Le cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) métastatique ALK-positif chez les adultes est désormais mieux traité au Canada. Crédit : Istock

« Le cancer du poumon causé par le gène ALK est désormais contrôlable grâce à des traitements ciblés » – Dr Blais

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Normand Blais, professeur agrégé au Centre hospitalier de l’Université de Montréal, présente le Brigatinib, aussi appelé Alunbrig. Ce nouveau médicament est destiné à une population très restreinte de patients avec un cancer du poumon au gène ALK. C’est un cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) métastatique à kinase positive du lymphome anaplasique (ALK-positif) chez les adultes. Selon le spécialiste, quand ce cancer a progressé ou qu’il est devenu intolérant à un inhibiteur de l’ALK (Crizotinib), l’Alunbrig est indiqué en monothérapie et donne de bons résultats

Connaître le type de cancer pour mieux cibler le traitement

Dr Normand Blais Crédit : Institut du cancer de Montréal

Le CPNPC métastatique à kinase positive du lymphome anaplasique chez les adultes est un cancer du poumon très spécial qui est caractérisé par un défaut particulier qu’on peut retrouver si on fait l’analyse génétique de la tumeur, explique Normand Blais.

Le problème commence généralement par le fait que tous les cancers du poumon se ressemblent quand on les analyse au microscope. Mais, peut-être de 1 % à 3 % des patients dans certaines situations vont avoir une anomalie moléculaire.

Il s’agit d’une caractéristique spéciale qu’on va retrouver dans l’ADN des cellules cancéreuses qui nous permet de distinguer ces cancers-là de la très grande majorité des cancers du poumon qui n’ont pas cette même anomalie. Lorsqu’on retrouve cette anomalie qu’on appelle une translocation du gène ALK dans la tumeur du cancer du poumon, c’est là qu’on peut le traiter avec des traitements très précis.

Ces traitements vont justement cibler l’anomalie génétique qui fait défaut, ce qui donne de très bons résultats pour les patients en général.

Le Brigatinib est un médicament qui s’enserre dans la famille des médicaments qui sont capables de bloquer des cancers du poumon qui ont cette mutation spécifique du gène ALK.

Alunbrig ou Brigatinib est indiqué en monothérapie pour le traitement du CPNPC chez les adultes qui sont intolérants au Crizotinib. Crédit : Istock.

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Alunbrig : une troisième chance d’avoir un traitement efficace

Il existe déjà plusieurs médicaments dans cette même famille. Le Crizotinib et l’Alectinib en font partie. Ils sont connus pour être également des bloqueurs de la protéine ALK.  Le Brigatinib est le troisième agent de la même famille qui donne une arme supplémentaire pour traiter les patients qui ont cette maladie rare, précise le Dr Normand Blais.

L’Alunbrig est particulier en ce sens qu’il va pouvoir être efficace, même lorsque les traitements conventionnels comme le Crizotinib et l’Alectinib font défaut. C’est donc une ressource supplémentaire chez des patients dont le traitement ne fonctionne plus.

Le cancer du poumon au gène ALK représente à peu près 1 % de l’ensemble des cancers du poumon au Canada. Au CHUM de Montréal, de 5 à 10 patients se présentent chaque année avec ce type de cancer.

Par rapport à l’ensemble des cancers du poumon, c’est un taux faible, mais il faut dire que le cancer du poumon est une maladie fréquente au pays. Santé Canada a reconnu à ce jour cinq médicaments comme étant efficace dans le traitement du cancer au gène ALK : le Crizotinib, l’Alectinib, le Sérétinib, l’Alunbric et le Lorlatinib.

Ces médicaments offrent de réels espoirs pour la prise en charge de la maladie qui avait été longtemps considérée comme étant rapidement mortelle, avec un pronostic situé à 11 ou 12 mois. Aujourd’hui, il n’est pas rare de rapporter des taux de survie de plus de cinq ans chez des patients soignés avec l’ensemble de ces traitements, souligne M. Blais.

Le Brigatinib tout seul n’est pas forcément la clé pour les patients qui ont cette maladie, mais l’ensemble des traitements utilisés de façon intelligente va permettre d’avoir le meilleur pronostic pour ces patients-là.

Normand Blais se veut prudent. Il faut attendre au mois d’octobre prochain pour savoir si réellement l’Alunbrig est le meilleur traitement pour les patients qui ont eu de mauvais résultats avec les traitements conventionnels.  Si les résultats sont plutôt intéressants, l’Alunbrig pourrait être utilisé en première ligne pour traiter les patients présentant un cancer du poumon au gène ALK, et non plus comme traitement de dernier recours lorsque tous les autres ont échoué.

Étant donné que ce médicament peut coûter très cher au patient, il convient que des négociations soient entamées entre la compagnie de fabrication, Takeda Canada, et les gouvernements provinciaux pour une possibilité de remboursement basée sur l’efficacité du produit.

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Publié dans : Santé, Société

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