Canada’s Minsiter of International Development and La Francophonie Marie-Claude Bibeau visited Radio Canada International offices to answer questions about Canada’s new feminist international development policy.

La ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, estime que c'est davantage le leadership du Canada qui est recherché que son argent dans les pays en développement.
Photo Credit: Marie-Claude Simard/Radio Canada International

Aide internationale : Ottawa se démarque par son leadership

Le Canada s’est doté d’une politique d’aide internationale féministe depuis juin 2017. L’objectif d’Ottawa : devenir le chef de file en matière d’égalité des sexes dans la programmation de son aide internationale. Qu’est-ce qui, fondamentalement, caractérise cette nouvelle politique canadienne? Entretien exclusif avec Mme Marie-Claude Bibeau, la ministre du Développement international et de la Francophonie.

L’intérêt du Canada pour l’autonomisation des femmes ne date pas d’aujourd’hui. C’est une préoccupation qui déborde les frontières politiques partisanes. Qu’il s’agisse des libéraux ou des conservateurs, on est d’avis que les femmes sont des protagonistes économiques de premier plan. On estime qu’il est important d’assurer leur accès équitable à l’éducation et à la formation. Le Canada pense également que le respect des femmes et de leurs droits est indispensable à leur pleine participation à la vie de leur collectivité.

Si l’intérêt pour l’autonomisation des femmes dans les pays en développement n’est pas nouveau, qu’est-ce qui change donc avec la nouvelle politique d’aide internationale féministe du Canada? C’est l’approche qui la sous-tend, la manière dont elle a été élaborée, comme nous l’explique Marie-Claude Bibeau, ministre du Développement international et de la Francophonie.

Ottawa a choisi une approche dite féministe parce que les femmes et les filles ont la capacité de changer réellement les choses tant en matière de développement durable qu’en matière de paix. Et ce, même si les femmes sont plus vulnérables à la pauvreté, à la violence et aux changements climatiques que les hommes. Avec le concours des groupes locaux, la nouvelle politique canadienne va couvrir des sujets aussi variés que la santé sexuelle et reproductive, la lutte contre les mariages d’enfants, précoces et forcés, et d’accession à l’économie formelle et à la prise de décision.

Les six champs d’action de la nouvelle politique féministe canadienne
– Égalité entre les sexes et renforcement du pouvoir des femmes et des filles
– Dignité humaine
– Croissance au service de tous
– Environnement et action pour le climat
– Gouvernance inclusive
– Paix et sécurité

Canada’s Minsiter of International Development and La Francophonie Marie-Claude Bibeau explains Canada’s new feminist international development policy in an interview with Radio Canada International.
La ministre canadienne du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, explique les tenants et aboutissants de la nouvelle politique féministe du Canada. © Marie-Claude Simard/Radio Canada International

A leur arrivée au pouvoir en novembre 2015, les libéraux ont annoncé « le retour » du Canada sur la scène internationale. Le Canada est en effet plus actif sur plusieurs fronts internationaux sous le gouvernement Trudeau : changements climatiques, maintien de la paix, surveillance des processus démocratiques, accueil des réfugiés, etc. Mais en ce qui concerne l’aide publique au développement, étonnamment, les libéraux font moins bien que les conservateurs, même si l’économie canadienne est robuste.

L’argent c’est bon. Le leadership, c’est encore mieux

L’ADP du Canada est en chute libre depuis 2011. Elle est passée de 0,33 % du Revenu national brut (RNB) en 2010-2011 à 0,26% en 2015-16. Et rien n’indique que la tendance va s’inverser. Pour Marie-Claude Bibeau, certes l’argent canadien est toujours le bienvenu dans les pays en développement. Mais, observe-t-elle, la seule aide des donateurs comme le Canada peut difficilement venir à bout de la pauvreté dans le monde.

Carte de l’Afrique
L’Afrique va demeurer la principale bénéficiaire de la nouvelle politique d’aide internationale féministe du Canada. © iStock

Les besoins sont colossaux et les sommes requises le sont également. Il faut par conséquent, selon M. Bibeau, impliquer d’autres partenaires tels que le secteur privé, les philanthropes, etc. Et la force du Canada c’est précisément le leadership, sa capacité de mobiliser des ressources pour une cause, de trouver des compromis, de proposer des solutions innovatrices. C’est ce qui peut faire la différence, à en croire Mme Bibeau.

Pour élaborer sa nouvelle politique, le Canada a effectué des consultations dans 65 pays. En tout, 15 000 personnes, principalement des Canadiens, y ont participé. L’Afrique subsaharienne qui reçoit déjà la plus grande portion de l’aide canadienne, va rester prioritaire dans la nouvelle politique d’aide internationale féministe du Canada. Elle recevra au bas mot, 50% des montants débloqués par Ottawa.

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Publié dans : Francophonie, Immigration et Réfugiés, International, Politique, Société

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