« Les Juifs du Québec, In Canada We Trust ». Réflexion sur l’identité québécoise de Victor Teboul
Photo Credit: L’ABC de l’édition

« Les Juifs du Québec, In Canada We Trust ». Réflexion sur l’identité québécoise de Victor Teboul

Share

« Quand on se penche sur cette question de la mémoire, on comprend toutes les tensions qui peuvent exister entre les groupes ethnoculturels et le Québec français. »

Victor Teboul

La question se pose, pourquoi les Juifs au Québec ne s’identifient-ils pas au Québec, à sa réalité, à ses luttes? Pourquoi ne se penche-t-on pas sur les raisons qui ont empêché une telle identification?

Les Juifs sont arrivés en Nouvelle-France après la conquête. Avant, sous le régime français, la colonie était réservée aux catholiques et interdite aux Juifs et aux huguenots.

« Les Juifs font partie de l’histoire du Québec, mais ils ne partagent pas la mémoire du Québec. »

Mais qu’est-ce qui empêche encore l’interpénétration des identités, juive et québécoise? Est-ce l’histoire, la mémoire, l’identification nationale, la religion ou bien d’autres facteurs?

Victor Teboul

« Ce que j’explique dans le livre c’est que cet antisémitisme a été reconnu par le Canada anglais, alors qu’au Québec, rien qu’à Montréal par exemple, il y a une station de métro qui porte le nom de Lionel-Groulx. Sans entrer dans les écrits du chanoine Groulx, je pense que ses propos étaient pour le moins controversés à l’époque, et ils le sont encore aujourd’hui. Je trouve qu’on est susceptible quand on touche à cette dimension au Québec, ce qui n’est plus le cas au Canada anglais, d’où la grande différence. »

Dans son essai  Les Juifs du Québec, In Canada We Trust , réflexion sur l’identité québécoise, Victor Teboul s’interroge sur la place de la communauté juive au Québec et sur sa présence, ou son absence, dans la mémoire collective québécoise.

Auteur, romancier et essayiste, Victor Teboul a aussi enseigné l’histoire à l’Université du Québec à Montréal et la littérature au Cégep Lionel-Groulx (!). Il dirige aujourd’hui le magazine en ligne tolerance.ca

Victor Teboul parle de son plus récent essai au micro de Raymond Desmarteau.

Écoutez
Share
Mots-clés : , , , , , ,
Publié dans : Éducation, Francophonie, Immigration et Réfugiés, International, Politique, Société

Vous avez remarqué une erreur ou une faute ? Cliquez ici !

@*@ Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 caractères restants

Note: En nous soumettant vos commentaires, vous reconnaissez que Radio Canada International a le droit de les reproduire et de les diffuser, en tout ou en partie et de quelque manière que ce soit. Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s'ils respectent la nétiquette.

Nétiquette »

Quand vous vous exprimez dans le cadre d'une tribune, vous devez être aussi courtois que si vous parliez à quelqu'un face à face. Les insultes et attaques personnelles ne seront pas tolérées. Ne pas être d'accord avec une opinion, une idée ou un événement est une chose, mais manquer de respect envers autrui en est une autre. Les grands esprits ne se rencontrent pas toujours, et c'est bien là l'intérêt des tribunes!

La nétiquette est l'ensemble des règles de conduite régissant le comportement des internautes. Avant d'intervenir dans une tribune, il est important d'en prendre connaissance. Sinon, on risque l'expulsion!

  1. Les tribunes de RCInet.ca ne sont pas anonymes. Au moment de s'inscrire, les utilisateurs sont tenus d'indiquer leurs nom, prénom et lieu de résidence, qui s'afficheront au moment de la publication de leur commentaire. RCInet.ca se réserve le droit de ne pas publier un commentaire s'il existe un doute quant à l'identité de son auteur.
  2. L'usurpation de l'identité d'autrui dans l'intention d'induire en erreur ou de causer un préjudice est une infraction grave passible d'expulsion.
  3. Les tribunes de Rcinet.ca sont ouvertes à tous, quels que soit l'âge, l'origine ethnique, la religion, le sexe ou l'orientation sexuelle.
  4. Les propos diffamatoires, haineux, racistes, xénophobes, homophobes, sexistes ou disgracieux envers l'origine ethnique, l'appartenance à une religion ou à un groupe d'âge ne seront pas publiés.
  5. Dans Internet, les majuscules équivalent aux cris et peuvent être interprétées comme de l'agressivité, ce qui est plutôt désagréable pour vos interlocuteurs. Tout message contenant un ou des mots écrits en majuscules (à l'exception des sigles et des acronymes) sera rejeté. Il en sera de même pour les messages contenant un ou des mots en caractères gras, italiques ou soulignés.
  6. Le langage vulgaire, obscène ou malveillant est interdit. Les tribunes sont des lieux publics, et vos propos pourraient heurter certains internautes. Les personnes faisant usage d'un langage grossier seront expulsées.
  7. Le respect mutuel est de mise entre les utilisateurs. Ainsi, il est interdit d'injurier, de menacer ou de harceler un utilisateur. Vous pouvez exprimer votre désaccord avec une idée sans attaquer quiconque.
  8. L'échange d'arguments et de vues contradictoires est un élément clé d'un débat sain, mais il ne doit pas prendre la forme d'un dialogue ou d'une discussion privée entre deux participants qui s'interpellent sans égard aux autres participants. Les messages de ce type ne seront pas affichés.
  9. Radio Canada International diffuse en cinq langues. Les échanges dans les forums doivent se faire dans la même langue que le contenu que nous publions. L'usage d'autres langues, à l'exception de quelques mots, est interdit. Les messages sans rapport avec le sujet ne seront pas publiés.
  10. L'envoi de messages à répétition nuit aux échanges et ne sera pas toléré.
  11. L'insertion d'images ou de tout autre type de fichier dans les commentaires est interdite. L'inclusion d'hyperliens vers d'autres sites est permise, à condition qu'ils respectent la nétiquette. Toutefois, Radio Canada International n'est aucunement responsable du contenu de ces sites.
  12. La copie d'un texte d'autrui, même avec référence à son auteur, est inacceptable si cet extrait constitue la majeure partie du commentaire.
  13. La publicité et les appels à la mobilisation, sous quelque forme que ce soit, sont interdits dans les tribunes de Radio Canada International.
  14. Tous les commentaires et autres types de contenus sont modérés avant publication. Radio Canada International  se réserve le droit de ne pas publier les messages des internautes.
  15. Radio Canada International se réserve le droit de fermer une tribune à tout moment, sans préavis.
  16. Radio Canada International se réserve le droit de modifier ces règles de conduite (nétiquette) en tout temps, sans préavis.
  17. En participant à ses tribunes, vous autorisez Radio Canada International à publier vos commentaires sur la toile pour un temps indéfini. Cela suppose aussi que ces messages seront indexés par les moteurs de recherche d'Internet.
  18. Radio Canada International  n'est nullement tenue de retirer vos messages du web, si un jour vous en faites la demande. Nous vous invitons donc à bien réfléchir à vos propos et aux conséquences de leur publication.

*

5 comments on “« Les Juifs du Québec, In Canada We Trust ». Réflexion sur l’identité québécoise de Victor Teboul
  1. Charles Talon dit :

    M. Teboul, historien devrait savoir que le Québec a été le premier peuple de tout l’empire britannique à élire un député juif au parlement, et ce, au XIXe siècle.
    Les étudiants de McGill (anglos) ont fait une journée de grève pour protester contre l’admission à leur université d’un premier étudiant juif… Et ce bateau de réfugiés juifs fuyant les nazis, qu’on a forcé à faire demi-tour? Il est vrai que le Canada anglais a beaucoup à se faire pardonner, et pas seulement par les juifs…

    • Victor Teboul dit :

      Cher monsieur,

      Je suis bien évidemment au courant du député que vous évoquez, et il en est question dans mon essai. De plus, si vous preniez la peine de lire mon essai, vous découvririez bien des choses dont il est peu question dans nos livres d’histoire. Enfin, si les «anglos», comme vous les nommez, ont bien des choses à se faire pardonner, ils ont au moins reconnu leurs torts, et ils ne sont pas aussi frileux que nous, francophones, lorsqu’il s’agit d’en discuter publiquement.

  2. Benoît Bergeron dit :

    Contrairement à Victor Teboul, Robert Gagnon, historien de l’UQÀM, démontre que ce sont les juifs, eux-mêmes, qui ont choisi de s’intégrer à la communauté anglophone dès les années 1880.

    D’abord, pour bien saisir l’état de l’éducation nationale du 19e siècle jusqu’en 1960,il faut rappeler que chaque groupe confessionnel (protestant et catholique) finançait l’éducation de leurs coreligionnaires par leurs taxes. Puisque les protestants étaient plus riches et moins nombreux que les catholiques, les subsides par élève protestant étaient substantiellement plus élevés que chez les catholiques.

    Ce rappel étant fait, dans son livre, Histoire de la Commission des écoles catholiques de Montréal (CECM) aux pages 85 et 86, M. Gagnon rappelle à la mémoire que l’ancêtre de la CECM, le Bureau des écoles catholiques, avait conclu une entente en 1887 avec les riches communautés juives portugaise et espagnole pour payer 80% de leur taxe scolaire. Toutefois, conseillés par la Commission scolaire protestante, les juifs allemands et polonais, infortunés, réclament le même traitement que celui réservé aux riches juifs. Il s’en suit une négociation entre le rabbin DeSola et le Bureau, négociation qui échoue. Finalement, tous les juifs, riches et pauvres, passent à la riche commission scolaire protestante. De plus en 1903, sous la pression des juifs, le gouvernement du Québec adopte une loi assimilant les juifs aux protestants à des fins scolaires, p. 128.

    Du reste, cette préférence pour les écoles protestantes n’est pas propre aux juifs. C’est aussi le fait de tous les immigrants catholiques, qu’ils soient irlandais, italiens, polonais ou ukrainiens, qui, à l’instar des juifs, ont préféré se joindre aux anglais.

    Est-ce bien de l’antisémitisme des Canadiens-français dont il s’agit ?

  3. Marie-Claire Mailloux dit :

    Bonsoir M. Desmarteau,

    Très intéressant,j’abonde dans le même sens que M.Teboul et pense qu’il serait temps de se connaitre davantage.