Des soldats canadiens, pour la plupart membres du Royal 22e Régiment, ou "VanDoos" en anglais, atterrissent à Whitehorse pour participer à l'exercice militaire Opération Nanook, le 4 août 2013.

Des soldats canadiens, pour la plupart membres du Royal 22e Régiment, ou "VanDoos" en anglais, atterrissent à Whitehorse pour participer à l'exercice militaire Opération Nanook, le 4 août 2013.
Photo Credit: Dave Croft

Le Canada dépêche régulièrement des espions de l’armée canadienne dans l’Arctique

Share

Révélation faite dans des documents de l’armée canadienne obtenus par la Presse Canadienne.

L’armée canadienne envoie ainsi depuis 8 ans dans le Grand Nord des équipes de contre-espionnage pour se prémunir contre des gestes d’espionnage, de terrorisme ou de sabotage au cours de ses exercices militaires annuels dans l’Arctique.

De l’avis des experts du renseignement, ce geste peut sembler inhabituel, car l’opération militaire qui se tient généralement au mois d’août, l’opération Nanook, est menée dans une région éloignée du Grand Nord où en principe l’infiltration d’agents étrangers pourrait sembler peu probable.

Cette initiative est également curieuse parce que se prémunir contre de telles menaces en sol canadien n’est pas du ressort des effectifs militaires. C’est généralement du ressort soit du Service canadien du renseignement de sécurité ou de la GRC, la célèbre Gendarmerie royale du Canada.

Voilà l’analyse de Wesley Wark, professeur à l’Université d’Ottawa qui est l’un des principaux experts du pays dans le secteur de l’intelligence et du contre-espionnage.

Le premier ministre Stephen Harper et le ministre de la défense Rob Nicholson étaient au Nunavut dans le cadre de l'opération Nanook 2014.
Le premier ministre Stephen Harper et le ministre de la défense Rob Nicholson étaient au Nunavut dans le cadre de l’opération Nanook en 2014.

Aide-mémoire…
Le rôle de l’opération Nanook dont le nom signifie « ours polaire » en inuktitut est d’assurer la souveraineté canadienne dans sa région arctique.

  • Cette opération militaire est conduite annuellement par les Forces canadiennes depuis 2007 vise entre autres à assurer la souveraineté canadienne sur le passage du Nord-Ouest.
  • Elle est menée conjointement avec les autorités territoriales et d’autres partenaires fédéraux tels que la Garde côtière canadienne.
  • L’opération Nanook 2014 a commencé le 20 août. Elle réunissait 800 personnes, incluant des membres de tous les éléments des Forces armées canadiennes, mais également un navire de la Marine royale danoise, un avion de surveillance des États-Unis et des fonctionnaires de 14 services gouvernementaux fédéraux et territoriaux du Canada.
  • L’opération se tenait au Nunavut et mettait en scène deux scénarios : une opération de recherche d’un navire de pêche au large de l’île de Baffin et l’évacuation d’un bateau de croisière.
    L'exercice en 2014 avait pour but de voir ce qui se passerait si le gouvernement du Nunavut appelait à l'aide pour assurer la sécurité des passagers et de l'équipage.
    L’exercice en 2014 avait pour but de voir ce qui se passerait si le gouvernement du Nunavut appelait à l’aide pour assurer la sécurité des passagers et de l’équipage d’un navire de croisière. © PC/Adrian Wyld

L’armée lève le voile sur ces opérations de contre-espionnage

Un porte-parole de la branche du renseignement de l’armée affirme que l’équipe militaire de contre-espionnage a été déployée en fait chaque année depuis 2008, soit deux ans après que le premier ministre canadien Stephen Harper ait commencé à assister à l’exercice militaire Nanook en présence d’une horde de journalistes.

Le capitaine Travis Smyth affirme que la branche militaire du renseignement a la responsabilité légale de protéger les Forces militaires et que l’exercice militaire en Arctique, en dépit d’être à l’intérieur des frontières du pays, est « très visible et a le potentiel de faire face à des menaces au plan de la sécurité. »

Il n’a pas voulu préciser cependant la nature de ces menaces : « Pour des raisons liées à la sécurité opérationnelle, des individus ou des groupes qui peuvent avoir été soumis à l’enquête ne peuvent pas être rendus publics. »

Pourtant, une série de documents d’information obtenus par la Presse Canadienne en vertu de la loi sur l’accès à l’information montre que l’équipe de contre-espionnage a été mobilisée en Arctique à la fois avant et pendant l’exercice militaire en 2013 afin de détecter, d’identifier et d’atténuer les menaces d’espionnage, de terrorisme, de sabotage et la subversion contre l’armée, son personnel, ses équipements et ses infrastructures.

Un document fortement censuré datant du 5 juillet 2013 montre qu’un déploiement de contre-espions avait été réalisé en cinq phases distinctes et que des séances d’information régulières avaient été fournies au commandant interarmées dans le nord du pays.

null
Stephen Harper en Arctique au mois d’août dernier.

Le saviez-vous?
Un territoire stratégique canadien.

  • Convoités par les cinq pays riverains (États-Unis, Russie, Canada, Norvège et Danemark), les fonds sous-marins de l’Arctique pourraient receler 13 % des réserves de pétrole et 30 % des réserves de gaz naturel non découvertes de la planète, selon les services géologiques des États-Unis.
  • Le Canada affirme détenir la souveraineté sur le passage du Nord-Ouest, qui relie l’Atlantique au Pacifique par le nord, tandis que d’autres pays considèrent ce passage comme une voie de navigation internationale.
  • L’Arctique canadien forme plus de 40 pour cent de notre masse continentale.
  • C’est là également où vivent plus de 100 000 Canadiens. Il constitue une part essentielle de notre identité et une zone d’importance croissante au plan international.
    Le passage du Nord-Ouest reliant l'océan Atlantique à l'océan Pacifique en passant entre les îles arctiques du Grand Nord canadien
    Le passage du Nord-Ouest reliant l’océan Atlantique à l’océan Pacifique en passant entre les îles arctiques du Grand Nord canadien

Pour en savoir plus

Canada regularly sending spies to the North – CBC News

Le Canada craint la présence d’espions dans l’Arctique – Le Devoir 

L’armée canadienne craint des actes d’espionnage dans l’Arctique Radio-Canada

Share
Catégories : International
Mots-clés : , , , , ,

Vous avez remarqué une erreur ou une faute ? Cliquez ici !

@*@ Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 caractères restants

Note: En nous soumettant vos commentaires, vous reconnaissez que Radio Canada International a le droit de les reproduire et de les diffuser, en tout ou en partie et de quelque manière que ce soit. Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s'ils respectent la nétiquette.

Nétiquette »

Quand vous vous exprimez dans le cadre d'une tribune, vous devez être aussi courtois que si vous parliez à quelqu'un face à face. Les insultes et attaques personnelles ne seront pas tolérées. Ne pas être d'accord avec une opinion, une idée ou un événement est une chose, mais manquer de respect envers autrui en est une autre. Les grands esprits ne se rencontrent pas toujours, et c'est bien là l'intérêt des tribunes!

La nétiquette est l'ensemble des règles de conduite régissant le comportement des internautes. Avant d'intervenir dans une tribune, il est important d'en prendre connaissance. Sinon, on risque l'expulsion!

  1. Les tribunes de RCInet.ca ne sont pas anonymes. Au moment de s'inscrire, les utilisateurs sont tenus d'indiquer leurs nom, prénom et lieu de résidence, qui s'afficheront au moment de la publication de leur commentaire. RCInet.ca se réserve le droit de ne pas publier un commentaire s'il existe un doute quant à l'identité de son auteur.
  2. L'usurpation de l'identité d'autrui dans l'intention d'induire en erreur ou de causer un préjudice est une infraction grave passible d'expulsion.
  3. Les tribunes de Rcinet.ca sont ouvertes à tous, quels que soit l'âge, l'origine ethnique, la religion, le sexe ou l'orientation sexuelle.
  4. Les propos diffamatoires, haineux, racistes, xénophobes, homophobes, sexistes ou disgracieux envers l'origine ethnique, l'appartenance à une religion ou à un groupe d'âge ne seront pas publiés.
  5. Dans Internet, les majuscules équivalent aux cris et peuvent être interprétées comme de l'agressivité, ce qui est plutôt désagréable pour vos interlocuteurs. Tout message contenant un ou des mots écrits en majuscules (à l'exception des sigles et des acronymes) sera rejeté. Il en sera de même pour les messages contenant un ou des mots en caractères gras, italiques ou soulignés.
  6. Le langage vulgaire, obscène ou malveillant est interdit. Les tribunes sont des lieux publics, et vos propos pourraient heurter certains internautes. Les personnes faisant usage d'un langage grossier seront expulsées.
  7. Le respect mutuel est de mise entre les utilisateurs. Ainsi, il est interdit d'injurier, de menacer ou de harceler un utilisateur. Vous pouvez exprimer votre désaccord avec une idée sans attaquer quiconque.
  8. L'échange d'arguments et de vues contradictoires est un élément clé d'un débat sain, mais il ne doit pas prendre la forme d'un dialogue ou d'une discussion privée entre deux participants qui s'interpellent sans égard aux autres participants. Les messages de ce type ne seront pas affichés.
  9. Radio Canada International diffuse en cinq langues. Les échanges dans les forums doivent se faire dans la même langue que le contenu que nous publions. L'usage d'autres langues, à l'exception de quelques mots, est interdit. Les messages sans rapport avec le sujet ne seront pas publiés.
  10. L'envoi de messages à répétition nuit aux échanges et ne sera pas toléré.
  11. L'insertion d'images ou de tout autre type de fichier dans les commentaires est interdite. L'inclusion d'hyperliens vers d'autres sites est permise, à condition qu'ils respectent la nétiquette. Toutefois, Radio Canada International n'est aucunement responsable du contenu de ces sites.
  12. La copie d'un texte d'autrui, même avec référence à son auteur, est inacceptable si cet extrait constitue la majeure partie du commentaire.
  13. La publicité et les appels à la mobilisation, sous quelque forme que ce soit, sont interdits dans les tribunes de Radio Canada International.
  14. Tous les commentaires et autres types de contenus sont modérés avant publication. Radio Canada International  se réserve le droit de ne pas publier les messages des internautes.
  15. Radio Canada International se réserve le droit de fermer une tribune à tout moment, sans préavis.
  16. Radio Canada International se réserve le droit de modifier ces règles de conduite (nétiquette) en tout temps, sans préavis.
  17. En participant à ses tribunes, vous autorisez Radio Canada International à publier vos commentaires sur la toile pour un temps indéfini. Cela suppose aussi que ces messages seront indexés par les moteurs de recherche d'Internet.
  18. Radio Canada International  n'est nullement tenue de retirer vos messages du web, si un jour vous en faites la demande. Nous vous invitons donc à bien réfléchir à vos propos et aux conséquences de leur publication.

*