Les étudiants souhaitent que les stages qu'ils effectuent dans le cadre de leur cheminement universitaire soient rémunérés.

Les étudiants souhaitent que les stages qu'ils effectuent dans le cadre de leur cheminement universitaire soient rémunérés.
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Les étudiants en grève à Québec exigent des stages rémunérés

Plus de 20 000 étudiants ont répondu à l’appel des Comités unitaires sur le travail étudiant (CUTE) et se sont mobilisés dans la ville de Québec pour une marche qui a pris son départ au parc de la Francophonie, près du parlement, pour s’achever au Centre des Congrès, le lieu qui abrite le rendez-vous national de la main d’œuvre organisé par le gouvernement dans la capitale.

Marche encadrée par la police

Le déploiement des étudiants était suivi de près par la police dans le but d’éviter tout débordement.

L’itinéraire de la marche a été communiqué à l’avance aux forces de l’ordre et les étudiants, venus de plusieurs universités de la province (Montréal, Sherbrooke, UQAM, etc.), ont fait entendre leurs revendications avec des slogans sur des pancartes, mais aussi en parole.

Les étudiants sollicitent non seulement la rémunération de tous les stages dans tous les programmes d’études, mais aussi plus d’équité dans les salaires pour des stages menant à des emplois traditionnellement et majoritairement occupés par des femmes.

À ce sujet, Maryse Forget, militante au comité féministe en éducation de l’UQAM, indique que « pour être enseignantes, infirmières, travailleuses sociales, sages-femmes ou éducatrices spécialisées et à la petite enfance, il paraît qu’il faut avoir la vocation et une propension naturelle au don de soi. Pourtant, il n’y a rien de naturel à être non payé ou sous-payé lorsqu’on travaille. Que ce travail soit effectué dans le cadre d’une formation scolaire ne rend pas pour autant l’exploitation des stagiaires acceptable »!

Les étudiants revendiquent aussi une reconnaissance du travail intellectuel qu’exige l’éducation postsecondaire et souhaitent que le travail des étudiants soit reconnu au même titre que celui de tous les autres travailleurs sur le marché de l’emploi. Ils considèrent que leur manifestation est une étape importante vers cette reconnaissance.

Même si certains croient qu’il faut davantage adopter une stratégie modérée en demandant une compensation financière, nous trouvons plus responsable de revendiquer la mesure la plus profitable pour l’ensemble de la population étudiante, soit la rémunération de l’ensemble des stages et internats.  – Stéphanie Gilbert, militante au Comité pour la rémunération des stages et des internats de l’Université du Québec en Outaouais (CRIS-UQO).

Les étudiants souhaitent une reconnaissance de leur travail, quel qu'il soit et la fin des stages non rémunérés

Les étudiants souhaitent une reconnaissance de leur travail, quel qu’il soit et la fin des stages non rémunérés © ICI Radio-Canada

Salaire minimum à 15 $ l’heure

Les étudiants souhaitent également une bonification du salaire minimum lors des stages pour pouvoir relever les multiples défis qui les interpellent dans leur cheminement.

La plupart d’entre eux s’attendent à devoir payer des dettes importantes à la fin de leurs études et leur souhait est de bénéficier de réformes afin d’améliorer leur condition et de subvenir à leurs besoins en effectuant des stages qui sont bien rémunérés.

« Le mouvement étudiant québécois, jusqu’à aujourd’hui, n’a pas pris à bras le corps les conditions d’études des stagiaires. Les programmes techniques et professionnels regroupent un large pan de la population étudiante or, à bien des égards, les fédérations n’ont jusqu’à présent pas su s’attarder suffisamment à leur réalité particulière. » – Louis-Thomas Leguerrier, militant du CUTE de l’Université de Montréal.

Selon la Canadian Intern Association, environ 200 000 stages crédités sans rémunération ont cours chaque année au Canada, en plus de 300 000 stages post-études, une quantité énorme de travail gratuit pour les employeurs.

La situation des mères stagiaires mérite une attention soutenue, car comme l’ont indiqué les étudiants en grève, elles ont besoin d’une réelle autonomie financière pour s’émanciper et cesser de dépendre de leurs parents ou de leurs conjoints.

« Avec des enfants à charge, la somme de travail non rémunéré à la maison comme à l’école rend quasi impossible aux parents étudiants d’exercer en plus un travail moyennant salaire qui leur permettrait un semblant d’autonomie financière. Cette situation augmente le risque de devoir se placer sous la dépendance de ses propres parents ou de son conjoint, limitant les possibilités d’émancipation des femmes. C’est pour ça qu’on dit que la grève des stages est une grève des femmes! » – Valérie Simard, étudiante en enseignement impliquée au CUTE de l’UQAM

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