Une assistante en éducation du N.-B. qui a subi un incident de violence en milieu scolaire. Photo : SCFP

Quand les ressources et les mesures de soutien manquent dans les écoles, la violence contre les enseignants augmente

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La violence contre les enseignants prend des proportions inquiétantes dans certaines écoles du Canada. Une étude nationale menée par la Fédération canadienne des enseignants et enseignantes (FCE) révèle que non seulement les cas de violence à l’endroit du personnel enseignant sont nombreux, mais ils sont aussi sous-évalués. Dans la plupart des cas, le manque de ressources et de mesures de soutien pour les élèves en milieu scolaire aggrave la situation.

150 représentants du milieu scolaire apprécient le diagnostic de la situation et explorent les pistes de solution

Le Forum canadien sur l’éducation publique, qui se tient à Edmonton avec pour thème « Des écoles sécuritaires et bienveillantes », est l’occasion pour les 150 participants issus du milieu de l’éducation de débattre des différents constats de la toute première revue des études sur la violence dans les écoles.

Cette revue qui s’étend à l’ensemble du Canada démontre que le personnel enseignant doit désormais composer avec un environnement scolaire de plus en plus complexe. La société étant devenue très diversifiée, les classes reflètent cette variété teintée d’une diversité culturelle qui rend la gestion délicate. Les comportements de certains élèves, leurs réactions en face de différents événements en milieu scolaire, tout comme leurs aptitudes scolaires et sociales rentrent dans un certain nombre de codes qui peuvent être difficilement déchiffrables pour leurs enseignants et camarades.

C’est pourquoi la vice-présidente de la FCE, Francine Leblanc-Lebel, lance un appel à la mobilisation de plus de ressources pour appuyer les élèves dans leur processus d’apprentissage, ainsi que les enseignants dans l’accomplissement de leurs tâches et la gestion des classes.

Francine Leblanc-Lebel, vice-présidente de la Fédération canadienne des enseignantes et enseignants © FCE

Comme l’a observé Mme Le Leblanc-Lebel, la violence verbale ou physique observée aussi bien au niveau primaire que secondaire est très souvent étroitement liée à la condition émotionnelle de l’élève. Lorsque ce dernier a du mal à atteindre ses objectifs sur le plan de l’apprentissage, lorsqu’il vient d’un milieu social défavorisé, cela peut avoir une influence sur son comportement. En s’exprimant par la violence, il perturbe aussi l’équilibre physique et mental des autres élèves et du personnel qui les entoure : enseignants, éducateurs, etc.

C’est pourquoi parmi les facteurs mentionnés comme étant associés à l’augmentation de la violence, la vice-présidente de la FCE met de l’avant le sous-financement généralisé de l’éducation publique. Elle dénonce le fait que certains gouvernements décident de priver les écoles de budgets essentiels pour répondre aux besoins des élèves et des enseignants.

Elle place l’absence de moyen au centre de l’exacerbation de la violence en milieu scolaire, d’où l’appel à un réinvestissement des ressources et la mise en place de nouvelles mesures de soutien en face de la violence : formation des ressources humaines, mise en place de services pour répondre aux besoins des élèves ayant des problèmes de santé mentale, des problèmes de comportement, des ressources en éducation de l’enfance en difficulté.

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Une enseignante et ses élèves. Photo : Radio-Canada

Lire à ce sujet : Assistants en éducation : 2400 incidents violents en 16 mois

Le pied d’un assistant en éducation du Nouveau-Brunswick qui a subi un incident de violence. Photo : Syndicat canadien de la fonction publique

Les assistants en éducation du Nouveau-Brunswick ont rapporté plus de 2400 incidents de violence au travail au cours des 16 derniers mois, selon le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Les incidents de violence au travail incluent de la violence physique, mais aussi verbale. Des cas de morsures, de coups et de tirage de cheveux sont mentionnés, accompagnés de photos de blessures.

État des lieux de la violence en milieu scolaire au Canada

Les taux de violence à l’encontre du personnel enseignant sont très élevés et vont de 41 à 90 % des enseignantes et enseignants sondés, lesquels viennent de diverses administrations et régions du Canada.

Une importante majorité de ces personnes (+ de 70 %) ont aussi signalé que la fréquence et la gravité des incidents violents ont augmenté. Les taux de violence semblent supérieurs quand les victimes sont 1) des enseignantes; 2) dans des écoles élémentaires; 3) dans des écoles situées dans des quartiers socioéconomiquement défavorisés ou dans de grandes zones métropolitaines; et 4) en éducation de l’enfance en difficulté.

La violence non physique (verbale ou émotionnelle, ou les deux) est la forme de violence la plus fréquemment signalée par les éducatrices et éducateurs, suivie de la violence physique. Les auteurs de cette violence sont dans une très grande majorité des élèves (généralement dans plus de 90 % des cas).

La violence à l’encontre du personnel enseignant a une incidence négative forte sur le bien-être de celui‑ci et est associée à une augmentation significative du taux de dépression. Elle peut mener à l’épuisement des enseignants, les inciter à changer d’école ou, encore, à quitter la profession.

En outre, elle peut entraîner des conséquences physiques comme des blessures, des maux de tête et de la fatigue. Alors qu’une grande majorité d’enseignants sont victimes ou témoins de violence sous une forme ou une autre dans leurs écoles, les études confirment qu’ils signalent rarement les incidents de violence à l’administration de l’école ou à la police.

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Publié dans : Société

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