Manifestation pour la survie de Radio-Canada à Gaspé.

Environ 80 personnes se sont rassemblées à Gaspé.

Des milliers des Canadiens s’inquiètent du sort de Radio-Canada

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Ils étaient environ 25 mille dans les rues de Montréal dimanche, des centaines à Québec, Sherbrooke, Saguenay, Rimouski, Matane et Gaspé au Québec, ainsi qu’à Moncton au Nouveau-Brunswick. Tous étaient mobilisés pour la même cause: défendre Radio-Canada qui se meurt à petit feu.

Toutes ces personnes ont massivement répondu à l’initiative de Nicolas Bédard au nom des groupes «Tous amis de Radio-Canada» et de «J’aime Radio-Canada». À Montréal, outre des artisans et des visages connus de la société d’État, des syndicalistes, représentants de partis politiques et des artistes sont venus exprimer leur solidarité à Radio-Canada.

Le comédien Vincent Bilodeau déplore le « travail de sape à long terme entrepris il y a déjà une trentaine d’années » contre Radio-Canada. Selon lui, «On ne peut pas couper des postes et des subventions sans que cela n’ait un effet. C’est sûr qu’à court terme, l’effet, on ne le sent pas beaucoup. Mais si je regarde ce que c’était il y a 30 ans, c’est presque mort, là».

Des milliers de personnes ont manifesté dimanche midi en soutien à Radio-Canada.
Des milliers de personnes ont manifesté dimanche midi en soutien à Radio-Canada. © Marie-Eve Maheu

M. Bilodeau est par ailleurs surpris que l’annonce des compressions successives à Radio-Canada n’interpellent pas plus les autres médias. Les compétiteurs, suggère-t-il, ne seraient peut-être pas mécontents des déboires de la SRC,

Mais les plus récentes fermetures annoncées, la disparition du costumier, ça, ça manque l’imagination, c’est carrément mettre la clé dans la porte; il n’y a plus rien

(Vincent Bilodeau, Comédien)

Pour sa part, Lisa Djevahirdjian, porte-parole du Syndicat canadien de la fonction publique et l’une des responsables de la campagne «J’aime Radio-Canada» réclame un financement «accru, stable et pluriannuel» pour la société d’État, afin de lui garantir une plus grande indépendance vis à vis du gouvernement fédéral.

Compressions budgétaires à Radio-Canada : une longue tradition

En avril dernier, CBC/Radio-Canada avait annoncé des compressions budgétaires de 130 millions de dollars et la disparition à terme de 657 emplois à temps plein au cours des deux prochaines années.

Au cours des trois dernières années, Radio-Canada a vu son budget amputé de 115 millions et 2 mille emplois ont été supprimés. Mais les compressions budgétaires, les mises à pied, les fermeture de stations régionales, etc. sont le lot de Radio-Canada depuis plusieurs années.

De Montréal à Moncton, en passant par Québec, Rimouski et Gaspé, des milliers de personnes ont défilé dans les rues pour dénoncer les compressions qui touchent Radio-Canada. Le reportage de Michel Marsolais

Si le gouvernement conservateur actuel est accusé de vouloir faire mourir Radio-Canada, son prédécesseur libéral ne s’est pas montré plus généreux à l’égard du diffuseur public. Le député néo-démocrate d’Acadie-Bathurst, Yvon Godin, qui a participé au rassemblement à Moncton, rappelle que les Libéraux sous Jean Chrétien avaient imposé à CBC/Radio-Canada des compressions de 250 millions de dollars en 1998. Pour M. Godin, c’est inacceptable. «Toutes les démocraties, dit-il, donnent de l’argent à leur diffuseur public » Il plaide donc pour un meilleur financement du diffuseur public.

Radio-Canada est un diffuseur public important pour tout le pays, d’un océan à l’autre, et c’est vraiment important, aussi, pour la francophonie, y compris les minorités hors-Québec. La SRC a un mandat de nous rassembler, rassembler nos communautés, pour nos artistes, les gens pouvant nous amener la joie de vivre, et la joie de garder notre langue

(Yvon Godin, député NDP)

Un PDG solidaire des manifestants mais critiqué

Pour le président-directeur-général de CBC/Radio-Canada Hubert Lacroix, la meilleure indication que la question du financement à Radio-Canada est un vieux problème est que la dernière fois que le budget de la société d’État a été augmenté par Ottawa remonte à 41 ans, soit 1973.

 Hubert T. Lacroix, président de CBC/Radio-Canada
Hubert T. Lacroix, président de CBC/Radio-Canada © Radio-Canada

M. Lacroix dont la gestion est dénoncée par certains observateurs, a salué par voie de communiqué vendredi toutes ces manifestations de gens qui affichent leur attachement à Radio-Canada. Ces manifestations, selon lui, témoignent de l’intensité de la relation qui les unit au diffuseur public. Il ajoute que cet attachement rassure et motive la direction à prendre tous les moyens nécessaires pour faire en sorte que CBC/Radio-Canada demeure un service public fort.

Les propos de M. Lacroix ont fait bondir la présidente du Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC), Isabelle Montpetit accuse le président de Radio-Canada de tentative de « récupération », alors que ses collaborateurs et lui ont lancé un processus de restructuration la société d’État « complètement opaque ».

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