La 68e édition de la Semaine nationale de la santé mentale vise à démystifier la maladie mentale

« Parler haut et fort » pour démystifier la santé mentale

La 68e Semaine nationale de la santé mentale (6-12 mai) mobilise des Canadiens de diverses communautés et catégories, et pour cause. La maladie mentale est une préoccupation réelle au pays. Environ 9,1 millions de Canadiens (1 sur 3) en seront atteints au cours de leur vie.

Les chiffres sont éloquents. Seulement de 2009 à 2010, environ 5 millions de Canadiens, soit plus de l’ensemble de la population de la Colombie-Britannique, ont reçu des soins ou services pour cause de maladie mentale.

Près de 4 Canadiens sur 10 (38 %) atteints d’une maladie mentale ou d’un trouble lié à la consommation d’alcool ou d’autres drogues en ont constaté les symptômes avant l’âge de 15 ans. C’est donc dire que, dans bien des cas, les maladies mentales se manifestent à l’adolescence et au début de l’âge adulte.

Renée Ouimet

Au Québec, on estime que deux élèves du secondaire sur trois vivent un stress qui influe négativement sur leurs études. À l’université, c’est la moitié des étudiants qui éprouvent des symptômes dépressifs, tandis qu’un travailleur sur quatre est victime de détresse psychologique…

Mme Renée Ouimet, directrice du Mouvement Santé mentale Québec, nous en dit davantage

Écoutez

À l’occasion de la Semaine nationale de la santé mentale, l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) a lancé un mot-clic « il faut #ParlerHautEtFort» pour démystifier la santé mentale. Pour sa part, le Mouvement Santé mentale Québec appelle à une mobilisation des citoyens « face à ce mal de l’âme pour qu’ensemble nous puissions découvrir de nouvelles pistes de solutions ».

L’idée c’est de prendre conscience de l’importance de la santé mentale, comme on le fait pour la santé physique. D’ailleurs, l’OMS estime que sans santé mentale, il n’y a point de santé.

Toutes les tranches d’âge et catégories sociales sont touchées par la santé mentale

Cette semaine permet d’attirer l’attention plus globalement sur les perceptions et les approches relatives à la santé mentale. Au Canada, semble-t-il, la plupart des démarches en faveur de la santé mentale consistent à traiter les dépendances et les maladies, et non à faire la promotion de saines habitudes. Selon l’ACSM, les choses devraient changer.

En 2008, Santé Canada estimait à 8 milliards de dollars le coût total des dépenses associées aux soins hospitaliers, aux soins médicaux et aux médicaments attribuables aux maladies mentales au pays. Onze ans plus tard, ce chiffre est probablement plus important.

En tout cas, chaque année, toujours selon Statistique Canada, 1 Canadien sur 7 a recours aux services de santé en raison d’une maladie mentale.

Principaux faits
  • Il existe toute une gamme de troubles mentaux, qui se manifestent sous des formes différentes.
  • Ils se caractérisent généralement par un ensemble anormal de pensées, de perceptions, d’émotions, de comportements et de relations avec autrui.
  • Parmi les troubles mentaux figurent: la dépression, les troubles affectifs bipolaires, la schizophrénie et autres psychoses, la démence, la déficience intellectuelle et les troubles du développement, y compris l’autisme.
  • On dispose de stratégies efficaces pour prévenir les troubles mentaux comme la dépression.
  • Il existe des traitements valables contre les troubles mentaux et des moyens pour alléger les souffrances qu’ils provoquent.
  • L’accès à des services de soins de santé et à des services sociaux capables de dispenser un traitement et de prodiguer un soutien social est un point décisif

Source : Organisation mondiale de la santé

La maladie mentale peut se manifester sous différentes formes. Photo : iStock

Indices de troubles mentaux
  • Symptômes physiques (céphalées, troubles du sommeil par ex.)
  • Symptômes émotionnels (tristesse, peur, angoisse par ex.)
  • Symptômes cognitifs (difficulté à raisonner normalement, croyances anormales, troubles de la mémoire par ex.)des symptômes comportementaux (comportement agressif, incapacité à exécuter les activités de la vie courante, usage abusif de substances, par ex.)des troubles de la perception (perception visuelle ou auditive de choses que les autres ne voient ou n’entendent pas par exemple.)

Source : Organisation mondiale de la santé

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Catégories : Politique, Santé, Société
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