Suicide chez les Autochtones : réviser la mécanique fédérale pour arrêter le phénomène

Le chef autochtone, Myeengun Henry, dans la communauté de Thames près de London en Ontario en compagnie d'un petit garçon. (Kate Dubinski/CBC)

Suicide chez les Autochtones : réviser la mécanique fédérale pour arrêter le phénomène

Share

Alors que la crise de santé mentale et le suicide prennent des proportions toujours plus alarmantes au sein des communautés autochtones du Canada, les étudiants en médecine se mobilisent et demandent une stratégie plus musclée de la part d’Ottawa.

Une communauté laissée sur le bord du chemin

Les futurs médecins du Canada iront à la rencontre des députés, sénateurs et autres conseillers politiques sur la colline du Parlement pour montrer leur indignation face au fléau qui décime les populations autochtones du pays.

Elles sont parmi les plus malades et les plus mal soignés, ce qui les contraint très souvent au découragement et aux décisions extrêmes, comme celle de s’enlever la vie.

Un phénomène qui n’épargne pas les jeunes enfants, qui ont été nombreux, au cours des dernières années, à se suicider à cause de la piteuse condition de leurs communautés.

La Fédération des étudiants et étudiantes en médecine du Canada (FEMC) estime que les Autochtones aspirent à un meilleur sort que celui qui leur est réservé.

Le fait qu’ils présentent les plus importantes disparités au niveau de la santé et du statut socio-économique parmi les pays développés devrait être l’objet de préoccupation majeure pour le gouvernement du Canada.

Le taux de suicide parmi les jeunes Autochtones de 15 à 24 ans est de 5 à 6 fois le taux reconnu dans la population générale du même groupe d’âge. Chez les jeunes Inuits, il est 11 fois plus élevé.

En tant qu’étudiante en médecine métisse, je ne pourrais être plus fière des actions entreprises par les étudiants et étudiantes en médecine canadiens et la FEMC pour mieux comprendre la santé des Autochtones. C’est la première année que les étudiants et étudiantes vont aborder le sujet de la santé des Autochtones à la Journée d’Action annuelle, mais je suis certaine que ce ne sera pas la dernière. Je suis enthousiaste à l’idée de partager la vision et les buts des organisations autochtones et des chefs des communautés pour favoriser le bien-être mental aux côtés d’autres étudiants en médecines autochtones et non autochtones passionnés. Amanda Sauvé, officière nationale de la santé des Autochtones de la FEMC (2016-17)

Une manifestation autochtone contre le racisme. Photo : Red Works/Nadya Kwandibens

Une stratégie plus musclée et une approche concertée

À l’intérieur comme à l’extérieur du pays, Ottawa n’a eu de cesse de multiplier les promesses concernant l’amélioration de la situation des Autochtones au Canada.

À la tribune des Nations unies l’année dernière, Justin Trudeau s’est illustré par un plaidoyer-fleuve pour réparer l’injustice contre ce peuple dont les droits ont été en tout temps bafoués.

L’incapacité des gouvernements canadiens successifs à respecter les droits des Autochtones au Canada nous fait grandement honte. Et pour beaucoup trop d’Autochtones, ce non-respect des droits persiste encore aujourd’hui […] Des réserves sans eau potable, un taux de suicide élevé, un réseau d’éducation inadéquat et des violences envers les femmes qui sont si fréquentes et si sévères qu’Amnistie internationale évoque une crise humanitaire.  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Déclarant que les Canadiens en avaient assez des excuses, le premier ministre avait mentionné l’urgence d’agir par des actions concrètes.

Plusieurs initiatives fédérales visant à rendre leur dignité aux Autochtones sont en œuvre depuis quelques années : plus de visibilité dans les médias publics, des ressources additionnelles pour soutenir l’éducation et la santé, construire les infrastructures de base au sein de ces communautés, l’examen des lois et politiques fédérales pour un arrimage aux normes constitutionnelles et aux exigences internationales en ce qui concerne les droits de ces peuples, des mesures envisagées visant l’adoption d’une loi nationale sur les langues autochtones, l’appui de l’action de la Commission de vérité et réconciliation, etc.

Selon la FEMC, ces mesures sont certes louables, mais insuffisantes pour réellement renverser la tendance actuelle, trois ans après la publication du rapport final de la Commission de vérité et réconciliation.

Elle souligne la nécessité de revoir les investissements en santé mentale et en prévention du suicide.

Grâce à de tels investissements, les Autochtones du pays pourront accéder à des soins de haute qualité qui tiennent compte de leur culture.

C’est ainsi que la stratégie actuelle d’Ottawa devrait être plus dynamique et robuste, avec un accent particulier sur trois aspects clés :

  • Réponse fédérale à la crise suicidaire basée sur l’intégration des méthodes et stratégies autochtones
  • Examen complet de la répartition actuelle du financement pour s’assurer que chaque communauté autochtone en reçoit une part durable, adaptée à ses besoins, dans le cadre de la Stratégie nationale de prévention du suicide chez les jeunes Autochtones
  • Réexamen par Santé Canada et par Services aux Autochtones des programmes et services financés dans le cadre du Programme des services de santé non assurés.

À lire aussi :

Share
Mots-clés : , , , ,
Publié dans : Autochtones, Société

Vous avez remarqué une erreur ou une faute ? Cliquez ici !

@*@ Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 caractères restants

Note: En nous soumettant vos commentaires, vous reconnaissez que Radio Canada International a le droit de les reproduire et de les diffuser, en tout ou en partie et de quelque manière que ce soit. Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s'ils respectent la nétiquette.

Nétiquette »

Quand vous vous exprimez dans le cadre d'une tribune, vous devez être aussi courtois que si vous parliez à quelqu'un face à face. Les insultes et attaques personnelles ne seront pas tolérées. Ne pas être d'accord avec une opinion, une idée ou un événement est une chose, mais manquer de respect envers autrui en est une autre. Les grands esprits ne se rencontrent pas toujours, et c'est bien là l'intérêt des tribunes!

La nétiquette est l'ensemble des règles de conduite régissant le comportement des internautes. Avant d'intervenir dans une tribune, il est important d'en prendre connaissance. Sinon, on risque l'expulsion!

  1. Les tribunes de RCInet.ca ne sont pas anonymes. Au moment de s'inscrire, les utilisateurs sont tenus d'indiquer leurs nom, prénom et lieu de résidence, qui s'afficheront au moment de la publication de leur commentaire. RCInet.ca se réserve le droit de ne pas publier un commentaire s'il existe un doute quant à l'identité de son auteur.
  2. L'usurpation de l'identité d'autrui dans l'intention d'induire en erreur ou de causer un préjudice est une infraction grave passible d'expulsion.
  3. Les tribunes de Rcinet.ca sont ouvertes à tous, quels que soit l'âge, l'origine ethnique, la religion, le sexe ou l'orientation sexuelle.
  4. Les propos diffamatoires, haineux, racistes, xénophobes, homophobes, sexistes ou disgracieux envers l'origine ethnique, l'appartenance à une religion ou à un groupe d'âge ne seront pas publiés.
  5. Dans Internet, les majuscules équivalent aux cris et peuvent être interprétées comme de l'agressivité, ce qui est plutôt désagréable pour vos interlocuteurs. Tout message contenant un ou des mots écrits en majuscules (à l'exception des sigles et des acronymes) sera rejeté. Il en sera de même pour les messages contenant un ou des mots en caractères gras, italiques ou soulignés.
  6. Le langage vulgaire, obscène ou malveillant est interdit. Les tribunes sont des lieux publics, et vos propos pourraient heurter certains internautes. Les personnes faisant usage d'un langage grossier seront expulsées.
  7. Le respect mutuel est de mise entre les utilisateurs. Ainsi, il est interdit d'injurier, de menacer ou de harceler un utilisateur. Vous pouvez exprimer votre désaccord avec une idée sans attaquer quiconque.
  8. L'échange d'arguments et de vues contradictoires est un élément clé d'un débat sain, mais il ne doit pas prendre la forme d'un dialogue ou d'une discussion privée entre deux participants qui s'interpellent sans égard aux autres participants. Les messages de ce type ne seront pas affichés.
  9. Radio Canada International diffuse en cinq langues. Les échanges dans les forums doivent se faire dans la même langue que le contenu que nous publions. L'usage d'autres langues, à l'exception de quelques mots, est interdit. Les messages sans rapport avec le sujet ne seront pas publiés.
  10. L'envoi de messages à répétition nuit aux échanges et ne sera pas toléré.
  11. L'insertion d'images ou de tout autre type de fichier dans les commentaires est interdite. L'inclusion d'hyperliens vers d'autres sites est permise, à condition qu'ils respectent la nétiquette. Toutefois, Radio Canada International n'est aucunement responsable du contenu de ces sites.
  12. La copie d'un texte d'autrui, même avec référence à son auteur, est inacceptable si cet extrait constitue la majeure partie du commentaire.
  13. La publicité et les appels à la mobilisation, sous quelque forme que ce soit, sont interdits dans les tribunes de Radio Canada International.
  14. Tous les commentaires et autres types de contenus sont modérés avant publication. Radio Canada International  se réserve le droit de ne pas publier les messages des internautes.
  15. Radio Canada International se réserve le droit de fermer une tribune à tout moment, sans préavis.
  16. Radio Canada International se réserve le droit de modifier ces règles de conduite (nétiquette) en tout temps, sans préavis.
  17. En participant à ses tribunes, vous autorisez Radio Canada International à publier vos commentaires sur la toile pour un temps indéfini. Cela suppose aussi que ces messages seront indexés par les moteurs de recherche d'Internet.
  18. Radio Canada International  n'est nullement tenue de retirer vos messages du web, si un jour vous en faites la demande. Nous vous invitons donc à bien réfléchir à vos propos et aux conséquences de leur publication.

*