Photo Credit: Intégration nutrition

L’intégration passe aussi par l’alimentation

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En nous installant au Canada il y a de nombreuses années, ma mère fut prise au dépourvu lors de sa première visite en épicerie. 

Plusieurs aliments sur les étalages ne lui disaient absolument rien, pourtant nous arrivions de France… pas d’Asie, du Moyen-Orient ou d’Afrique. Imaginez la surprise pour ces gens-là!

Et encore, en 2015 il est possible de trouver à peu près de tout à Montréal, Toronto, Regina ou Vancouver.  Par contre, en région, il se peut que vous ayez plus de problèmes à vous ravitailler en produits « exotiques ».

Au-delà de l’approvisionnement, plusieurs autres façons de faire pourraient surprendre plus d’un immigrant.

Pour les aider à s’adapter à la culture alimentaire de leur pays d’accueil, la nutritionniste québécoise Marianne Lefebvre a créé Intégration nutrition

Atelier culinaire au Centre Afrika à Montréal © Gracieusement M.Pierre Tshibasi

La petite histoire d’Intégration nutrition
« L’idée de ce projet a réellement fait surface lorsque, dans le cadre de mes fonctions de nutritionniste, j’ai dû me rendre au domicile d’une dame africaine récemment arrivée au Canada, doublement enceinte et sévèrement dénutrie. À mon grand étonnement, cette femme n’était pas économiquement dépourvue puisqu’il y avait chez elle plus de nourriture qu’il n’en fallait pour nourrir une armée. Cette femme était simplement dénuée de connaissances culinaires et perdue dans une cuisine canadienne. Que de plaisir j’ai eu, avec cette dame, à lui expliquer qu’il n’était pas nécessaire de faire du feu pour faire marcher sa cuisinière électrique, que la patate ne se mangeait pas crue et qu’il n’était pas nécessaire de congeler les boîtes de conserve. Après avoir passé l’après-midi avec cette femme, à cuisiner une grosse soupe aux légumes et à la chèvre épicée à l’africaine remaniée à la québécoise, j’ai compris que cette dame n’était pas l’exception à la règle, mais bien la réalité de nombreux nouveaux arrivants laissés à eux-mêmes dans un environnement alimentaire complètement différent du leur.»  Marianne Lefebvre

Son entreprise, la seule du genre au Québec, offre plusieurs services aux nouveaux arrivants.  Outre de l’éducation nutritionnelle, Mme Lefebvre fait de l’accompagnement, de l’épicerie … jusqu’à la cuisine.

S’approprier la culture alimentaire locale ne s’arrête pas aux aliments que l’on dépose dans son panier d’épicerie. Il faut bien sûr apprendre à les connaitre, il faut aussi apprendre à les cuisiner et à les conserver.

© Joëlle Paquet

Il faut aussi apprendre à utiliser les outils et accessoires de cuisine, du congélateur à l’ouvre-boîte.

Marianne Lefebvre, spécialisée en nutrition internationale, a d’ailleurs fait face à plus d’une situation cocasse en fréquentant les nouveaux arrivants.

Écoutez

 

Mme Lefebvre accompagne les immigrants dans leur intégration culinaire © Gracieuseté Mme Nura Tamanna

Reconstruction identitaire… reconstruction alimentaire

Le meilleur conseil que Marianne Lefebvre peut donner à ceux qui se préparent à s’installer au Canada est de faire des recherches sur le régime alimentaire canadien avant d’arriver au pays.

À ceux qui sont déjà ici : Renseignez-vous sur les services offerts aux immigrants dans votre région :  banques alimentaires, magasins partage, cuisines collectives, ateliers culinaires, etc.

© Gracieuseté Mme Joëlle Zoghbi Kassouf

Et parce que le Canada est une société de plus en plus multiculturelle, Marianne Lefebvre propose aussi à ses concitoyens « en quête de renouveau alimentaire » de découvrir des ingrédients et des mets venus d’ailleurs, comme cette recette qu’elle a trouvé sur  

Pois chiches à la tomate et cumin  à la pakistanaise

Préparation : 10 minutes      Cuisson : 20 minutes         Prêt en : 30 minutes              5  portions

Ingrédients:

30 ml (2 c. à table) d’huile d’olive

5 ml (1 c. à thé) graines de cumin

2 ml (1/2 c. à thé)  sel

2 ml (1/2 c. à thé)  piment en poudre

2 tomates, coupées en petits morceaux (ou 250 ml (1 tasse) de tomates en dés en conserve

1 1/2 conserve (540ml+ 270ml) de pois chiches égouttés et rincés ou 540 ml de pois chiches + 1/2 bloc de tofu ferme coupé en cubes (Il ne me restait pas assez de pois chiches et c’était délicieux avec le tofu)

5 ml (1 c. à table) jus de citron

1 oignon jaune, haché

1 branche de céleri (mon ajout à la recette, elle était en train de mourir seule dans mon réfrigérateur)

1 carotte râpée (ajout de ma part)

Préparation:

  1. Dans un grand chaudron, faire chauffer à feu doux l’huile et le cumin, jusqu’à ce que les graines de cumin brunissent. 
  2. Verser le sel et le piment, bien mélanger.
  3. Introduire les tomates.
  4. Lorsque le jus commence à épaissir, ajouter les pois chiches, en mélangeant encore.
  5. Ajouter le jus de citron, les oignons,  le céleri et la carotte râpée, continuer la cuisson jusqu’à ce qu’ils soient tendres.
  6. Retirer du feu, transférer dans un plat de service et servir immédiatement. Je l’ai mangé avec le riz 7 grains de Uncle Ben’s et c’était très bon.
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Publié dans : Immigration et Réfugiés, Santé, Société

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