Taquisha McKitty a été déclarée en mort cérébrale en septembre 2017 par les médecins, mais sa famille dit qu'elle montre des signes de vie. (Image : Facebook)

La lutte d’une famille pour garder sa fille sous respirateur artificiel pourrait déterminer ce qu’est la mort au Canada

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La famille de Taquisha McKitty, maintenue en vie par un respirateur artificiel depuis plus d’un an, a plaidé mercredi devant la Cour d’appel de l’Ontario qu’elle est toujours en vie, même si un tribunal inférieur l’a déclarée morte.

En juin 2018, un tribunal de l’Ontario a rejeté le plaidoyer de la famille McKitty, de la région de Toronto, pour maintenir en vie leur fille de 27 ans, qui a été déclarée en état de mort cérébrale.

Les parents de Taquisha McKitty demandaient l’ordre de la garder sous respirateur mécanique, arguant qu’elle continue à montrer des signes de vie en bougeant les jambes et les bras. Pour la famille, « ce n’est pas un cadavre allongé. C’est une personne ».

Toutefois, la Cour supérieure de justice de l’Ontario a statué, dans une décision complexe et susceptible de créer un précédent, que Mme McKitty peut être considérée comme décédée et peut être retirée du système d’assistance respiratoire.

« De la tête aux pieds, elle bouge », dit l’évêque Wendell Brereton qui connaît bien la famille. « Donc, ce n’est pas un cadavre allongé là. C’est une personne. »

La foi et la loi
Selon les croyances chrétiennes de la famille, la jeune femme est en vie tant que son cœur bat encore.

« Nous ne sommes pas convaincus qu’elle soit morte », a dit à CBC News l’évêque Wendell Brereton de l’église Breakthrough Temple, à Brampton, Ontario.

Elle a été déclarée morte par les médecins il y a plus d’un an après avoir fait un arrêt cardiaque à la suite d’une surdose de drogue et a été mise sous assistance respiratoire.

L’avocat de la famille McKitty, Hugh Scher (Photo : Cabinet d’avocats / Radio-Canada)

Pour sa part, l’avocat de la famille McKitty, Hugh Scher, a plaidé en cour d’appel à Toronto qu’un juge de la Cour supérieure de l’Ontario a commis une erreur en ne reconnaissant pas les droits de Mme McKitty en vertu de la Charte et en ne tenant pas compte de ses croyances religieuses dans une affaire qui pourrait établir un précédent.

« Taquisha est vivante selon ses propres croyances religieuses », écrit Me Scher dans un mémoire rendu au tribunal et dont CBC News a obtenu copie.

L’avocat a ajouté que certaines juridictions tiennent compte des croyances religieuses avant de déclarer quelqu’un mort.

« Taquisha reste en vie en Nouvelle-Écosse, à New York, au New Jersey et ailleurs, mais selon [la Cour supérieure de l’Ontario] est morte en Ontario. »

La mort cérébrale 

©iStock/ifc2

Selon le Journal de l’Association médicale canadienne, la mort cérébrale est mieux comprise comme un arrêt cérébral, ou l’arrêt cérébral final. C’est l’expression clinique de l’échec neurologique complet et irréversible. En dépit de l’étendue de la couverture nationale, internationale et juridique, l’acceptation de la notion de mort, sur le plan neurologique, il existe des variations substantielles dans les normes et leurs critères d’application.

Dans toutes les provinces et tous les territoires du Canada, la définition légale de la mort cérébrale est déterminée « selon les normes médicales reconnues » et « ces pratiques sont en grande partie déterminées par des facteurs particuliers aux hôpitaux et aux régions ».

Les lignes directrices établies par le Comité canadien sur la mort cérébrale en 1988 et par le Groupe canadien de soins neurocritiques en 1997 ont apporté des éclaircissements sur certains critères, mais n’ont pas conduit à une pratique uniforme.

Avec les informations de CBC News, l'Association médicale canadienne et le Comité canadien sur la mort cérébrale
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