Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Des syndicats québécois demandent au fédéral de mettre en place un régime d’assurance médicaments public et universel

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C’est grâce à un régime public et universel qu’il est possible de résorber l’explosion des coûts des médicaments et de donner du répit aux plus vulnérables de la société.

Éviter le piège du système hybride québécois

Les associations mobilisées dans la campagne en faveur d’un régime d’assurance médicaments public et universel attirent d’entrée de jeux l’attention des responsables fédéraux sur l’importance de mettre de côté le système hybride de régimes d’assurance privés et publics.

C’est le système qui est en vigueur au Québec depuis plusieurs années. S’il a quelques avantages, il ne couvre que les citoyens qui n’ont pas accès à un régime d’assurance collective en milieu de travail.

« Plusieurs employeurs contribuent déjà, bien qu’à hauteur variable, au régime d’assurance collective de leurs salariés, rappelle la vice-présidente de la FIQ, Denyse Joseph. Il ne s’agit pas de les soustraire à leurs obligations. Le financement d’un régime d’assurance médicaments public et universel doit reposer sur le rapatriement de ces cotisations, tout comme celles des salariés. »

Selon la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), le régime hybride québécois menacerait plusieurs protections sociales :

  • il serait à l’origine de l’explosion des coûts de la couverture médicaments des régimes d’assurance collective privés qui entraîne l’augmentation des primes d’assurance médicaments de 5 à 8 % chaque année,
  • il serait aussi à l’origine de la perte de la couverture d’assurance salaire et dentaire, entre autres.

Dans un tel contexte, les syndicats qui souhaitent avoir accès au régime public d’assurance médicaments n’ont d’autre choix que de chercher à mettre un terme à leur régime d’assurance collective.

Ce serait commettre une erreur que de reproduire un tel modèle, prévient Daniel Boyer, le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).

Daniel Boyer, président FTQ. Crédit: FTQ

« Le Canada est le seul pays de l’OCDE ayant un régime public d’assurance maladie qui n’inclut pas l’assurance médicaments, souligne M. Boyer. En ce sens, nous avons salué la création, en 2018, du Conseil consultatif sur la mise en œuvre d’un régime national d’assurance médicaments. Nous sommes toutefois inquiets que le gouvernement fédéral succombe à la tentation de reproduire le modèle hybride québécois, qui contient de graves lacunes. »

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Des pharmaciens au travail

Des pharmaciens au travail Photo : Radio-Canada/Tamara Altéresco

Une question d’égalité quant à l’accès au système de santé

La demande des syndicats est étayée par des chiffres précis concernant les coûts des médicaments qui n’ont de cesse de grimper sous le régime d’assurance hybride, et qui privent près de 10 % de personnes parmi les plus vulnérables du Québec de médicaments qui leur sont prescrits. Il s’agit surtout des personnes âgées, des personnes en situation de handicap ou qui vivent avec une maladie chronique.

Cette coexistence d’un régime public parmi plusieurs régimes privés nous prive d’un puissant levier de négociation auprès des compagnies pharmaceutiques. Le même médicament peut coûter au Canada 10 fois plus cher qu’en Nouvelle-Zélande. Les études démontrent que l’instauration d’un régime entièrement public et universel pourrait réduire le prix des médicaments de 20 à 40 %. Seulement au Québec, on parle d’économies de l’ordre de 1 à 3 milliards de dollars pour l’ensemble de la société.  Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN

La médiane des dépenses en médicaments par habitant est de 650 $ pour les pays de l’OCDE. En parallèle, les dépenses par habitant pour les médicaments au Québec sont de 1087 $ et elles atteignent 9 milliards de dollars annuellement dans la province pour les médicaments actuellement prescrits.

En définitive, les syndicats dénoncent un système hybride, trop inégalitaire et inéquitable, qui classe les assurés en catégories, tout en laissant le champ libre aux pressions de puissants lobbys qui tirent avantage de l’absence d’un système universel.

Les régimes privés couvrent les assurés qui sont considérés comme des « bons risques », à savoir les personnes qui sont en emploi et qui, généralement, sont en meilleure santé. La majorité des personnes sans emploi ou à la retraite, qui ont tendance à consommer davantage de médicaments, sont couvertes par le régime public. Des coûts supplémentaires incombent donc au gouvernement, alors que les compagnies d’assurance engrangent les profits, déplore la porte-parole de l’Union des consommateurs, Élisabeth Gibeau.
RCI avec des informations de la FTQ

À noter :

Plusieurs syndicats sont solidaires de la cause :

  • La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)
  •  La Confédération des syndicats nationaux (CSN)
  • La Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
  • L’Alliance du personnel professionnel et technique du réseau de la santé et des services sociaux (APTS)
  • La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)
  • L’Union des consommateurs est un organisme à but non lucratif qui regroupe 13 groupes de défense des droits des consommateurs
  • La Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB).

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Catégories : Santé, Société
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