L’édifice le plus écoresponsable du Canada pourrait être construit dans le Nord

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Ceci est une interprétation architecturale de ce à quoi pourrait ressembler le Centre nordique pour le développement durable. (Ecology North)
Ecology North et la Première Nation dénée de Yellowknife espèrent construire un édifice à « émission négative » de CO2 au centre-ville de Yellowknife, capitale des Territoires du Nord-Ouest. Ce bâtiment serait le plus écoresponsable au pays.

Le Centre nordique pour le développement durable (Northern Center for Sustainability), un édifice de quatre étages, devrait intégrer des panneaux solaires et un système pour recycler l’eau, en plus d’utiliser le plus possible le bois et les matériaux locaux.

Selon les plans, le rez-de-chaussée serait composé d’un café et d’un espace public. Les autres étages abriteraient un pôle d’innovation contre le changement climatique ainsi que les bureaux d’Ecology North et de la Première Nation dénée de Yellowknife.

Le dernier étage serait composé d’unités résidentielles et serait couronné d’une serre sur le toit.

Le bâtiment, qui utilisera les plus récentes technologies à faible émission de carbone, en fera aussi la promotion, selon le spécialiste en écoconstruction d’Ecology North, William Gagnon. Le but, dit-il, est de démontrer qu’une construction plus économe en énergie est un moyen efficace de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de créer des emplois.

« Notre objectif est de créer un espace d’innovation et de collaboration basé sur les objectifs de développement durable des Nations Unies, explique William Gagnon. Cela pourrait devenir un endroit où les jeunes entrepreneurs pourront travailler sur tout ce qui a trait à l’action climatique, que ce soit la vie sur terre, la vie sur l’eau ou la santé et le bonheur. »

Pour obtenir un bilan négatif en matière d’émission de carbone, le bâtiment pourrait, selon William Gagnon, utiliser des technologies telles que les chaudières à biomasse, puis capturer leurs émissions de carbone et les restituer à la terre. Ces méthodes ont déjà fait leurs preuves en Scandinavie, dit-il.

« Cela alimente le sol en carbone et en même temps guérit les gens et la planète, explique-t-il. Avec la tarification du carbone, c’est devenu financièrement viable en Finlande. »

Une interprétation artistique du centre par Alison McCreesh. (Ecology North)
Le rêve d’un environnementaliste

Le bâtiment est la vision de l’environnementaliste Doug Ritchie, qui a dirigé Ecology North et travaillé avec la Première Nation dénée de Yellowknife. Avant son décès, il s’était efforcé de trouver un foyer durable et permanent pour l’organisme sans but lucratif.

Après sa mort en janvier 2015, sa famille a fait un don de 100 000 $ et un comité a été formé afin de voir à réaliser sa vision.

« Doug a tenu pendant ses dernières années à faire passer Ecology North de la location d’espace à la possession réelle d’un bâtiment, explique son épouse, France Benoît. Cela contribuerait à stabiliser les finances d’Ecology North pour consacrer davantage de ressources financières et humaines à la programmation environnementale des Territoires du Nord-Ouest. »

Alors qu’il dirigeait Ecology North, Doug Ritchie a longtemps voulu trouver un emplacement permanent et durable pour l’organisme. (Archives CBC)
Des millions de dollars toujours requis

Le Centre nordique pour le développement durable bénéficie déjà du soutien de tous les niveaux de gouvernement, de cinq universités, de Tides Canada et de donateurs privés. Mais il lui faut encore plusieurs millions de dollars pour achever la phase de conception cette année.

Selon William Gagnon, Ecology North a demandé 6 millions de dollars à un programme de Ressources naturelles du Canada pour l’énergie propre dans les collectivités rurales et éloignées. L’organisme devrait savoir cet été si l’argent lui sera accordé.

Ecology North espère que le centre puisse ouvrir à la fin 2020.

D’après les informations de Laurie Sarkadi de CBC North

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Radio-Canada

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