Des jeunes concepteurs de jeux vidéo à l'Université Concordia
Photo Credit: Université Concordia

Le jeu vidéo de demain sera-t-il éthique?

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Oui, s’il n’en tient qu’à une équipe de chercheurs de l’Université Concordia, à Montréal. Dans le cadre d’un programme pédagogique baptisé Critical Hit la nouvelle génération de concepteurs de jeux vidéo est appelée à imaginer des jeux attrayants susceptibles de susciter des changements sociaux.

Objectif ambitieux, quand on sait que les jeux vidéo véhiculent en général des messages plutôt violents, ou l’empathie et l’altruisme sont loin de dominer.

Lynn Hughes est professeure agrégée au Département d’arts plastiques de l’Université Concordia et cofondatrice de TAG (technoculture, art et jeux). Adrien Lachance lui a demandé de nous préciser la démarche qui anime les chercheurs.

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La ludification à tout prix

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Lynn Hughes

L’ennemi premier de ces concepteurs de jeux vidéo éthiques est la tendance lourde à la «ludification» au sein de l’industrie. C’est-à-dire, comme le souligne Lynn Hughes, qu’il y a dans l’industrie une propension à tout doter, ou presque tout, d’une mécanique ludique superficielle afin d’en augmenter l’attrait.

Les chercheurs veulent donc apporter une nouvelle expertise à l’industrie. Un exemple: peu de jeux explorent la façon et le lieu où les armes sont fabriquées, de même que leur impact sur la société.

Ce sera toutefois chose faite avec Gun Factory, l’un des quatre projets de jeux vidéo à caractère éthique conçus par les équipes de l’Université Concordia.

Mehrdad Dehdashti, qui fait partie de l’une des équipes derrière ce jeu, affirme vouloir faire dévier le débat sur la violence dans les jeux vidéo, afin que ce débat se déroule plutôt dans la tête du joueur. Gun Factory le placera ainsi dans la position d’un fabricant d’armes. Comme l’explique le diplômé de l’Université McGill, qui a notamment travaillé pour Ubisoft, l’une des plus grandes entreprises de jeux vidéo à Montréal:

«Dans les jeux où vous êtes le tireur, ils vous donnent toutes ces armes, mais personne ne demande d’où elles viennent. L’idée est d’étudier la façon dont le profit fonctionne, et on démontre qu’en créant plus d’armes, vous ne contribuez pas à résoudre les problèmes de la société.»

L’avenir nous dira si les nouveaux types de jeux conçus dans une perspective sociale, culturelle et politique contemporaine, pourront tirer leur épingle du jeu.

Montréal centre névralgique de l’industrie du jeu vidéo

Des entreprises d’envergure internationale se sont installées ces dernières années à Montréal, devenue une des capitales mondiales de l’industrie du jeu vidéo. La ville est devenu l’un des cinq pôles mondiaux de développement de médias numériques interactifs avec 85 entreprises et plus de 5000 emplois.

Ce secteur a d’abord été développé par des pionniers tels que Softimage, fondée par Daniel Langlois en 1986, et Discreet Logic. Mais la présence de leaders mondiaux dans ce domaine comme Ubisoft, arrivée au Québec en 1997, ou encore Electronic Arts et Eidos, n’est pas étrangère à ce succès.

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Publié dans : Arts et spectacles, International, Internet et technologies, Société

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Un commentaire pour «Le jeu vidéo de demain sera-t-il éthique?»
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