Le port de Nanisivik, au Nunavut, demeure sous le contrôle de Pêches et Océans Canada, six ans après l’annonce du premier ministre canadien Stephen Harper pour la création d'une station de ravitaillement maritime.

Le port de Nanisivik, au Nunavut, demeure sous le contrôle de Pêches et Océans Canada, six ans après l’annonce du premier ministre canadien Stephen Harper pour la création d'une station de ravitaillement maritime.
Photo Credit: PC / DND-HO

Une des pierres angulaires de la stratégie gouvernementale dans l’Arctique s’enlise

Un futur port de mer arctique plombé par des délais environnementaux

Le port une fois complété pourrait accueillir les six à huit brise-glace légers, ou navires de patrouille dans l’Arctique, que le gouvernement conservateur envisage de construire, afin de renforcer la souveraineté canadienne dans le Nord.

Tout comme les installations de Nanisivik, le projet des navires accuse du retard, et les bateaux ne seront pas fonctionnels avant plusieurs années.

Le projet de port eaux profondes de Nanisivik, au Nunavut, est enlisée en raison d’un nettoyage environnemental avançant à pas de tortue et des risques de poursuites judiciaires. Ces révélations sont contenues dans des documents confidentiels du gouvernement canadien.

Le port en eaux profondes de Nanisivik demeure sous le contrôle du ministère Pêches et Océans Canada, six ans après que le premier ministre Stephen Harper eut annoncé la création d’une station de ravitaillement maritime très loin dans cet archipel nordique.

Le premier ministre Stephen Harper à Rankin Inlet au Nunavut le 22 août dernier.
Le premier ministre Stephen Harper à Rankin Inlet au Nunavut le 22 août dernier. © PC/Sean Kilpatrick

Nettoyage en retard

Une entreprise privée qui exploite une mine de zinc désormais abandonnée dans la région, Breakwater Resources, qui appartient à Nyrstar N.V., doit encore compléter le nettoyage d’un terrain contenant des réservoirs de carburant, malgré quatre années de pression de la part de l’armée.

Une remise en état environnementale de l’endroit, qui appartient au gouvernement fédéral, est nécessaire avant que la Défense ne puisse en prendre possession.

« La propriété est encore sous l’administration du ministère des Pêches et Océans, et le moment du transfert sera déterminé dans un avenir rapproché », a confirmé par courriel le major Andre Salloum, porte-parole de la Défense.

« Nyrstar N.V. n’a pas complété la remise en état. »

Une autre étude environnementale vient tout ralentir

Le ministère canadien de la Défense a récemment dû fournir une nouvelle étude d’impact environnemental au gouvernement territorial du Nunavut. Des documents fédéraux révèlent que des responsables de la défense s’inquiètent depuis longtemps de ce qu’ils considèrent comme de la mauvaise volonté de la part de l’entreprise Nyrstar N.V., notant qu’aucun nettoyage n’avait eu lieu lors de la saison de la construction estivale de 2009.

« Les retards de la compagnie pour exécuter les travaux sont un important risque en ce qui concerne le calendrier et les coûts du projet », mentionne une note d’information préparée à l’intention de l’ex-ministre canadien de la Défense Peter MacKay, à l’automne 2009.

La facture du projet a déjà gonflé à 116 millions de dollars, après des coûts initiaux estimés à 100 millions de dollars.

Le ministre Peter MacKay, le 14 juin 2013 en compagnie de James Irving de la compagnie pétrolière canadienne du même nom.
Le ministre Peter MacKay, le 14 juin 2013 en compagnie de James Irving de la compagnie pétrolière canadienne du même nom. © PC/Andrew Vaughan

Les Russes avancent plus rapidement

De l’autre côté du cercle polaire, les Russes ont quant à eux investi des centaines de millions de dollars pour relancer jusqu’à 10 bases dans l’Arctique afin de les utiliser pour des missions de recherche et de sauvetage le Nord de leur route maritime arctique. Des ports sont également mis à jour.

Le saviez-vous?

Les effets du réchauffement au Canada selon la Fédération canadienne de la nature

Grands Lacs et fleuve Saint-Laurent : La baisse des niveaux de l’eau de plus d’un mètre au cours des 50 prochaines années pourrait causer l’assèchement des terrains marécageux des parcs nationaux de la Pointe Pelée, de la Péninsule-Bruce et d’autres parcs, et compromettre la biodiversité. La hausse des températures et la fréquence accrue des sécheresses pourraient mettre en danger de nombreuses espèces de poissons et de plantes dans la Mauricie.

Prairies : Les parcs de cette région verront les hausses de température les plus marquées au Canada. Des taux plus élevés d’évaporation et de sécheresse pourraient avoir des répercussions non seulement sur les poissons et la sauvagine, mais aussi sur des espèces en péril comme la chevêche des terriers et le chien de prairie, dans le parc national des Prairies. L’altération des niveaux d’eau des terres humides du parc national Wood Buffalo pourrait causer des torts énormes aux habitats de nidification de la grue blanche, une espèce menacée.

Cordillères pacifiques : Des températures plus chaudes au printemps et à l’automne dans le sud des Rocheuses pourraient prolonger d’un mois la saison de fonte des glaciers. La neige serait plus profonde à cause de l’augmentation des précipitations hivernales dans les parcs nationaux de Jasper, Yoko et Glaciers, ce qui rendrait plus difficile les déplacements et la survie des wapitis, des mouflons et d’autres animaux.

Pacifique : Une augmentation possible de 3,5 °C de la température de la surface de la mer pourrait avoir de graves impacts sur les eaux côtières, marines et riveraines de certains parcs comme Gwaii Haanas et Kluane. Les eaux plus chaudes ont déjà modifié les frayères et les voies migratoires du saumon du Pacifique. Des couches de neige et de glace plus profondes pourraient réduire les sources d’alimentation du mouflon de Dall et des chèvres de montagne.

Arctique : La région la plus menacée par le changement climatique comprend les parcs nationaux Aulavik et Wapusk, où les températures hivernales pourraient s’élever de 10 °C d’ici le milieu du siècle. Les espèces de l’Arctique comme l’ours blanc, le caribou et le bœuf musqué, font déjà face à la réduction de la glace de mer, à l’érosion des rivages et au déplacement des communautés végétales.

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