La Saint-Valentin

L’organisme international chargé des normes alimentaires veut harmoniser les niveaux de présence acceptable dans le chocolat du cadmium, un métal lourd dangereux.
Photo Credit: IS / Getty Images

Délicieux, le chocolat peut être aussi dangereux à cause du cadmium

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Le chocolat est populaire. Pas juste à Pâques ou à la Saint-Valentin. C’est un aliment à l’odeur enivrante, à la texture délicate et aux saveurs multiples… On peut le croquer ou le laisser fondre dans la bouche. Petits comme grands n’ont pas besoin d’un apprentissage pour l’apprécier. Et pourtant, le chocolat n’est pas un aliment parfait. Il contient un métal lourd et dangereux pour la santé, le cadmium. Quel niveau maximum de ce métal est acceptable dans le chocolat? Un organisme onusien statue sur la question à Rome.

La Commission du Codex Alimentarius, ça vous dit quelque chose? Peut-être pas. Pourtant, c’est un organisme très important pour les denrées alimentaires que nous consommons. En plus de dicter les normes, les lignes directrices et les codes d’usages, cette commission promeut les pratiques loyales en matière de commerce des aliments.

Créée par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la Commission du Codex Alimentarius élabore et met à jour le « Code alimentaire » qui donne des indications sur la qualité et la sécurité sanitaire des produits qui garnissent les tablettes des épiceries ou circulent de pays en pays.

Des risques élevés pour la santé

Parmi les sujets de préoccupation de la Commission cette année : la présence de cadmium dans le chocolat. Ce métal lourd est toxique pour les reins. Il faut beaucoup de temps pour que ses quantités accumulées dans les reins disparaissent du corps. Cette substance peut également altérer l’ADN et développer le cancer, provoquer des problèmes au système immunitaire, à l’appareil respiratoire, nuire à la reproduction, voire causer de l’infertilité. On l’associe aussi au désordre psychologique, à la fracture des os, à la diarrhée, aux douleurs d’estomac et aux vomissements importants.

Environ 25 000 tonnes de cadmium sont libérées par an. Environ la moitié de ce cadmium se trouve dans les rivières lors de l’usure de la roche et, du cadmium est libéré dans l’air lors des feux de forêts et par les volcans. (photo : Wikipedia)

Présent dans la croute terrestre, le cadmium est libéré dans l’environnement de façon naturelle. On le retrouve dans les fèves de cacao, soit par l’action humaine (pollution industrielle, pollution agricole avec l’utilisation de pesticides), soit de façon naturelle (les sols volcaniques sont riches en cadmium).

Dans ce second cas, le transfert se fait du sol vers la plante, et le cadmium s’accumule sur les feuilles et dans les fruits. Somme toute, l’acidité des sols, jumelée aux pratiques agricoles (épandages d’engrais, utilisation des cabosses et des feuilles comme source d’humus, etc.) semblent favoriser la présence du cadmium dans le cacao, la matière première du chocolat.

Problème : plus de 90 % du cadmium absorbé à travers le cacao peut passer directement dans le système sanguin. Devant l’impossibilité de l’éliminer complètement du chocolat, il faut en fixer des seuils acceptables. Au sein de l’Union européenne par exemple, à compter du 1er janvier 2019, les produits du cacao devront se conformer à trois niveaux maximaux de présence de cadmium (0,1 mg/kg, 0,5 et 0,8), en fonction du contenu des variétés.

Pour le secrétaire du Codex, Tom Heilandt, il n’y a pas de nouvelles préoccupations liées au chocolat.
(photo: Codex)

Il n’y a pas un nouveau problème avec le chocolat

Pour le chocolat au lait contenant moins de 30 % de cacao, la valeur maximale sera de 0,1 mg/kg. Quant au chocolat au lait avec plus de 30 % de cacao, et pour celui ayant moins de 50 % de cacao, elle sera de 0,3 mg/kg. Enfin, pour le chocolat contenant plus de 50 % de cacao, elle sera de 0,8 mg/kg. Ailleurs dans le monde, ces seuils sont variables. C’est pour cette raison que la Commission veut baliser le terrain.

Toutefois, le secrétaire du Codex, Tom Heilandt, se veut rassurant. Il n’y a pas soudain de préoccupation spéciale d’un point de vue sanitaire concernant le cadmium dans le chocolat. En revanche, il y a eu des problèmes en matière de commerce.

« Certains pays n’ont pas accepté le chocolat d’autres pays parce qu’ils ont des limites différentes. Il y a donc une harmonisation des différentes limites à effectuer, c’est la question qui se pose maintenant, dit-il. C’est la négociation qui se passe dans la Commission en ce moment. « Le but principal de cette Commission, rappelle-t-il, est de protéger la santé des consommateurs et d’assurer des pratiques loyales dans le commerce alimentaire. »

(Sources : Codex, Onu Nouvelles)

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