Crédit photo : doctorsforregugeecare.ca

Des compressions ‘inhumaines’ aux soins de santé aux réfugiés

De nombreux médecins et professionnels de la santé sont toujours mécontents, neuf mois après l’entrée en vigueur des compressions au programme de soins de santé aux réfugiés et aux demandeurs d’un statut de réfugié.

Depuis le 1er juillet 2012, les réfugiés n’ont plus un accès gratuit au Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI). Ottawa ne rembourse donc plus leurs frais de soins de santé spécialisés, comme les médicaments jugés non urgents et les soins dentaires.

À plusieurs reprises. le groupe Médecins canadiens pour les soins aux réfugiés, formé de médecins, infirmières et professionnels paramédicaux, a fait part de ses inquiétudes au ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme, Jason Kenney. Ils reviendront à la charge lors d’une Journée d’action nationale, le 17 juin.

« On demande au gouvernement fédéral de tout simplement revenir en arrière et annuler ces coupures qu’on juge tout à fait inhumaines et injustes », avance Marie-Jo Ouimet, médecin de famille au Programme régional d’accueil et d’intégrations des demandeurs d’asile (PRAIDA).

 « On a du mal à offrir des soins quand on ne sait pas si la personne va recevoir une facture ou non. »  — Marie-Jo Ouimet, médecin

Anxiété et confusion

Selon le Dr Ouimet, la décision du gouvernement d’introduire différentes catégories de couverture a rendu le système difficile à comprendre.

« Au début, il y avait énormément d’anxiété. Au fil du temps, on voit qu’il y a énormément de confusion à savoir qu’est-ce qui est couvert, qui a la couverture. On a du mal à offrir des soins quand on ne sait pas vraiment si la personne va devoir recevoir une facture ou non pour les soins qu’on leur offre », dit-elle.

Les requérants d’asile de pays identifiés comme « sûrs » par le gouvernement ne pourront avoir accès à un traitement si celui-ci est nécessaire pour éviter ou soigner une maladie pouvant poser un danger pour la santé de la population canadienne.

Les réfugiés et demandeurs d’asile qui figurent sur la liste des pays jugés incertains par Ottawa recevront une couverture semblable à celle fournie par le système provincial de soins de santé.

Les réfugiés et les revendicateurs au statut de réfugié ont accès à différents niveaux de services, selon les provinces où ils vivent. Au Québec, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, s’est engagé à couvrir temporairement les services qu’Ottawa a cessé de rembourser.

« Les effets ont été beaucoup moins dommageables au Québec », dit le Dr Ouimet.

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Manifestation contre la réduction du Programme fédéral de santé intérimaire pour les réfugiés, à Winnipeg, en juin dernier. © Jeff Stapleton

‘La peur de l’autre’

En avril 2012, le ministre Kenney avait justifié les changements au programme par un souci d’équité.

« Nous ne voulons pas demander [aux Canadiens] de payer pour que les personnes protégées et les demandeurs d’asile aient accès à un régime de soins de santé plus généreux que celui auquel ils ont eux-mêmes droit », expliquait-il dans un communiqué.

Mais le Dr Ouimet juge que le discours du ministre est « fondé sur la peur de l’autre ».

« Dès qu’on explique la situation d’extrême vulnérabilité dans laquelle se retrouvent ces personnes-là, ce n’est pas difficile de s’attirer la sympathie des Canadiens», dit-elle.

La Journée d’action nationale organisée par Médecins canadiens pour les soins aux réfugiés sera donc une occasion de plus de faire connaître aux Canadiens les conséquences des changements au Programme fédéral de santé intérimaire.

Marie-Jo Ouimet, médecin de famille au Programme régional d’accueil et d’intégrations des demandeurs d’asile (PRAIDA), s’entretient avec Gilda Salomone sur les changements au Programme fédéral de santé intérimaire.

Écoutez

Liens externes:
Programme régional d’accueil et d’intégrations des demandeurs d’asile (PRAIDA)
Médecins canadiens pour les soins aux réfugiés

 

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Publié dans : Immigration et Réfugiés, Santé

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