Risques d’une consommation prolongée du cannabis sur la santé mentale des jeunes

Consommer du cannabis sur le long terme a des effets négatifs chez les jeunes
Photo Credit: Ben Nelms/Reuters

Risques d’une consommation prolongée du cannabis sur la santé mentale des jeunes

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Les jeunes qui ont une consommation précoce du cannabis et qui n’y renoncent pas pendant l’adolescence sont plus susceptibles que les autres d’éprouver des difficultés dans leur éducation et leur vie professionnelle, et d’avoir des problèmes de santé. C’est l’une des constatations d’une étude longitudinale de 10 ans sur l’usage du cannabis chez les jeunes de Victoria en Colombie-Britannique.

L’étude a été réalisée par une équipe dirigée par les professeures de psychologie Kara Thompson, de l’Université Saint-François d’Antigonish en Nouvelle-Écosse, et Bonnie Leadbeater, de l’Université de Victoria en Colombie-Britannique. Les chercheurs ont examiné une décennie de données de l’Enquête sur la santé des jeunes de Victoria, qui a suivi pendant 10 ans une cohorte de 662 jeunes âgés de 12 à 18 ans. Ils ont été interviewés tous les deux ans sur leur consommation de substances psychoactives et sur leur bien-être général.

Les chercheurs ont été surpris de constater le nombre élevé de jeunes (un sur 10) considérés comme des consommateurs chroniques. À 13 ans, dit Kara Thompson, des jeunes consomment déjà du cannabis plus d’une fois par semaine et ils continuent à le faire comme jeunes adultes, sans montrer le moindre signe de déclin.

Un bon pourcentage de jeunes qui commencent à fumer du cannabis tôt continuent de le faire à l’âge adulte.

Le cas de Victoria n’est pas unique

Bien que la recherche ait examiné un groupe de jeunes de la Colombie-Britannique, Kara Thompson affirme que les résultats seraient similaires en Nouvelle-Écosse. Si l’on observe les tendances les plus récentes de l’Enquête canadienne sur le tabac, l’alcool et les drogues, note-t-elle, la Nouvelle-Écosse rapporte que 22 % des élèves de la 7e à la 12e année ont consommé du cannabis et en Colombie-Britannique, c’est 20 %. Ce qui fait dire à Mme Thompson que les statistiques actuelles suggèrent que dans les Maritimes, la situation est similaire à celle de la Colombie-Britannique.

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Kara Thompson, professeure de psychologie à l’Université St-François Xavier de Nouvelle-Écosse.

Pour Kara Thompson, il ne fait pas de doute que pour comprendre les impacts à long terme de la consommation de cannabis chez les jeunes, les chercheurs devaient les suivre pendant un certain temps, examiner comment ils utilisent la substance et comment leurs habitudes de consommation changent avec le temps.

Comprendre l’évolution de la consommation

La particularité de cette recherche, selon Mme Thompson, est le caractère unique des données issues d’un suivi des jeunes à un moment où ils étaient particulièrement exposés à la consommation de stupéfiants. C’est aussi une période très formatrice où les jeunes établissent les fondements d’un mode de vie sain, de l’éducation, du bien-être économique, ou découvrent le marché du travail. Donc, selon Kara Thompson, comprendre comment la consommation du cannabis se développe et évolue est vraiment la clé pour être en mesure de changer les modèles, et prévenir une consommation à haut risque.

« Nous avons des messages d’avertissement pour les cuves thermales, pour les cigarettes et les opiacés, pour les médicaments d’ordonnance sur les effets secondaires de ces médicaments. Et il ne serait pas surprenant que nous ayons la même chose pour le cannabis. »Kara Thompson
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Bonnie Leadbeater de l’Université de Victoria en Colombie-Britannique.

Kara Thompson dit espérer que les résultats de la recherche vont inciter les pouvoirs publics et les autres responsables de la santé publique à en tenir compte dans la conception et la mise en place de politiques actuelles et futures en matière de cannabis.

Même son de cloche du côté de Bonnie Leadbeater de l’Université de Victoria. Elle affirme que la légalisation prochaine du cannabis au Canada devrait nous inciter à enrichir nos connaissances sur la consommation de cannabis chez les jeunes.

Elle dit espérer que leur travail mettra en lumière la façon dont les jeunes Canadiens consomment cette substance pendant l’adolescence et à l’âge adulte, ce qui pourrait apporter un éclairage sur les différents modes d’usage du cannabis et leurs effets sur la santé mentale et le bien-être des jeunes.

(Source: Université Saint-François-Xavier, Halifax Star, CP)

Quelques données

    • 44,5 % des Canadiens de 15 ans et plus avaient déjà consommé du cannabis au cours de leur vie. Cela correspond à :
    •    52,1 % des hommes;
    •    37,2 % des femmes.
    • 12,3 % de la population rapportait avoir fait usage du cannabis, ce qui représente 3,1 millions de consommateurs.
    • Les jeunes adultes (20 à 24 ans) représentent le groupe où l’on retrouve la plus grande proportion de consommateurs de cannabis, soit près de 30 %.
    • Plus d’un jeune Canadien sur 5 (20,6 %) âgé de 15 à 19 ans a rapporté avoir consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois
    • La prévalence de l’usage de cannabis chez les adolescents et les jeunes adultes est respectivement de 2 à 3 fois plus élevée que celle observée chez les adultes de 25 ans et plus (9,9 %).
    • La proportion d’hommes (14,9 %) qui ont déclaré avoir fait usage de cannabis est plus élevée que celle observée chez les femmes (9,7 %).

(Source: Enquête canadienne sur le tabac, l’alcool et les drogues (ECTAD) de 2015 )

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Publié dans : Politique, Santé, Société

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