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Comment les vertus du gaz naturel sont gonflées artificiellement

La nature l’a peut-être créé, mais le gaz dit « naturel » demeure un polluant constitué à 80 % de méthane.

© Nicolas Steinbach/Radio-Canada

Les discours de l’industrie et de plusieurs responsables gouvernementaux viennent pourtant dessiner dans la tête des consommateurs l’image d’un produit propre, dont l’empreinte environnementale est négligeable.

Le lobby gazier, particulièrement actif au Québec et en Colombie-Britannique en ce moment, fait miroiter à répétition des projets de gazoduc ou d’usines de liquéfaction qui seraient bénéfiques pour tous.

Ces projets seraient non seulement bons pour le commerce et nos exportations, mais ils permettraient aussi de faire le pont vers une économie sans carbone.

De l’avis pourtant d’experts qui ne sont pas à la solde de cette industrie, le gaz naturel n’est pas une énergie propre.

Et si nous faisions fausse route?

Des écologistes et professeurs en environnement soutenaient cette semaine à Montréal qu’il est faux d’affirmer que le gaz naturel est une bonne énergie de transition.

Au cours d’une conférence de presse, mardi à Montréal, ils ont affirmé que le recours au gaz naturel éloignait en fait le Québec et le Canada de leurs cibles de réduction des gaz à effet de serre.

Le méthane, qui compose une bonne partie du gaz naturel, contribuerait même davantage, sur une période de 20 ans, au réchauffement climatique que le simple CO2.

En additionnant toutes les formes de pollution liées à l’extraction et à l’utilisation du gaz naturel, on constate que ce gaz n’est pas aussi avantageux que l’affirment ses distributeurs, Gaz Métro et compagnie.

Écoutez

Remise en cause de l’aspect « vert » des projets d’exportation de gaz naturel liquéfié du Canada

Une installation de traitement de gaz naturel liquéfié en Colombie-Britannique.
Une installation de traitement de gaz naturel liquéfié en Colombie-Britannique. © britishcolumbia.ca

Les bienfaits environnementaux de l’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) sont remis en cause par une étude de l’Institut C. D. Howe publiée il y a deux semaines.

Des exportations canadiennes de GNL ne réduiraient les émissions de dioxyde de carbone que dans certaines régions de l’Asie, indique le rapport qui souligne qu’elles auraient plutôt l’effet contraire dans la majorité des autres marchés.

Le développement des exportations de ce carburant requiert de l’énergie pour la liquéfaction du gaz naturel ainsi que pour son transport vers des centrales électriques à l’étranger.

Les auteurs de l’étude, James Coleman et Sarah Jordaan, affirment que ces exportations pourraient néanmoins réduire les émissions globales de gaz à effet de serre (GES) si elles remplaçaient le charbon ou le pétrole dans l’alimentation des centrales électriques en Chine, en Inde, au Japon, de même qu’à Taïwan.

Leur rapport a cependant relevé que les émissions de GES bondiraient dans 9 des 13 marchés envisagés par le Canada, car ces pays sont dotés d’importantes sources d’énergie renouvelable et à faibles émissions de carbone. Les chercheurs ont conclu qu’il est « loin d’être certain » que des exportations canadiennes de GNL puissent faire fléchir les émissions globales de GES.

La publication de ce rapport survient après que la Colombie-Britannique eut vu plusieurs de ses projets relatifs au GNL être tablettés.

Un navire pour exporter du gaz naturel liquéfié
Un navire pour exporter du gaz naturel liquéfié © STR/AFP/Getty

Une manière « sécuritaire », « propre» et « efficace » de chauffer nos maisons?

© CBC

Le « gaz naturel » devient au Canada de plus en plus l’option privilégiée par les responsables municipaux pour chauffer nos résidences au fur et à mesure que les usines thermiques au charbon mettent fin à leurs activités.

On impose bien souvent aux Canadiens l’idée que ce gaz naturel est un produit local bien de chez nous, ce qui réduirait encore plus son empreinte sur l’environnement et contribuerait au développement économique du pays.

Si le Québec semble généralement faire exception à cette tendance nationale en raison de sa production massive d’hydroélectricité, il existe tout de même périodiquement sur le territoire québécois d’ambitieux projets liés au gaz et à son transport.

Pensez-y bien!
Naturel ne veut pas forcément dire bon pour l’environnement
L’idée ne nous viendrait pas aujourd’hui de parler de « pétrole naturel », produit qui une fois raffiné et utilisé par nos moteurs se révèle toxique pour notre atmosphère et notre environnement.
Alors, selon la même logique, comment peut-on accepter sans sourciller d’entendre parler de gaz « naturel »?
L’industrie du gaz nous impose par l’ajout de ce qualificatif l’image d’une ressource pratiquement verte et bonne pour nos politiques environnementales.

Une poussée contrôlée de gaz naturel au Canada
Une poussée contrôlée de gaz naturel au Canada © SaskEnergy

RCI avec La Presse canadienne et la contribution de Alex Boissonneault, Claude Bernatchez et Sandra Gagnon de Radio-Canada

En complément

Une étude remet en cause les projets d’exportation de gaz naturel liquéfié – Radio-Canada 

Usine de gaz naturel à Bécancour : le projet reçoit le feu vert du BAPE – Radio-Canada 

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Publié dans : Économie, Environnement

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