Environ 90 % des mesures de l’AECG sont entrés en vigueur dès le 21 septembre 2017, en attendant les ratifications nationales des 28 pays de l’Union européenne. Photo : Reuters/Francois Lenoir

L’Italie ne ratifiera pas l’accord de libre-échange avec le Canada

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Cette décision du gouvernement italien, en plus de sa recommandation formulée au Parlement européen de rejeter l’Accord économique global (AECG), est motivée par le fait que cet accord « n’assurerait pas une protection suffisante » de certains aliments spécifiques à son pays.

Des garanties de protection insuffisantes pour ses produits alimentaires portant des étiquettes AOP et IGP?

L’Italie reproche au Canada d’avoir reconnu seulement 40 étiquettes italiennes d’Appellation d’origine protégée (AOP) et d’Indication géographique protégée (IGP) sur un total de 292, ce qui n’est pas du tout rassurant pour le pays qui estime que l’AECG n’offre pas suffisamment de garanties de protection pour un bon nombre d’aliments considérés comme des spécialités italiennes.

« Nous ne ratifierons pas le traité de libre-échange avec le Canada, car il ne protège qu’une petite partie de nos produits AOP » – Gian Marco Cintinaio, ministre italien de l’Agriculture

L’Italie dispose, au sein de l’Union européenne, d’un plus grand nombre de produits alimentaires avec les étiquettes AOP et IGP, dont le Parmigiano Reggiano, et le Prosciutto di Parma, deux produits absents de la liste de ceux qui bénéficieraient d’une protection suffisante, selon le ministre de l’Agriculture.

Par ailleurs, les agriculteurs italiens redoutent le fait que les importations de blé canadien viennent mettre en péril leur production.

Gian Marco Gentinaio, le ministre italien de l’Agriculture, lors de la prestation de serment au palais du Quirinal à Rome, en Italie, le 1er juin 2018 (Tony Gentile#Reuters)

Le Parlement européen ratifiera-t-il l’AECG?

Par une majorité de 408 voix contre 254, le Parlement européen avait ratifié l’AECG en février 2017. Mais pour que ses textes rentrent en vigueur de manière définitive, il faut que la totalité des 28 membres de l’UE l’ait signé.

Pour le moment, 90 % des mesures de cet accord sont en vigueur depuis 10 mois, en attendant que tous les membres l’approuvent. Cette entrée en vigueur à titre provisoire exempte de droits de douane plusieurs produits et permettent au bœuf canadien d’aller à la conquête du marché européen, tout comme son blé. En retour, le fromage et le vin européens ont pignon sur rue au Canada.

Le nouveau ministre italien de l’Agriculture estime que cet accord est peu avantageux pour son pays, dans la mesure où il a entraîné une augmentation des échanges commerciaux internationaux. Cela compromettrait d’autres accords importants, notamment celui signé en 2011 entre l’UE et la Corée du Sud.

Selon lui, les exportations italiennes internationales, qui représentent chaque année près de 41 milliards d’Euros (62 milliards de dollars canadiens), pourraient tripler si, à l’échelle internationale, une lutte sérieuse est menée contre les produits contrefaits.

Un employé inspecte une meule de parmesan dans une chambre froide à Montecavolo, près de Reggio Emilia en Italie

Dans une entrevue accordée au quotidien La Stampa, le ministre Santinaio a affirmé que « les doutes sur cet accord sont partagés par beaucoup de ses collègues européens » et a soutenu que l’accord est « mauvais et risqué » pour l’Italie.

C’est ainsi qu’il a lancé l’appel au Parlement européen à ne pas ratifier l’AECG.

En réaction à la décision italienne, la Commission européenne a dit travailler en étroite collaboration avec les membres de l’UE pour s’assurer que les accords commerciaux soient bénéfiques pour tous.

Le nouveau ministre italien de l’Agriculture appartient au Parti de la Ligue d’extrême droite qui a formé un gouvernement de coalition avec le Mouvement 5 étoiles. Cette coalition est engagée à protéger les produits portant la marque italienne (Made in Italy).

Il faut mentionner que le ministre canadien du Commerce international, Jean-Philippe Champagne, était de passage en Italie il y a quelques jours.

Il a vanté les avantages de l’AECG et souligné qu’un bon nombre de pays l’ont d’ores et déjà signé, tout en rappelant la nécessité de poursuivre le dialogue avec tous les autres membres de l’UE afin d’obtenir leur appui.

Avantages de l'AECG pour le Canada
La version définitive de l’AECG permettra aux exportateurs canadiens d’accéder à un marché de 500 millions de citoyens et consommateurs.

Le Canada est déjà le 12e partenaire de l’Union européenne en ce qui concerne les importations. Seulement 1,6 % des importations européennes proviennent du Canada.

En contrepartie, 2 % des exportations européennes prennent la direction du Canada.

On estime que cet accord de libre-échange pourrait accroître les échanges commerciaux de 20 à 25 % entre les deux partenaires.

Les exportations canadiennes vers l’Europe s’élèvent présentement à 45 milliards de dollars.

RCI avec CBC, Reuters et Radio-Canada

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Publié dans : Économie, International

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