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Femme et signes religieux ici et ailleurs : le regard avisé d’une féministe marocaine engagée et prof d’université

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Soumaya Naamane Guessous est professeure de sociologie à l’Université Hassan II de Casablanca. Passionnée des droits de la personne en général, des droits de la femme et de l’égalité homme-femme, elle s’exprime sans tabou ni réserve sur différents sujets gravitant autour de la problématique de la femme en lien avec le poids des lois et des traditions, de la religion et des autres contraintes de la société.

Une auteure prolifique et féministe engagée

Soumaya Naamane Guessous est de ces enseignants dont on apprécie la profondeur des idées et l’originalité des thématiques qu’elle aborde dans son enseignement.

Au détour d’une entrevue avec Alice Chantal Tchandem, la sociologue vous conduira dans les dédales de l’évolution des droits de la femme dans son pays, de la réforme du code de la famille au Maroc, de la symbolique du voilage ou du non-voilage dans l’espace public.

La féministe, qui a choisi un style d’accoutrement à l’Occidental non par « suivisme » parce qu’elle aura vu sa mère le faire, mais plus par « pragmatisme », parce que c’est beaucoup plus simple et plus pratique, dit respecter par ailleurs les autres costumes traditionnels qu’elle arbore selon les circonstances, toujours en tenant compte du côté « pratico-pratique ».

La sociologue donne sa lecture du projet de loi 21 sur la laïcité de l’État qui cristallise les attentions en ce moment au Québec.

Elle a une position très mitigée. « Si une personne choisit de porter un signe religieux (foulard, croix, kippa, etc.), c’est son droit le plus absolu. Mais là où ça devient dérangeant, c’est quand ces signes-là portent atteinte aux libertés, véhiculent des idéologies ou constituent un instrument d’oppression », a-t-elle souligné.

Soumaya Naamane Guessous est l’auteure de plusieurs ouvrages portant sur la femme dans ses rapports avec l’homme et la société. Elle affirme que si les droits de la femme ont considérablement évolué au Maroc, beaucoup de chemin reste à faire pour atteindre l’objectif d’une égalité parfaite avec l’homme, un objectif qui reste toujours un idéal, même en occident en ce 21e siècle.

Elle estime qu’il faut aller au-delà de la ratification de conventions nationales et internationales pour poser des actes plus concrets susceptibles de permettre une plus grande émancipation de la femme dans tous les pays.

À titre d’exemple, le patriarcat dans certaines sociétés arabo-musulmanes compromet toujours l’accès équitable de la femme à l’héritage. Au Maroc, les femmes ont bénéficié des ouvertures dans le coran pour avoir droit à la moitié de l’héritage de l’homme avec des conditions, alors qu’à l’origine, elles n’y avaient tout simplement pas droit.

Les arguments selon lesquels l’homme doit hériter de tous les biens parce que c’est lui qui pourvoit en toute chose dans la famille ont donc disparu, mais il y a toujours de barrières à l’accès équitable des femmes à l’héritage.

La réforme du code de la famille en 1993 et les amendements apportés en 2004 par le roi du Maroc, Mohammed VI, ont certes permis de régler la question du mariage précoce, mais beaucoup de jeunes filles continuent d’être mariées même si elles n’ont pas atteint l’âge légal de 18 ans.

La révolution juridique et sociale annoncée lors des amendements n’a donc pas eu lieu. C’est pourquoi Soumaya Naamane Guessous appelle à des réformes supplémentaires de ce code pour briser définitivement les inégalités et favoriser la fin de toutes les formes de discrimination à l’endroit de la femme.

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Publié dans : International, Société

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