Le premier ministre Stephen Harper a utilisé en anglais le mot « hâte », pour décrire sa perception des attitudes de « beaucoup » d’employés de Radio-Canada à l’endroit des valeurs conservatrices de son parti.
La critique du premier ministre canadien a été diffusée moins de 24 heures après la présentation d’un grand spectacle à Montréal d’une trentaine d’artistes québécois en geste de soutien au diffuseur public. Radio-Canada et CBC sont aux prises avec des compressions budgétaires sévères.
Stephen Harper dit que ces valeurs qui sont détestées par de nombreux employés du réseau de langue française de Radio-Canada sont les mêmes que celles qui, selon lui, sont partagées pourtant par un grand nombre de Québécois.
Une attaque du premier ministre sur les ondes d’une station concurrente
Le premier ministre s’est attaqué aux personnel de Radio-Canada lors d’une entrevue en français avec la station de radio FM 93 FM dans la ville de Québec et qui avait été réalisée vendredi dernier.
Ses commentaires au sujet de Radio-Canada sont venus en réponse à une question qu’on lui posait sur la façon dont il espérait s’y prendre pour convaincre les Québécois de voter pour son parti à la prochaine élection fédérale qui est prévue pour le mois d’octobre prochain.
Les conservateurs détiennent seulement cinq sièges dans la province, comparativement à sept pour les libéraux et 54 pour les néo-démocrates.
Le premier ministre a commencé sa réponse en affirmant que les Québécois approuvent à ses yeux les mesures prises par son gouvernement comme la réduction des impôts, le combat contre le crime et la menace du terrorisme.
« Je reste convaincu que les Québécois ne sont pas gauchistes, contrairement à l’image véhiculée par certains médias ou les partis de l’opposition », dit Harper lors de l’entrevue.
Ce n’est pas la première fois que le gouvernement Harper dénonce publiquement Radio-Canada ou CBC
En février 2011, le ministre Jason Kenney a accusé le radiodiffuseur public de « mentir tout le temps ».
Plus récemment, un porte-parole de Stephen Harper, Carl Vallée, a écrit qu’il devenait « de plus en plus difficile pour lui de ne pas conclure que ses pires soupçons sur Radio-Canada sont vrais. »
Il réagissait à un documentaire diffusé l’an dernier par Radio-Canada à propos de la droite religieuse au Canada qui tentait d’explorer les liens entre les groupes chrétiens évangéliques et le gouvernement Harper.
Or, l’ombudsman de Radio-Canada ombudsman, Pierre Tourangeau, a conclu que « la règle sur la présentation des documentaires d’opinion des Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada » n’avait pas été correctement appliquée dans ce cas.
Aide-mémoire… Des compressions de 115 millions $ ont été imposées à Radio-Canada/CBC en 2012 par le gouvernement Harper.
Ces coupes de 115 millions $ ont été responsables de la suppression progressive de quelque 650 emplois.
Radio Canada International a été une des composantes les plus affectées, perdant 10 millions de dollars sur un budget total d’un peu plus de 13 millions.
À ces compressions s’ajoutent maintenant celles de 130 millions $ annoncées en 2014 par la direction de CBC Radio-Canada en raison d’une baisse des revenus publicitaires et d’un univers médiatique bouleversé par la montée de l’Internet.
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