – ressources qui ne sont pas illimitées – ne sert pas qu’à répondre aux besoins actuels; elle permet aussi de se préparer à des scénarios qui pourraient très bien se réaliser un jour », peut-on lire dans ce rapport signé par le député libéral Michael Levitt, qui préside le comité.

Environ la moitié du territoire arctique appartient déjà à la Russie, est-il spécifié. « Le gouvernement du Canada devrait travailler avec ses partenaires du Conseil de l’Atlantique Nord, afin de mieux comprendre les intentions militaires de la Russie à l’égard de l’Arctique et d’envisager la réponse la plus appropriée et la plus mesurée possible », recommande le comité.

La Chine est également évoquée, le gouvernement chinois ayant commencé à parler d’une « route de la soie polaire ». « Le gouvernement du Canada devrait instaurer un dialogue avec le gouvernement de la Chine afin de comprendre en quoi consiste l’intérêt croissant de ce dernier envers l’Arctique », peut-on également lire.

Pour réaliser son étude sur la souveraineté du Canada dans l’Arctique, le comité a recueilli les témoignages et reçu les mémoires de représentants ministériels, de dirigeants autochtones et d’experts du monde universitaire. Ses représentants se sont aussi rendus dans quatre collectivités de l’Arctique canadien : Iqaluit et Cambridge Bay, au Nunavut, ainsi qu’Inuvik et Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest.

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Radio-Canada

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