Nadine Track capture l’âme autochtone

8 juillet 2015
Par Anne-Marie Yvon

« Quand le dernier arbre aura été abattu, la dernière rivière empoisonnée et le dernier poisson péché, alors le visage pâle s’apercevra que l’argent ne se mange pas ».  

Cette prophétie des Indiens Cree, Nadine Track l’a entendue en même temps qu’elle a rencontré les Premières nations du Canada.

Avant de poser sa valise au pays, il y a une décennie, Nadine Track connaissait bien peu de choses au sujet des autochtones. La vision romantique qu’elle s’en faisait était à mille lieues de la réalité à laquelle elle a été confrontée en découvrant leur vie au quotidien.

Rapidement elle a fait le parallèle entre les camps palestiniens qu’elle avait visité en tant que bénévole pour la Croix-Rouge au Liban, son pays d’origine, et les réserves autochtones : conditions de vie déplorable, acculturation.

Plutôt que les mots pour exprimer ses impressions et sentiments, Nadine Track se sert de l’image. Avec son appareil photo, elle a déjà capturé la vie quotidienne dans les camps de réfugiés au Liban.

Au Canada, Nadine est allée à la rencontre des « Flying Dust », une communauté Cree installée à Waterhen Lake dans le nord-ouest de la province de la Saskatchewan.  Les grandes plaines où vivent ces Premières Nations ont planté le décor pour ses photos à la limite de l’onirique.



Les photos de Nadine Track sont saisissantes. La photographe les traite de façon bien particulière en juxtaposant ses portraits sur des feuilles d’aluminium. Cette technique d’impression leur donne beaucoup de profondeur.

Exposée à Montréal en septembre 2014 et à Toronto en février 2015, la collection de sept photographies grands formats était rehaussée par des effets spéciaux d’éclairage.

First Nations Through Metallic Reflections – Montreal & Toronto exhibits from Nadine Track on Vimeo.

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À propos de

Née en France, j'arrive au Canada à 12 ans avec mes parents et mes six frères et sœurs … sur une ferme.
Ferme d’où je garde la ferme conviction de vouloir voir le monde, ce que j'ai fait.
À Radio-Canada depuis 31 ans, je touche à tout : télévision, radio et Web.
En 1999, alors à RCI, j'ai reçu un prix international, décerné par l’URTI, l’Union Radiophonique et Télévisuelle Internationale pour un documentaire radio sur les métiers en voie d’extinction.
Passionnée de l’autre, j'adore qu’on me raconte des histoires de vies.
C’est pourquoi je m’intéresse tellement à la vôtre.

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