Remorquage du pétrolier Exxon Valdez, deux mois après le déversement de près de 11 milions de gallons de pétrole au large de l’Alaska.

Remorquage du pétrolier Exxon Valdez, en 1989 deux mois après le déversement de près de 11 milions de gallons de pétrole au large de l’Alaska.
Photo Credit: PC / AP/Al Grillo

Comment le Canada fait-il pour surveiller ses 243 000 kilomètres de côtes?

C’est la bonne question que nous pose un des auditeurs de Radio Canada International en France. Avec seulement 35 millions de citoyens, mais le plus long littoral au monde cerné par trois océans, il se demande comment nous faisons pour assurer la sécurité de notre territoire et nous prémunir contre l’infiltration des terroristes et autres malfaiteurs tels que des contrebandiers.

Brise-glace de la garde côtière canadienne
Brise-glace de la garde côtière canadienne © Garde cotière canadienne

Pour la surveillance du trafic maritime, le Canada mise peu sur sa garde côtière aux effectifs dispersés. Le gros des efforts porte sur le déploiement de satellites de détection sans cesse plus puissants.

Le dernier-né est le microsatellite de surveillance maritime et de messagerie (M3MSat) lancé il y a quelques mois par l’Organisation de recherche spatiale de l’Inde (ISRO) depuis Sriharikota, en Inde.

La mission de M3MSat est d’améliorer la détection des navires et la gestion du trafic maritime dans les eaux canadiennes, un peu comme un centre de navigation aérienne.

M3MSat © Agence Spatiale Canadienne

Le satellite contient de nouvelles technologies qui seront mises à l’essai au cours des prochains mois dans l’espace, dont une antenne conçue par l’Université de Waterloo en Ontario.

L’antenne devrait permettre à la fois de mieux identifier les navires et de mieux distinguer les signaux conflictuels du système d’identification automatique dans les régions où le trafic maritime est intense.

M3MSat a été créé conjointement par l’Agence spatiale canadienne (ASC) et Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC) pour l’atteinte d’objectifs qu’on dit complémentaires…

Les Canadiens se souviennent de la tragédie du pétrolier Exxon Valdez en mars 1989

Le 24 mars 1989, le tristement célèbre Exxon Valdez s’écrase contre un récif au large de l’Alaska. Plus de 41 millions de litres de pétrole sont déversés dans les eaux arctiques.
Le 24 mars 1989, le tristement célèbre Exxon Valdez s’écrase contre un récif au large de l’Alaska. Plus de 41 millions de litres de pétrole sont déversés dans les eaux arctiques. © AFP/STF

Il y a 28 ans, le 24 mars 1989, un pétrolier géant américain s’échouait sur la côte de l’Alaska et provoquait une importante marée noire. Cette affaire entraîna des modifications majeures de la législation nord-américaine sur le transport maritime, en particulier de pétrole.

Mais il semble que les côtes canadiennes seraient encore à la traîne en matière de mesures d’urgence en cas de nouveau déversement, particulièrement le long de la côte arctique et de la côte est du Canada.

En fait, contrairement aux affirmations répétées du gouvernement canadien, plusieurs experts indépendants estiment que le Canada est toujours complètement incapable de repousser de ses côtes la prochaine marée noire à la Exxon ou à la BP. Il y aurait au premier chef un manque de coordination entre la Garde côtière canadienne et les responsables du ministère des Transports.

En temps ordinaire, cette coordination est déjà tout un défi à relever dans un pays qui a le plus long littoral au monde et qui est bordé par les trois grands océans de la planète, Atlantique, Pacifique et Arctique.

Alors que le Canada augmente le passage du pétrole en milieu marin, les pressions augmentent pour que le gouvernement donne notamment à la Garde côtière canadienne la capacité de réagir lorsque survient un accident pétrolier important.

Le saviez-vous?
Une mer de pétrole circule le long des côtes canadiennes
D’une longueur de 243 000 kilomètres, le littoral du Canada est le plus long au monde.
Au quotidien, 180 bâtiments de plus de 500 tonneaux naviguent dans la zone économique exclusive du Canada (à 200 milles marins du littoral).
Le volume de pétrole transporté sur ces eaux canadiennes est stupéfiant.
Chaque année au Canada, plus de 1000 navires transportent environ 50 milliards de litres de pétrole brut ou de gaz.
Chaque année, 80 millions de tonnes de pétrole sont expédiées à partir des côtes est et ouest du Canada.

Un pétrolier sur le Saint-Laurent
Un pétrolier sur le Saint-Laurent

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2 comments on “Comment le Canada fait-il pour surveiller ses 243 000 kilomètres de côtes?
  1. Bielle jacques dit :

    Le volume de pétrole transporté sur ces eaux canadiennes est stupéfiant et ce qui est effrayant c’est de penser que la plus grande partie va aller où ?