La compagnie iChurchill, une société privée canadienne axée sur l’acquisition et l’exploitation commerciales du chemin de fer de la baie d’Hudston, du port Churchill et des biens connexes, se dit victime de « mépris » de la part du gouvernement fédéral qui aurait choisi une autre compagnie pour la réparation du chemin de fer. Photo : OmniTRAX Rail Inc.

Réparation du chemin de fer de la baie d’Hudson : Ottawa accusé de favoritisme?

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Il est à prévoir que les services essentiels soient interrompus avec la première année de fermeture du chemin de fer de la baie d’Hudson, dès le 23 mai, pour la réparation des tronçons endommagés par les inondations. La situation risque de perdurer, compte tenu du fait que ces travaux n’auront pas lieu cet été et qu’aucun plan clair ne permettrait de rétablir ces services essentiels aux Premières Nations du Manitoba, selon iChurchill. Cette dernière a interrompu ses négociations pour conclure l’acquisition du chemin de fer, le port de Churchill et d’autres biens connexes appartenant à OmniTRAX.

Une mésentente avec le gouvernement fédéral?

iChurchill invoque le fait qu’il y aurait eu un refus d’Ottawa de s’engager dans un dialogue constructif pour justifier son retrait de l’entente avec OmniTRAX.

Le gouvernement se serait tourné vers une entreprise financière, mettant de côté l’idée d’une entente entre iChurchill et OmniTRAX, l’entreprise américaine qui est actuellement propriétaire des infrastructures.

Ce choix irrite iChurchill, qui s’offusque du fait que le fédéral ait décidé de « choisir un camp dans une transaction commerciale qui porte sur des biens appartenant à des intérêts privés ».

Nous sommes déçus qu’après avoir investi autant de temps, d’efforts et d’argent dans une solution opportune pour les résidents de Churchill et l’économie de l’ouest du Canada; mais, apparemment, nous nous heurtons aux politiques. En fin de compte, nous avons rencontré la semaine dernière le négociateur du gouvernement du Canada chargé du dossier, M. Wayne Wouters. Il a indiqué clairement que le gouvernement est seulement prêt à négocier avec une seule entreprise, une société financière établie à Toronto. Nous avons du mal à comprendre pourquoi, car notre partenariat répond à tous les critères énoncés par le gouvernement pour soutenir le rétablissement du service ferroviaire à Churchill. Louis Dufresne, président directeur général d'iChurchill

Une affiche sur une vitre de la gare de Churchill informe les habitants que les trains ne circulent plus. Photo : Radio-Canada/Cameron McIntosh

Pas de travaux sans changement légal du propriétaire des biens

La durée de l’interruption de service du chemin de fer, qui fêtera son premier anniversaire le 23 mai, risquerait d’être plus longue que prévu, car tant qu’un nouveau propriétaire ne l’aura pas acquis, les réparations ne pourront commencer.

En face de l’imbroglio créé par la situation, iChurchill semble très préoccupé par le fait que la contribution financière du gouvernement fédéral soit seulement offerte à la société financière torontoise, même si un bon nombre d’organisations ont manifesté publiquement leur intérêt pour l’acquisition du chemin de fer et des biens connexes.

L’entreprise, bien positionnée pour entreprendre les réparations de la ligne de chemin de fer dès cet été, dit avoir beaucoup progressé à l’étape de diligence raisonnable, de l’accord juridique et des différents travaux financiers nécessaires à l’acquisition de l’ensemble de biens appartenant à OmniTRAX, une entreprise qui a connu d’importantes difficultés financières au cours des dernières années.

iChurchill aurait engagé d’importantes sommes directement liées au début du processus de réparation du chemin de fer, pourtant Ottawa semble privilégier un nouveau partenaire dans ce dossier.

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Mis au courant de l’entente conclue entre Churchill et OmniTRAX en mars 2018, le gouvernement n’aurait manifesté aucun intérêt à rencontrer iChurchill, qui dit remplir les trois conditions exigées lorsque Ressources naturelles Canada avait décidé de nommer un négociateur du gouvernement dans ce dossier :

  • un prix raisonnable pour le transfert des biens;
  • un soutien des Premières Nations;
  • un plan d’affaires valable pour exploiter le chemin de fer de façon sécuritaire et rentable.

iChurchill, qui avait constitué un partenariat avec un groupe des Premières Nations du nord du Manitoba, estime que le négociateur du gouvernement s’est montré « méprisant lors de la seule rencontre accordée au consortium, entravant ainsi une belle occasion de partenariat ».

Selon les dirigeants autochtones, le chemin de fer et le port Churchill sont essentiels à l’existence de toutes les Premières Nations du nord du Manitoba.

Depuis qu’elle a perdu sa seule liaison terrestre avec le sud de la province, la Ville de Churchill et ses 900 habitants de la baie d’Hudson se battent pour la restauration du chemin de fer. Depuis un an, les résidents ne peuvent compter que sur le transport aérien, plus coûteux, pour recevoir des marchandises, notamment les produits d’épicerie.

Notre équipe croit que ces biens peuvent être exploités de manière rentable. Je me préoccupe des intérêts commerciaux, mais mon cœur est avec les résidents de Churchill et les Premières Nations du nord du Manitoba. Il s’est écoulé un an depuis les inondations qui les ont coupés du reste du monde par voie terrestre. J’espère que le chemin de fer sera de nouveau fonctionnel cette année, mais sans changement de position de la part du gouvernement fédéral, je n’ai pas l’impression que ça se concrétisera. Louis Dufresne, président directeur général d'iChurchill

RCI avec iChurchill Inc et Radio-Canada


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Publié dans : Économie, Société

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