L’image montre un exemple du type de messages reçus par les cibles du logiciel Pegasus. Dans ce cas, M. González a reçu un message où on l’invitait à se rendre sur le site d’un journal où on aurait fait mention de son nom.

L’image montre un exemple du type de messages reçus par les cibles du logiciel Pegasus. Dans ce cas, M. González a reçu un message où on l’invitait à se rendre sur le site d’un journal où on aurait fait mention de son nom.
Photo Credit: ©Citizen Lab, 2017

Le gouvernement mexicain serait à l’origine de cyberespionnage de civils, disent des experts canadiens

Un groupe de chercheurs de l’Université de Toronto a présenté des éléments nouveaux concernant un vaste scandale d’espionnage contre des civils mexicains. Selon The Citizen Lab, deux avocats spécialisés en droits de l’homme ainsi que le directeur des Mexicains contre la corruption et l’impunité (MCCI) ont été espionnés avec le logiciel sophistiqué Pegasus, de la société israélienne NSO Group.

Les cas des avocats Karla Micheel Salas et David Peña et de Claudio X. González s’ajoutent à 19 autres ayant été répertoriés dans les cinq rapports de ce laboratoire interdisciplinaire canadien axé sur les liens entre les technologies de l’information, les droits de l’homme et la sécurité mondiale

Voici un exemple du type de messages reçus par les cibles des espions. Dans ce cas, celui reçu par l’avocate Karla Micheel Salas :

Dans une interview accordée à Radio Canada International, John Scott-Railton, auteur principal du rapport, explique de quelle manière Citizen Lab s’y est pris pour arriver à la conclusion que le logiciel Pegassus est indûment utilisé au Mexique. Écoutez l’entrevue :

La surveillance de Salas et de Peña aurait eu lieu en 2015 dans les semaines qui ont suivi la remise en question faite par ces deux juristes du traitement par le procureur général du Mexique des tueries de la militante Nadia Vera, du journaliste Rubén Espinosa et de trois autres femmes dans un appartement de la ville de Mexico en juillet de cette année. Les victimes ont été torturées et battues à mort.

L’espionnage de González se serait passé en juillet et en août 2016, alors que le MCCI travaillait dans le plaidoyer en faveur d’une législation anticorruption du Mexique. Son directeur, Claudio X. González, a reçu deux messages texte visant à l’avertir qu’on parlait de lui dans les journaux El Universal et Proceso, deux publications mexicaines importantes. Les SMS étaient des tromperies conçues pour l’inciter à cliquer sur les liens qui auraient entraîné l’infection de son appareil par le logiciel malveillant Pegasus.

The Citizen Lab, basé à Munk School for Global Affairs de l’Université de Toronto, a prouvé que les téléphones mobiles des avocats Salas et Peña et de l’entrepreneur González étaient la cible de messages texte conçus pour les infecter avec le logiciel Pegassus fabriqué par le Groupe NSO basée en Israël.

Citizen Lab avait déjà déterminé l’envoi du même type de messages à 19 personnes ou groupes mexicains, parmi lesquels figurent, comme le montre l’image, des personnalités importantes des médias du pays, dont Carmen Aristegui et des militants et des défenseurs des droits de l’homme et même des autorités gouvernementales. En outre, parmi les personnes espionnées avec le même programme informatique, on compte également les experts internationaux qui ont critiqué l’enquête menée par le gouvernement sur les 43 étudiants d’une école rurale disparus en 2014.

L’image suivante montre les 22 cas d’espionnage de civils mexicains confirmés par Citizen Lab. Par secteurs d’activité, on peut voir des personnes ou des groupes de personnes qui ont été espionnés avec le logiciel Pegassus au Mexique et qui travaillent dans les médias, dans le milieu juridique, en santé publique, au gouvernement, dans les unités anticorruption, dans des enquêtes internationales.

Le Groupe NSO affirme qu’il ne vend le programme Pegasus qu’aux gouvernements qui désirent accéder au contenu des téléphones cellulaires de criminels et de terroristes tout en les transformant en équipement d’écoute. Pour sa part, Citizen Lab confirme que ces termes ont été clairement violés au Mexique, bien qu’ils n’aient pas obtenu de preuve concluante de la participation du gouvernement dans cette stratégie.

Le président mexicain Enrique Peña Nieto a rejeté toute suggestion selon laquelle son gouvernement est responsable de la surveillance de ces personnes. Le bureau du procureur général, l’une des agences de l’État qui ont acheté le logiciel Pegasus, a d’ailleurs ouvert une enquête sur la question. Cependant, les victimes ont exprimé leurs doutes quant à l’impartialité de cette investigation et ont demandé une enquête internationale indépendante.

Depuis 2016, Citizen Lab et ses partenaires Red de Defensa de los Derechos Digitales – R3D, SocialTic et Article 19 ont mené une enquête sur l’abus commis au Mexique avec l’aide des logiciels espions exclusifs aux gouvernements. Dans les six rapports, publiés entre août 2016 et août 2017, Citizen Lab a trouvé des tentatives d’infections digitales abusives et potentiellement illégales contre de multiples journalistes, avocats, enquêteurs internationaux, praticiens de la santé publique, politiciens supérieurs et militants anticorruption.

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