La Cour fédérale du Canada entend les survivants des externats indiens

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Claudette Commanda en compagnie d’autres survivants des externats indiens à Winnipeg, au Manitoba. (Radio-Canada)
Des survivants d’externats indiens de plusieurs endroits au Canada étaient à Winnipeg, lundi, devant la Cour fédérale, pour faire entendre leur voix lors d’audiences afin d’approuver, ou non, l’entente de principe conclue en mars entre Ottawa et les survivants de ces écoles de jour.

Claudette Commanda fait partie des survivants qui se sont présentés devant la Cour. Le souvenir de son entrée, à 6 ans, dans un externat est encore douloureux.

« [L’enseignante] me donnait des coups chaque jour sur mes mains ou ma tête. Elle me disait toujours « ferme ta gueule, tu n’es bonne à rien ». J’avais très peur d’elle », se remémore-t-elle avec souffrance.

Claudette Commanda espère que l’entente de compensation, conclue entre Ottawa et les survivants, sera approuvée par la Cour fédérale. Les plaignants disent avoir été victimes de sévices physiques et sexuels.

Une indemnisation de 10 000 dollars est ainsi prévue pour les membres des Premières Nations, Inuits, Métis et non-autochtones qui auront présenté une demande. À cela s’ajouteront des montants additionnels allant jusqu’à 200 000 dollars suivant la gravité des sévices.

Mariette Buckshot se souvient des histoires de ses parents qui ont été dans les externats vers 1945 et qui ont subi des coups et des abus sexuels.

« Quand j’étais jeune, je ne voulais pas être Autochtone pour échapper à ces histoires », explique-t-elle pour souligner le caractère encore traumatisant de ces événements.

Une question de justice

Claudette Commanda affirme être satisfaite de la somme proposée par Ottawa, mais précise que ce n’est pas le plus important.

« [Aujourd’hui en cour], on a entendu les vérités. C’est important pour la justice et pour se reconstruire. Il faut que justice soit faite pour les survivants aujourd’hui, pas demain ou dans dix ans. Pour moi ce n’est pas une question d’argent. Il s’agit de faire sortir la vérité pour les Canadiens, mais c’est toujours mieux que rien », reconnaît-elle.

Lors de la première journée d’audience, des amendements ont été apportés à l’entente de principe. L’un d’entre eux répond à la demande des opposants au règlement sous sa forme actuelle : la période d’application pour une indemnisation passerait ainsi d’un an à deux ans et demi.

Toutefois, pour la représentante des opposants, Joan Jack, justice n’est pas encore faite.

« Lorsqu’ils réaliseront que 10 000 dollars est tout ce qu’ils recevront pour avoir eu honte d’être qui ils sont pendant toute leur vie, ils ne seront pas satisfaits », affirme-t-elle.

Les audiences se poursuivent jusqu’à mercredi et une décision sera prise par un juge de la Cour fédérale à une date indéterminée.

Avec des informations de Patrick Foucault

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Radio-Canada

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