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Nouvelle tactique controversée en Ontario pour s’attaquer à l’écart salarial hommes-femmes

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Plus de 20 années d’application d’une loi provinciale interdisant aux compagnies de payer une femme moins qu’un homme à salaire égal n’ayant pas atteint complètement le résultat escompté, la province la plus populeuse du Canada veut se tourner vers la transparence salariale complète.

Kathleen Wynne - Photo : Radio-Canada

Kathleen Wynne – Photo : Radio-Canada

Le gouvernement libéral de Kathleen Wynne a déposé mardi un projet de loi qui imposerait dans un premier temps à tous les employeurs qui affichent un poste publiquement d’en dévoiler la rémunération ou l’échelle salariale.
Ultimement, on espère qu’un jour les employés pourront connaître à tout moment la rémunération de tous leurs collègues de travail.

Dans l’immédiat, le projet de loi propose que les employeurs ne puissent pas interroger un candidat à un emploi sur sa rémunération antérieure. Aussi, des mesures de représailles à l’endroit d’employés qui discuteraient entre eux de leur rémunération seraient dorénavant interdites.

Ces mesures de transparence salariale s’appliqueraient tout d’abord au secteur public de la province avant de se propager aux compagnies qui emploient plus de 500 personnes, puis à celles qui en emploient plus de 250. Les entreprises qui ne respecteraient pas la loi en matière d’équité et de transparence pourraient écoper d’amendes.

Le saviez-vous?
– Dans certaines industries ou secteurs de l’économie en Ontario, les femmes gagneraient jusqu’à 30 % de moins que les hommes, et cet écart n’aurait pas diminué depuis une dizaine d’années.
– Au Québec, malgré l’important rattrapage effectué au cours des 40 dernières années, les femmes ne gagnent aujourd’hui que 75 % du salaire des hommes.

Prendre exemple sur d’autres pays

Le ministre du Travail de l'Ontario, Kevin Flynn. Photo : Radio-Canada

Le ministre du Travail de l’Ontario, Kevin Flynn. Photo : Radio-Canada

Le ministre du Travail de l’Ontario, Kevin Flynn, a expliqué mardi que pour rédiger son projet de loi, le gouvernement s’était inspiré de ce qui se faisait déjà ailleurs, notamment en Allemagne, en Australie et au Royaume-Uni. Il soutient que ces pays ont réussi à réduire de moitié l’écart salarial en peu de temps. « Nous croyons pouvoir le faire en trois ou quatre ans », a prédit le ministre Flynn.

La première ministre de l’Ontario, qui doit se représenter aux élections provinciales de juin prochain, affirme qu’il est temps de mettre un terme aux iniquités salariales entre les hommes et les femmes qui persistent dans sa province.

« Nous devons nous pencher sur les réalités vécues par les femmes », a expliqué mardi la première ministre Wynne, dont l’équipe libérale a fait de l’équité un des enjeux de la prochaine campagne électorale en vue du scrutin de juin. « Les femmes ne touchent toujours pas le même salaire que les hommes. Leur horizon est limité dès leur plus jeune âge. Nous devons cesser de les traiter de cette façon. »

« À l’heure actuelle, on constate en milieu de travail du ressentiment et de l’hostilité à cause du manque de transparence – les gens se demandent comment est payé ce collègue ou celui-là », a soutenu Mme Wynne. «Notre projet de loi vise précisément cela. Je crois que les gens peuvent composer avec des informations justes.»

Cette initiative de «transparence salariale»  est dotée d’un budget de 50 millions sur trois ans.

Au Canada pendant ce temps

Le Canada n’arrive pas à combler le retard salarial des femmes. Se comparer en fait, c’est se désoler. En ce qui concerne l’importance de l’écart salarial, le Canada se classe en 7e place sur 33 pays de l’OCDE.

Seule consolation, le Québec est la province où l’écart salarial entre les hommes et les femmes est le moindre au Canada, après l’Île-du-Prince-Édouard. Pour un dollar gagné par les hommes, les femmes y gagnent en moyenne 80 ¢, et 73 ¢ dans le reste du Canada.

Au fait, Le revenu hebdomadaire moyen des employés salariés non agricoles au Canada s’établissait à 988 $ en novembre dernier. Cela représente une augmentation de presque 3 % par rapport à 12 mois plus tôt.

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RCI avec La Presse canadienne et Radio-Canada

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Publié dans : Économie, Politique, Société

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