Représentation de l'intelligence artificielle en entreprise. Photo : getty images/istockphoto/monsitj

Arriérée ou retardée : l’intelligence artificielle dans les entreprises canadiennes et québécoises tourne au ralenti

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Bien que Montréal et Toronto figurent parmi les plus importants pôles mondiaux de recherches dans ce secteur, les firmes canadiennes tarderaient à profiter des découvertes dans le domaine de l’intelligence artificielle, selon un rapport de Forbes Insights, un média axé sur les nouvelles et les informations relatives aux affaires, aux investissements et à la technologie.

Sur une liste de 10 pays fortement industrialisés, le Canada se classait en fait au dernier rang, avec seulement 31 % des entreprises ayant adopté des technologies intelligentes qui affirment que leur déploiement a été un succès, contre 59 % en Inde et 58 % en Allemagne.

Les entreprises canadiennes ont également la moins bonne note au chapitre de la résistance de la part des employés en raison de préoccupations liées à la sécurité de l’emploi, indique le rapport.

L’étude mondiale, réalisée par Forbes Insights en juillet 2018 et commandée par Accenture Applied Intelligence, SAS et Intel, a interrogé 305 dirigeants d’entreprise. La majorité de ces entreprises employaient plus de 5000 travailleurs.

L’entreprise montréalaise Automat programme des robots pour de grandes entreprises comme Vichy ou la Banque Nationale. Ces interlocuteurs virtuels jouent le rôle d’agent de service à la clientèle et clavardent avec les consommateurs. Photo : Radio-Canada

Les Canadiens seraient trop prudents et trop polis envers leurs employés

La grande prudence classique des Canadiens et « l’humilité de la part des cadres » expliqueraient ces scores décevants selon Jodie Wallis, responsable du dossier au Canada au sein de la multinationale d’Accenture, l’une des trois entreprises ayant commandé l’étude.

Considérée comme une des plus grandes entreprises de conseil dans le monde, Accenture fait notamment partie du Fortune Global 500, réunit environ 435 000 salariés et opère dans plus de 120 pays.

« Dans plusieurs pays, les organisations se lancent dans le déploiement sans se soucier de la façon dont seront traitées les questions d’éthique, révèle Mme Wallis. Les organisations canadiennes ont tendance à faire le contraire. Réfléchissons à toute l’éthique, puis nous procéderons au déploiement. »

Selon le rapport, près des trois quarts des entreprises canadiennes ont des comités d’éthique liés à l’intelligence artificielle. Il s’agissait de la plus forte proportion de tous les pays étudiés, selon l’enquête réalisée en ligne auprès de plus de 300 chefs d’entreprise.

Une employée dans une usine assistée de robots. Photo : Associated Press

Le Canada demeure pourtant un pôle mondial de créativité de l’intelligence artificielle

La faible pénétration de l’intelligence artificielle dans les entreprises canadiennes semble paradoxale dans un pays qui est déjà une pépinière mondiale dans le domaine.

Depuis deux à trois ans, Google, Microsoft, Facebook, Adobe et General Motors ont annoncé des investissements de plusieurs millions de dollars dans des centres de recherche en intelligence artificielle au Québec, en Ontario et en Alberta. Selon le Brookfield Institute, c’est maintenant à Montréal que l’on trouve la plus forte concentration d’emplois (220 000) dans le secteur de la haute technologie au Canada et la ville continue d’attirer les meilleurs talents du monde de l’intelligence artificielle.

Mais l’ensemble de ces nouveaux laboratoires éparpillés au Canada, qui travaillent souvent en collaboration avec des universités, sont encore relativement récents et la transition des découvertes vers les entreprises demeure embryonnaire.

À ce chapitre, lundi, en pleine campagne électorale, le chef du Parti libéral du Québec et premier ministre sortant, Philippe Couillard, s’est engagé à investir 80 millions de dollars supplémentaires sur quatre ans pour consolider la position du Québec parmi les chefs de file en intelligence artificielle.

Ce montant s’ajouterait aux 100 millions annoncés en 2017 pour le développement d’un écosystème d’intelligence artificielle dans la province. L’objectif est de soutenir le transfert technologique, c’est-à-dire le passage du laboratoire à l’entreprise.

Le PLQ veut aider les entreprises qui oeuvrent dans le domaine de l’intelligence artificielle. Photo : Radio-Canada/Dany Pilote

RCI avec La Presse canadienne et la contribution de Raymond Desmarteau, Alice Chantal Tchandem Kamgang, Mathieu Dugal, Louis Blouin et Catherine Perrin de Radio-Canada

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Publié dans : Économie, International, Internet et technologies

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