Chronique – De vives réactions à un documentaire montrant des morses chutant d’un précipice

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Un morse à Utqiagvik (Barrow), dans le nord de l’Alaska, en 2007. Une scène de la série documentaire Notre planète a semé l’émoi (Noe Texeira/North Slope Borough/AP)
La sortie de la série de documentaires environnementaux Notre planète (Our Planet) la fin de semaine dernière a enflammé le web comme rarement un documentaire animalier ne l’avait fait auparavant.

Diffusée sur Netflix et produite par Silverback Films avec la collaboration du Fonds mondial pour la nature (WWF), la série narrée par Sir David Attenborough (la célèbre voix des documentaires environnementaux de la BBC) se distingue d’autres documentaires animaliers en accordant une place centrale au thème des changements climatiques.

Dans le deuxième épisode, portant sur la faune de l’Antarctique et de l’Arctique, Attenborough transporte les auditeurs vers le nord-est de la Russie pour montrer un attroupement de 100 000 morses, réunis « par désespoir et non par choix. » Le phénomène des regroupements chez les morses n’a rien d’inhabituel, mais celui-ci est « le plus grand rassemblement de morses de la planète », précise le documentaire.

En marge de cet imposant attroupement, des centaines de morses se hissent au sommet d’une haute falaise – pour s’éloigner, affirme le documentaire. La scène prend alors une tournure dramatique lorsque les morses, souffrant « d’une faible vision hors de l’eau », tombent de dizaines de mètres en tentant de rejoindre le troupeau qui retourne à la mer. Plusieurs d’entre eux ne survivent pas à cette chute accidentelle.

Voici une photo de la scène captée par Olly Scholey, membre de l’équipe de Notre planète, qui décrit l’événement comme « l’un des plus choquants auxquels j’ai assisté » :

Le documentaire est catégorique : le phénomène est causé par le recul de la banquise, et constitue donc une conséquence tangible des changements climatiques. Les morses, comme les ours polaires et les phoques, « vivent aux frontières du réchauffement climatique et en souffrent », nous dit le narrateur à la conclusion de cette scène émouvante.

Le web s’enflamme

Sur Twitter, les réactions de tristesse et de désarroi pleuvent depuis des jours sous le mot-clic #walrus (le mot anglais pour morse).

Aux États-Unis, le nombre de recherches sur Google pour le terme “walrus” a atteint un niveau inégalé depuis octobre 2014, époque où attroupement de 35 000 morses en Alaska avait fait les manchettes.

Dans la presse numérique anglophone, de grands médias tels que le Times au Royaume-Uni, CTV au Canada et le New York Times aux États-Unis ont abordé le sujet de diverses façons, en relayant le message liant le phénomène aux changements climatiques.

Un consensus, mais pas d’unanimité

Quelques voix dissonantes remettent toutefois en cause ce lien direct de cause à effet.

Parmi celles-ci, notons celle de Lori Quakenbush, représentante du Département de la Chasse et de la Pêche de l’Alaska, qui souligne dans un entretien avec Ed Yong de The Atlantic qu’un comportement similaire a déjà été observé dans les années 1990 en Alaska, à une époque où la fonte de la banquise n’était pas encore une préoccupation.

Chose certaine, ce documentaire alimente depuis une semaine la conversation sur l’impact de l’humain sur les changements climatiques dans l’Arctique.

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