Les cercueils sont entourés de couronnes de fleurs blanches et recouverts du drapeau des pays d’origine des trois victimes, la Tunisie et l’Algérie.Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne

Les cercueils sont entourés de couronnes de fleurs blanches et recouverts du drapeau des pays d’origine des trois victimes, la Tunisie et l’Algérie.Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne

Funérailles : des milliers rendent hommage à trois des victimes de l’attentat de Québec

Des milliers de Québécois, certains membres de la communauté musulmane, d’autres non, se sont réunis jeudi après-midi à Montréal pour pleurer trois des six victimes de l’attentat à la mosquée de Québec.

En prenant la parole, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a réitéré aux membres de la communauté musulmane qu’ils étaient chez eux. Il a répété qu’il fallait dire non à la violence, à l’intimidation, au racisme et à la xénophobie, ajoutant que le peuple québécois avait dit oui à l’écoute, au dialogue, à l’ouverture et au respect.

L’allocution de M. Couillard a été accueillie par de nombreux applaudissements et acclamations. Le premier ministre a souligné que « les mots prononcés, les mots écrits ne sont pas anodins » et que c’est « à nous de les formuler, à nous de les choisir, car ces mots peuvent unir, peuvent guérir ou peuvent trancher, blesser ».

Tout juste avant le discours de M. Couillard, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, avait déclaré que le pays tout entier avait été ébranlé par « cette attaque brutale et haineuse », ajoutant que « dans ces moments sombres, ce pays, notre pays, s’est montré solidaire envers une communauté dont la solidarité et la force sont inébranlables, malgré les atrocités qui l’ont si injustement affligée ».

Outre MM. Trudeau, Couillard, Labeaume et Coderre, plusieurs autres personnalités avaient aussi tenu à assister à la cérémonie, dont Jean-François Lisée, François Legault, Thomas Mulcair, Amir Khadir, Louise Harel et Pierre Karl Péladeau.

Des dirigeants musulmans témoignent

La tuerie « démontre une certaine peur envers notre communauté », a rappelé lors de la cérémonie le président du Conseil des imams du Québec, Saïd Fawaz.

« Nous vivons dans une communauté de plus en plus multiculturelle et mixte. On ne peut se refermer sur nous-mêmes comme le fait notre voisin du Sud. On ne doit pas avoir peur de l’autre. L’autre se trouve à être un voisin, un confrère de travail ou même un beau-frère. Il faut apprendre à se respecter les uns les autres malgré nos différences », a-t-il dit.

« Nous, comme musulmans modérés, on n’est pas vraiment des terroristes, a tenu à rappeler Mohammed Yangui, le représentant du Centre islamique de Québec où a eu lieu la tuerie. Ce n’est pas nous les terroristes, mesdames et messieurs. On pratique un islam qu’on utilise tous les jours, avec lequel on éduque nos enfants, avec lequel on vous côtoie. »

M. Yangui a demandé aux Québécois, notamment aux médias, de faire la part des choses.

En début de cérémonie, une autre représentante de la communauté, Chayma BenHaj, a déclaré que les hommes tués dans l’attaque, « bien qu’ils nous aient quittés, nous ont permis de nous rassembler ».

« Ils ont, à travers leur mort, rallié des personnes de différentes nationalités, couleurs, genres et religions. Ils ont réussi à unir le Québec », a souligné Mme BenHaj.

« Cette tragédie ne doit pas nous aveugler ni obscurcir notre regard sur ce qu’il y a de beau et de bon et qui les avait convaincus de venir s’établir chez nous », a pour sa part déclaré le maire de Québec, Régis Labeaume, qui a reçu un accueil particulièrement chaleureux de la foule.

Aide-mémoire…
Les trois victimes
Aboubaker Thabti, 44 ans. Pharmacien de formation originaire de la Tunisie, il était marié et père de trois enfants.
Khaled Belkacemi, 60 ans, originaire de l’Algérie. Professeur titulaire et chercheur à la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation, il était marié avec une autre professeure du même département et ils avaient deux enfants.
Abdelkrim Hassane, 41 ans, était marié et père de trois filles. Originaire de l’Algérie, il était analyste informatique au gouvernement du Québec.

Ibrahima Barry, Azzeddine Soufiane et Mamadou Tanou Barry
Ibrahima Barry, Azzeddine Soufiane et Mamadou Tanou Barry Photo : Radio-Canada © Radio-Canada

Les Montréalais étaient au rendez-vous

Des personnes attendent avant d’entrer dans l’aréna Maurice-Richard pour les funérailles des victimes de la tuerie de Québec. Photo : Radio-Canada/Laurence Niosi
Des personnes attendent avant d’entrer dans l’aréna Maurice-Richard pour les funérailles des victimes de la tuerie de Québec. Photo : Radio-Canada/Laurence Niosi

Les citoyens s’étaient rendus en grand nombre à l’aréna Maurice-Richard, dans l’est de Montréal. L’aréna était bondé et la cérémonie avait été retardée d’une trentaine de minutes pour laisser le temps d’entrer à ceux qui souhaitaient rendre hommage aux victimes.

Les cercueils étaient entourés de couronnes de fleurs blanches et recouverts des drapeaux de la Tunisie et de l’Algérie, les pays d’origine des trois victimes.

Avant le début de la cérémonie, de nombreuses personnes avaient effectué une prière collective.

D’autres avaient par la suite continué de prier pendant que certains défilaient devant les cercueils.

Le saviez-vous?
La cérémonie avait lieu à Montréal notamment parce que les corps doivent être transportés rapidement pour être enterrés dans leur pays d’origine et qu’ils se trouvaient à l’Institut médico-légal de la métropole.
De plus, plusieurs membres de la communauté musulmane montréalaise comptent parmi les parents et amis des défunts.
Les funérailles des trois autres victimes de la tuerie du Centre culturel islamique de Québec — Mamadou Tanou Barry, Ibrahima Barry et Azzeddine Soufiane — auront lieu vendredi, au Centre des congrès de Québec.

RCI avec Radio-Canada et La Presse canadienne

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Catégories : Politique, Religion
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