Des policiers font une descente à Toronto, il y a deux semaines à Toronto. Photo : CBC/Tony Smyth

Flambée de violence armée à Toronto : 13 personnes atteintes en une semaine

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Il n’y a pas de solution facile à la violence armée, affirme le maire de Toronto, dont la ville est aux prises avec sa pire flambée de violence de tous les temps.

John Tory Photo: CBC

Cette violence armée, qui a déjà coûté 22 vies cette année, a été d’une étonnante intensité depuis vendredi. Pas moins de 11 personnes ont été atteintes par des coups de feu dans la plus grande ville canadienne.

Le maire John Tory et le chef de police Mark Saunders s’entendent pour imputer la plupart des fusillades aux gangs criminels.

Cette violence armée soulève de grandes inquiétudes. Mais en l’absence de solution facile, les autorités torontoises devraient miser sur une transformation sociale, et non la répression policière, préviennent différents chercheurs.

Des coups de feu ont été échangés à l’extérieur d’une boîte de nuit samedi soir dernier à Toronto. Deux hommes sont morts et une femme a été blessée. (Neil Herland/CBC)

Un long travail attend les responsables municipaux et policiers

Jooyoung Lee – CBC

Augmenter le nombre d’agents dans certains quartiers ou rétablir des pratiques controversées comme le fichage ne ferait que repousser le crime vers de nouveaux recoins et aliéner les citoyens, signale Jooyoung Lee, un professeur en sociologie à l’Université de Toronto.

Il prône plutôt une « approche à long terme » qui se pencherait sur la pauvreté urbaine et intergénérationnelle ainsi que sur la discrimination sur le marché du travail. Cela aiderait les « jeunes de minorités visibles qui sont particulièrement désavantagés dans des villes comme Toronto à améliorer leur situation ».

« Quiconque suggère qu’il a la réponse entière dans un seul petit slogan ou dans une seule proposition politique trompe les gens de Toronto et leur donne de faux espoirs », a-t-il fait valoir aux journalistes.

Des derniers jours particulièrement sanglants

Jahvante Smart, connu sous le pseudonyme de Smoke Dawg. Photo : La Presse canadienne

Samedi, deux personnalités du milieu du rap ont été assassinées en plein jour : Jahvante Smart, le rappeur de 21 ans connu sous le nom de Smoke Dawg, et Ernest Modekwe, âgé de 28 ans.

Une femme blessée dans la même fusillade devrait s’en tirer vivante selon les policiers.

Quatre autres personnes ont été touchées par balles tard dimanche soir, dans les alentours de Kensington Market, un quartier très peuplé de Toronto. Et un autre homme a été blessé mardi matin lors d’une fusillade non loin du coeur du centre-ville.

Les policiers s’attellent à la tâche

Mark Saunders – CBC

Le chef de police Mark Saunders sait qu’il devra s’attaquer de plus près aux gangs de rue. «Être précis, stratégique et concentré sur cette sous-culture des gangs est une de mes grandes préoccupations », a déclaré M. Saunders en entrevue avec la station de télévision locale CP24.

Il compte apprendre à en connaître « les joueurs » plutôt que d’intensifier la présence policière dans certains quartiers.

D’ici la fin de l’année, la Ville Reine aura embauché 200 policiers de plus, et l’administration cherche à rétablir des programmes qui offraient aux jeunes « une option plus positive que l’activité des gangs », a ajouté le maire. La Ville appliquera aussi pour du financement fédéral pour la prévention de la criminalité, a-t-il indiqué.

En perspective…
La violence avec armes à feu est en augmentation au Canada depuis 2013
En 2016, 223 homicides (ce chiffre comprend des cas de suicides, d’accidents et de morts dans le cadre d’opérations policières) ont été commis avec des armes à feu, soit 44 cas de plus qu’en 2015.
L’utilisation d’armes à feu surpasse celui d’armes blanches ou de coups portés depuis 2013.
Sur les 223 cas d’homicides commis avec des armes à feu au Canada en 2016, plus de la moitié sont liés au gang qui sévit davantage dans les grandes villes du pays.

Armes à feu Photo : iStock

L’affaire de la fusillade en plein jour sur un terrain de jeux de Toronto

Il y a un peu de deux semaines, la police torontoise avait procédé à l’arrestation de Sheldon Eriya, 21 ans et originaire de Markham, en Ontario, 24 heures après une tentative de meurtre dans un terrain de jeu bondé d’enfants.

Sheldon Eriya se serait approché d’un parc situé dans l’est de la ville, où 11 enfants s’amusaient, et il aurait ouvert le feu en direction d’un autre homme qui se trouvait tout près.

Dans cette fusillade, qui s’est produite en plein jour, deux jeunes soeurs de 5 et 9 ans ont été touchées et transportées d’urgence à l’hôpital avec des blessures sérieuses.

En plus des deux chefs d’accusation de tentative de meurtre, Sheldon Eriya a été accusé de voies de fait graves, d’avoir déchargé une arme à feu, de possession de cocaïne à des fins de trafic et de possession de revenus tirés d’activités criminelles.

Le terrain de jeux où s’amusaient les victimes au moment de la fusillade. Photo : CBC/Linda Ward

RCI avec La Presse canadienne et Radio-Canada

En complément

Attaque à Toronto : le suspect cherchait un emploi en technologies de l’information – RCI 

Attaque meurtrière au camion-bélier à Toronto : des témoins décrivent l’horreur – RCI 

Armes à feu : Le Canada veut en resserrer l’accès – RCI 

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Catégories : Société
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