Le gouvernement canadien a promis durant la dernière campagne électorale d’adopter une réforme des lois du travail pour favoriser les demandes des travailleurs pour fiare du télé travail auprès des employeurs de la vielle-école, mais la proposition risque encore une fois de ne pas tenir la route. Photo : iStock

De nouveaux arguments pour et contre les patrons qui rejettent le télétravail de leurs employés

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En septembre dernier, le gouvernement canadien affirmait que l’équilibre travail-famille serait au coeur de la refonte du Code du travail. Pour le moment, il y manque une pièce maîtresse, soit une réglementation forçant les employeurs à mettre en oeuvre des politiques à l’égard du télétravail. Le Canada est l’un des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) où le télétravail est le moins développé.

Malgré les preuves de plus en plus nombreuses en faveur du télétravail – d’une meilleure fidélisation des employés à une réduction des coûts des locaux à bureaux – les gestionnaires hésitent toujours à permettre aux employés de travailler à l’extérieur du bureau.

Malgré la popularité croissante du télétravail dans les pays industrialisés, beaucoup de gestionnaires canadiens ne croient tout simplement pas que des employés effectuant du télétravail seront réellement productifs à la maison. Plusieurs rejettent d’emblée l’idée en faisant valoir une résistance des autres employés au bureau qui eux ne pourraient pas bénéficier de ce traitement de faveur.

Dans un marché du travail serré où attirer un personnel qualifié est de plus en plus difficile, dans un monde rempli de bouchons de circulation coûteux pour tous, le télétravail est toujours victime au Canada d’une perception négative qui fait obstacle à sa mise en œuvre. Une politique fédérale obligeants toutes les entreprises d’une certaine taille à définir un plan pour offrir l’option du télétravail est dans les cartes des politiciens depuis 20 ans, mais aucun gouvernement n’a encore fait le pas.

Voyez comment une étude offre de nouveaux arguments à la fois aux employés qui revendiquent le droit au télétravail et aux gestionnaires qui refusent d’embarquer dans cette galère…

Photo Credit: IS / iStock

Plus ou moins productifs ces télétravailleurs?

Glenn Dutcher – Photo : Université de l’Ohio

L’équipe de Glenn Dutcher, professeur adjoint d’économie à l’Université de l’Ohio, étudie l’impact du télétravail sur la productivité.

Dans le cadre d’une expérience portant sur la façon dont le télétravail influe sur les groupes où certains employés travaillent au bureau et d’autres à la maison, Glenn Dutcher a constaté que la productivité de toute l’équipe de travailleurs dépend de l’opinion que se font des employés du bureau sur le niveau de productivité de leurs collègues bénéficiant du télétravail.

Si les travailleurs de bureau croient que les télétravailleurs sont moins productifs, alors ils travaillent moins forts. Inversement, si les employés de bureau font confiance à leurs collègues éloignés pour travailler fort, alors ils travaillaient tout aussi sérieusement.

Selon les auteurs de l’étude, il est donc essentiel pour un gestionnaire de déterminer, si dans son entreprise, la perception par rapport au télétravail agit négativement ou non sur le travail d’équipe au bureau.

La conclusion de l’enquête apparaît évidente : les cadres ont beaucoup d’influence sur la perception des travailleurs sous leurs ordres. Influencer positivement la perception des travailleurs au bureau par rapport aux travailleurs éloignés est tout à fait réalisable de façon à ce que cela ne nuise pas à la productivité de l’équipe.

Selon les résultats de cette enquête, c’est donc une erreur d’empêcher les bons candidats de travailler à la maison sous prétexte que l’affaire risque d’engendrer des problèmes. Selon Glenn Dutcher, une attitude de confiance du gestionnaire et des employés de bureau à l’égard des travailleurs éloignés est très utile.

Le saviez-vous? Certaines tâches sont mieux exécutées en dehors du bureau...
Dans une étude publiée dans le Journal of Economic Behavior and Organization, l’équipe de Glenn Dutcher a constaté que certaines tâches sont mieux adaptées au télétravail que d’autres.
Les tâches dites ennuyeuses, comme l’entrée de données dans un ordinateur, sont mieux adaptées aux environnements de bureau. Les travailleurs qui sont autorisés à accomplir cette tâche de l’extérieur du bureau sont moins productifs que ceux du bureau. Mais lorsqu’il s’agit des tâches créatives, ces mêmes travailleurs obtiennent de meilleurs résultats.

Cela voudrait-il dire que les gestionnaires devraient eux-mêmes travailler plus souvent de la maison? Photo : Radio-Canada

RCI avec les informations de Brandie Weikle de CBC News, Who gets more done — office workers or telecommuters?  et la contribution de Raymond Desmarteau, Alice Tchandem Gérald Fillion et Myriam Fimbry de Radio-Canada

En complément

Le télétravail comme façon d’occuper et revitaliser la Côte-Nord – Radio-Canada 

Pénurie de main-d’œuvre : le défi de retenir les personnes âgées au travail – Radio-Canada 

Le télétravail prend lentement sa place au Canada – Radio-Canada 

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Publié dans : Économie, Santé, Société

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