L’ancien premier ministre Brian Mulroney lors d’une réunion du Comité des relations extérieures du Sénat américain sur les relations entre le Canada et les États-Unis à Mexico le 30 janvier 2018. (Jacquelyn Martin / Associated Press)

Pas de flexibilité du Canada sur la gestion de l’offre, pas d’ALENA prétend l’ancien premier ministre Brian Mulroney

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La gestion de l’offre sera-t-elle sacrifiée au profit d’un accord de l’ALENA? La question reste en suspens alors que le Canada continue de négocier à Washington les termes d’un nouvel accord de libre-échange continental.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau et l’ancien premier ministre Brian Mulroney. Photo PC

L’actuel premier ministre canadien Justion Trudeau a répété à plusieurs reprises qu’il défendra le système de gestion de l’offre canadien qui permet de contrôler l’offre, le prix et les importations de produits laitiers, de volaille et d’oeufs.

Pourtant, après une série de commentaires de représentants républicains sur le problème causé dans les négociations par le système canadien de gestion de l’offre dans notre secteur agricole, c’était au tour, mardi, de l’ancien premier ministre canadien Brian Mulroney de décocher son propre tir.

Brian Mulroney affirme que le Canada ne pourra conclure un accord de libre-échange avec les États-Unis sans faire preuve de flexibilité sur la gestion de l’offre : «Nous n’allons pas avoir d’entente quelle qu’elle soit sans un compromis qui permet à M. Trump de clamer une victoire».

M. Mulroney, qui a négocié en 1992 l’accord original qui a fini par donner naissance au premier accord de l’ALENA entre le Canada, les États-Unis et le Mexique conseille en ce moment le premier ministre Justin Trudeau sur la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Un système mis en place pour stabiliser les revenus des agriculteurs

Le gouvernement canadien a instauré, à partir de 1972, un système de gestion de l’offre permettant non seulement de stabiliser les prix au pays, mais aussi de limiter les importations, afin de protéger certains secteurs du milieu agricole canadien contre les industries étrangères.

Au pays, cinq types de production sont ainsi assujettis à la gestion de l’offre : le lait et ses produits dérivés, le poulet, le dindon, les oeufs de consommation et les oeufs d’incubation.

La gestion de l’offre est considérée comme sacrée au Québec et en Ontario, les deux provinces les plus peuplées du Canada, qui font et défont les gouvernements à Ottawa. Au Canada, le secteur du lait à lui seul est une industrie de près de 20 milliards $ qui emploie plus de 220 000 personnes.

Les détracteurs de ce système de la gestion de l’offre font valoir pourtant qu’il fait gonfler les prix et que les consommateurs paient plus cher pour leur panier d’épicerie. Donald Trump affirme que ce système empêche la libre-concurrence.

Quelque 400 agriculteurs de la relève manifestent pour le maintien de la gestion de l’offre le 6 septembre dernier. Photo : Courtoisie : Pascal Hudon

Les agriculteurs réagissent aux propos de Brian Mulroney

Le Mouvement pour la gestion de l’offre, un collectif formé de représentants des producteurs de lait, de volaille et d’oeufs, accuse M. Mulroney de nuire aux négociateurs canadiens par ses prises de position.

«Les sorties de Brian Mulroney sont nuisibles à la défense des intérêts du Canada dans cette négociation», ont-ils écrit dans une lettre diffusée le mois dernier en précisant que la gestion de l’offre donne de la stabilité autant aux producteurs qu’aux consommateurs.

Brian Mulroney ajoute : «Je comprends bien les cultivateurs et je n’essaie pas de démolir la gestion de l’offre, mais qu’on indique un peu de flexibilité qui va permettre à M. Trudeau (…) de négocier une entente qui couvre le tout».

Rappelons que des concessions dans cette politique canadienne de gestion de l’offre ont déjà été faites au cours des dernières années lors des négociations de l’accord entre le Canada et l’Union européenne et l’entente de Partenariat transpacifique.

L’industrie laitière canadienne est régie par un système de gestion de l’offre que les Américains contestent dans le cadre des discussions de l’ALENA. Photo : Radio-Canada

RCI avec La Presse canadienne et la contribution de Hugo Prévost, Gérald Fillion, Philippe Marcoux et Jean-Pierre Girard de Radio-Canada

En complément

La gestion de l’offre, une carte à jouer dans les négociations pour l’ALENA? – Radio-Canada 

Renégociation de l’ALENA : des agriculteurs de la C.-B. inquiets – Radio-Canada 

Gestion de l’offre et ALENA – Radio-Canada 

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Publié dans : Économie, International, Politique

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Un commentaire pour «Pas de flexibilité du Canada sur la gestion de l’offre, pas d’ALENA prétend l’ancien premier ministre Brian Mulroney»
  1. Jean-Roch Turcotte dit :

    Bonjour,

    Auriez-vous l’amabilité de transmettre ce message a M. Mulroney s.v.p..

    Quel déception que j’ai eu lisant ces propos sur la négociation de l’ALÉNA concernant la gestion de l’offre quant il demande de la flexibilité aux producteurs. Il oublie que ces derniers ont subi une ouverture des frontières lors de la première négociation de l’ALÉNA négocié par M. Mulroney. Il en demande davantage malgré l’addition de l’ouverture des marchés dans les ententes avec l’Europe et Trans-Pacifique.

    M. Mulroney pour qui vous travaillez? Pour les Canadiens et producteurs agricoles concernés ou pour M. Trump?

    Très, très, très décevant votre attitude à l’égard des Canadiens avec une crédibilité qui disparaît rapidement et fortement.

    De plus dans les négociations de dossiers majeurs tel que le Lac Meech, la NHL pour le retour des Nordiques, l’incapacité à défendre les intérêts des producteurs agricoles Canadiens dans le cadre des présentes négociations de l’ALENA constituent un lourd bilan d’échecs que l’histoire retiendra de votre passage dans la vie publique.

    La négociation n’est pas terminé M. Mulroney. Vous avez une opportunité de corrigé le tir en respectant les Canadiens et ces producteurs agricoles qui vous nourrient à tous les jours à moins que vous désirez l’être avec des poduits Américains.

    La balle est dans votre camp!

    Vous avez la possibilité de faire partie des gagnants ou des « looser ».

    Merci de l’attention apportée à la présente.
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