Des immigrants québécois

Plusieurs immigrants qualifiés ont du mal à exercer leur profession au Québec.
Photo Credit: PC / IAN BARRETT

Embauche des immigrants au Québec : enfin le bout du tunnel?

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Le gouvernement du Québec va mettre en place un guichet unique, regroupant sous une même adresse l’information nécessaire pour assister les nouveaux arrivants en quête d’emploi. C’est l’une des mesures annoncées à l’issue d’une rencontre entre des membres du gouvernement et des représentants des ordres professionnels de la province.

Outre le guichet unique, Québec mise sur le renforcement de la francisation technique et de l’accompagnement scolaire, le partage des meilleures pratiques dans l’évaluation des demandes d’admission, ainsi que la sensibilisation des employeurs afin d’améliorer l’appréciation des candidatures de personnes immigrantes.

Jeudi, le premier ministre du Québec Philippe Couillard et quelques membres de son gouvernement ont réfléchi avec des dirigeants des ordres professionnels et des établissements d’enseignement et de santé sur la manière de simplifier la tâche aux immigrants qui recherchent des emplois à la hauteur de leurs compétences.

Tous ont convenu de travailler ensemble afin d’aplanir les difficultés liées à la reconnaissance des compétences acquises à l’étranger. Ils comptent également établir des emplois de transition qui permettront aux immigrants de maintenir leurs compétences, en attendant de décrocher un emploi dit « de plein potentiel ».

Pour Mme Gyslaine Desrosiers, présidente du Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ), présente à la rencontre jeudi, les décisions annoncées sont un pas dans la bonne direction.

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Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a présidé la rencontre du 12 octobre portant sur l’intégration professionnelle des immigrants au Québec. © CIQ

Mettre un terme aux tragédies humaines

« On ne peut pas se permettre de laisser des talents de côté. On a besoin de recruter des talents au Québec. C’est un enjeu de la plus haute importance pour le Québec », a dit le premier ministre Couillard. Trop souvent, les professionnels formés à l’étranger qui s’installent dans la province deviennent des « tragédies humaines », a-t-il ajouté.

Actuellement, selon les données du gouvernement, un professionnel agréé, qui désire obtenir un permis d’exercice au Québec, y parvient au bout d’environ trois ans. Le délai est encore plus long pour les candidats possédant une formation qui ne se trouve pas sur une liste agréée, ou une formation connexe. On parle d’environ cinq ans pour ces derniers.

Plusieurs candidats finissent par abandonner. Le Conseil interprofessionnel du Québec estime qu’environ la moitié des candidats ayant obtenu une reconnaissance partielle d’équivalence abandonneront le processus avant d’avoir en mains leur permis d’exercice.

« Aujourd’hui, c’est un premier pas qui est non négligeable, a indiqué la ministre de la Justice Stéphanie Vallée. C’est la première fois qu’on avait autour d’une même table tous les acteurs qui ont un rôle à jouer dans la reconnaissance des compétences des professionnels. »

La ministre Stéphanie Vallée en point de presse
La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, estime que les discussions de jeudi à Québec sont de bon augure.

Pourtant, l’enjeu était tout aussi réel il y a 10 ans lorsque le premier ministre Jean Charest avait conclu un accord avec la France pour accélérer la reconnaissance des diplômes.

 179 M$ sur 5 ans pour l’intégration des immigrants dans le marché du travail

En ce moment, plus de 1000 infirmières formées hors Canada sont en attente de places pour réaliser leur programme d’intégration professionnelle, alors que le réseau de la santé a des besoins urgents en matière de main-d’oeuvre, a illustré la présidente de l’Ordre des infirmières, Lucie Tremblay.

« Il faut mettre en place une planification des besoins de main-d’oeuvre en lien avec les besoins des régions et des domaines de soins, et ce, où les besoins des patients sont les plus criants », a-t-elle dit, en ajoutant être  « optimiste » pour la suite des choses.

« J’ai toute une collection de cartes d’affaires dans ma sacoche. Les gens veulent commencer à travailler ensemble », a-t-elle conclu.

De son côté, la ministre Vallée assure que le gouvernement n’a pas perdu de temps. Des accords seront probablement conclus avec la Suisse et le Maroc. Le gouvernement Couillard a mis sur pied le comité interministériel sur la reconnaissance des compétences des personnes immigrantes en 2014. Le Rendez-vous national sur la main-d’oeuvre a suivi en février 2017.

Dans son dernier budget, le ministre des Finances a annoncé une somme de 179 millions de dollars sur cinq ans pour soutenir l’intégration de toutes les personnes immigrantes sur le marché du travail.

Enfin, le projet de loi 98, adopté en juin, vise également à simplifier la mise à jour des compétences professionnelles, en revoyant la gouvernance des ordres professionnels et les règles d’admission aux différentes professions.

Un ombudsman, dont le rôle a été renforcé, est chargé de transmettre les doléances aux ordres professionnels des immigrants qui s’estiment lésés.

(Avec La Presse canadienne)

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Publié dans : Économie, Immigration et Réfugiés, International, Société

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