Photo : KiinkyDolls.com

Pourquoi Houston a-t-elle court-circuité l’ouverture d’un bordel de poupées en silicone d’une entreprise de Toronto?

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KinkySdolls, une entreprise de Toronto qui se targue d’être la première à ouvrir en Amérique du Nord une boutique où il est possible d’essayer une poupée en silicone avant d’en acheter une, vient de se faire dire non par la Ville de Houston.

L’intelligence artificielle permet maintenant de créer des robots sexuels qui interagissent avec leur propriétaire, mais la ville du Texas ne veut rien savoir du « bordel de poupées » que souhaite y ouvrir l’entreprise canadienne.

Le conseil municipal a modifié une ordonnance qui aurait permis à KinkySDolls de s’installer. Le changement adopté à l’unanimité mercredi concerne le règlement qui encadre les commerces à caractère sexuel.

Houston interdit dorénavant l’utilisation d’appareils dans des commerces qui seraient destinés à fournir un plaisir sexuel.

Pas de sexe à Houston avec des créatures artificielles

Tiffany, une poupée en vente au magasin de KinkySdolls à Toronto est allongée sur un lit qui est mis à la disposition des clients pour location avant achat éventuel. Les poupées en silicone sont achetées en Chine. Photo : Radio-Canada

L’ordonnance municipale précise qu’il est interdit d’offrir aux consommateurs des rapports sexuels avec un « dispositif anthropomorphique », un dispositif qui ressemble donc à un être humain, dans un commerce.

Le conseiller municipal Greg Travis explique que le bordel de poupées proposé n’est pas une bonne entreprise pour sa ville. « Nous ne sommes pas la ville du vice », a-t-il dit. Il a qualifié ce bordel de « bizarre » et de « dégoûtant ».

Elijah Rising, une organisation à but non lucratif basée à Houston et dont l’objectif est de mettre fin au trafic sexuel, a lancé une pétition sur Change.org demandant que l’entreprise soit tenue à l’écart de la ville. La pétition a reçu plus de 13 500 signatures.

Parfois, c’est dur, dur d’être une poupée

Précisons que la construction du bordel de poupées de Houston avait en fait déjà commencé, mais qu’elle a été suspendue, il y a quelques jours, après que des inspecteurs eurent visité les lieux et déterminé que les propriétaires de l’entreprise n’avaient pas les permis nécessaires.

La création d’un autre bordel de poupées sexuelles, à Vancouver, a fait sourciller. Près de Toronto, cet été, un autre projet d’établissement pour poupées sexuelles a rencontré une forte opposition de citoyens. Cet autre service de poupées en silicone appelé Aura Dolls n’a finalement pas reçu de permis dans la ville de North York, près de Toronto, pour ouvrir ses portes.

Aura Dolls voulait ouvrir ses portes au 4362, rue Yonge, qui abrite également un dispensaire de cannabis et un salon de massage illégal. Photo : Getty Images/Joel Saget/AFP

Pas dans ma chambre à coucher

Plusieurs soulignent que ces robots vont encourager les comportements violents envers les femmes et servir de défouloir à des prédateurs potentiels ou avérés.

Ce genre de débat n’en serait qu’à ses débuts puisque des avancées technologiques viennent propulser vers l’avant les poupées-robots intelligentes et réveiller un vieux fantasme chez certains humains, celui d’avoir une relation sexuelle avec un robot disponible sur demande et sur mesure.

Sur son site web, KinkySdolls indique que ses poupées à l’allure humaine, qui peuvent parler et être chaudes au toucher, sont disponibles à la vente ou à la location. Les poupées peuvent coûter plus de 3000 $ chacune.

Découvrez pourquoi les bordels de poupées provoquent au Canada chez plusieurs des cauchemars ou réveillent chez d’autres des fantasmes…

Kitty, une poupée de KinkySDolls à Toronto vendue récemment à un client Photo : Radio-Canada

Une relation sexuelle avec un robot?

Les nouvelles poupées provoquent à la fois attirance et répulsion. Interrogés, les hommes ne révèlent pas forcément leurs sentiments réels par rapport à cette question.

Selon une étude publiée en 2016 par deux chercheuses en psychologie de l’Université de Duisburg-Essen, en Allemagne, les hommes seraient plus attirés par ces poupées qu’ils ne veulent d’abord l’admettre.

Lorsque les universitaires ont demandé à 229 hommes d’indiquer leur degré d’attraction à l’endroit d’une photo d’un robot à l’apparence d’une femme et d’une photo d’une véritable femme en petite tenue, les hommes disaient trouver généralement les vraies femmes plus attirantes que leurs contreparties artificielles.

Mais lorsque les chercheuses ont par la suite sélectionné 41 répondants au hasard pour mesurer leurs réactions physiologiques à la présentation d’images de femmes robots ou d’images de vraies femmes, elles n’ont noté aucune différence de réactions. Aucune.

RCI avec l’Associated Press et la contribution de Matthieu Dugal, Catherine Lachaussée, Arnaud Decroix, Franco Nuovo et Marjorie Apri et Camille Feireisen de Radio-Canada

En complément

Les robots font-ils l’amour? – Radio-Canada 

La possession d’une poupée gonflable qui représente un enfant est-elle un crime? – Radio-Canada 

Un service de location de poupées sexuelles en silicone à Toronto – Radio-Canada 

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Catégories : International, Internet et technologies, Société
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