Les organismes publics et privés sont appelés à veiller à la sécurité des renseignements personnels. Photo : iStock/littlehenrabi

Mettre un terme à l’exploitation de vos données personnelles à des fins électoralistes

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Le Commissaire à l’information et à la protection de la vie privée en Ontorio constate que les informations personnelles des citoyens sont exploitées à leur insu par les partis politiques. Ceux-ci ciblent sur Internet de manière précise les profils susceptibles de les intéresser à des fins électoralistes et exploitent les données sans au préalable demander l’avis des personnes visées.

Renforcer les pouvoirs du Commissaire

Dans une entrevue en anglais avec Alice Chantal Tchandem, le commissaire Brian Beamish a dit souhaiter un certain nombre de changements législatifs pour améliorer l’accès à l’information et à la protection de la vie privée des citoyens.

Il demande notamment que son mandat de surveillance soit élargi pour s’appliquer désormais aux partis politiques en Ontario.

Le rapport annuel, intitulé Trente années au service de l’accès à l’information et à la protection de la vie privée qu’il a publié, fait état de pratiques opaques de la part des partis politiques qui collecteraient et utiliseraient les renseignements personnels dans le but unique de cibler des particuliers à des fins politiques.

Le commissaire à l’information et à la protection de la vie privée de l’Ontario, Brian Beamish (archives) Photo : Radio-Canada/Keith Whalen

Les outils numériques au service des politiciens : vie privée et éthique questionnées

Cette pratique, qui se fait à l’insu des personnes concernées, et sans leur consentement, est facilitée par les outils numériques qui permettent de collecter un nombre incalculable de données personnelles de diverses sources.

Cette nouvelle forme de collecte et d’utilisation de mégadonnées de plus en plus perfectionnée suscite des inquiétudes sur le plan de la vie privée et de l’éthique, relève Brian Beamish.

Selon le commissaire, il faut plus de transparence, car en plus de poser les défis mentionnés, les renseignements personnels collectés par les partis politiques risquent de se retrouver au centre de menaces et de toutes sortes d’exploitations possibles (à des fins commerciales, frauduleuses ou même terroristes). Cela serait un réel défi en ce qui a trait à la cybersécurité.

Écoutez

AggregateIQ est liée à la firme Cambridge Analytica, soupçonnée d’avoir utilisé sans autorisation les informations privées d’utilisateurs de Facebook pour soutenir des campagnes politiques. Photo : AFP/Getty Images/MLADEN ANTONOV

Recommandations du commissaire :

Le commissaire recommande que les partis politiques soient soumis aux lois sur la protection de la vie privée, car le vide juridique actuel, tant en Ontario qu’ailleurs dans certaines provinces canadiennes, donne très peu de possibilités de recours aux personnes lésées.

Nécessité de mettre à jour les lois sur l’information et la protection de la vie privée afin qu’elles demeurent pertinentes et adaptées à la nouvelle ère du numérique.

Étroite collaboration entre différentes institutions et le bureau du commissaire pour mettre en place un nouveau cadre législatif et réglementaire plus propice à la protection de la vie privée et des renseignements personnels des citoyens pour les années à venir.

Ces lois doivent tenir compte des technologies modernes et des pratiques d’échanges de renseignements aujourd’hui.

Selon le commissaire Brian Beamish, les projets de villes intelligentes ne devraient pas se faire au détriment de la préservation de la vie privée de la population. Crédit Radio-Canada.

Les initiatives des villes intelligentes devraient aussi prendre en compte la vie privée. Ces initiatives, bien qu’elles puissent améliorer certains aspects de la vie aujourd’hui, posent de réels problèmes en ce qui concerne la confidentialité des informations des citoyens.

C’est pourquoi le commissaire recommande aux collectivités d’effectuer des évaluations exhaustives de l’incidence sur la vie privée, afin d’amoindrir les risques de collecte et d’utilisation détournées des données privées, associés à la réalisation de projets intelligents.

La même recommandation est formulée aux policiers qui doivent en tout temps adopter des modèles de collecte, de partage et d’utilisation de données en établissant un cadre qui protège la vie privée des citoyens.

Le commissaire demande que les lois régissant l’accès à l’information de l’Ontario soient modifiées pour confirmer son pouvoir d’exiger la production de documents, y compris ceux qui sont visés par le secret professionnel.

Chaque fois que le mandate du commissaire à l’information et à la protection de la vie privée a été élargie au cours des 30 dernières années, l’accès à l’information s’est accru, tout comme la transparence du gouvernement et le droit à la protection des renseignements personnels des Ontariennes et des Ontariens.Brian Beamish.
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Publié dans : Internet et technologies, Politique, Société

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